Les vraies raisons de la chute du mur de Berlin

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La suite de l'Histoire, l'intégrale

samedi 9 novembre à 16h00

Durée émission : 55 min

Les vraies raisons de la chute du mur de Berlin

© Wikimédia Commons - Porte de Brandebourg en 1989

Les Allemands de l'Ouest l'appelaient "le mur de la honte". Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin s’ouvre. Un événement précipité par un étonnant cafouillage des dirigeants de RDA.

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Le 10 novembre 1989, les médias du monde entier relaient l'information : la veille, le 9 novembre, le mur qui coupait Berlin s'effondre. Avec lui c'est le bloc communiste qui voit s'ouvrir sur son flanc ouest une plaie béante : ce n'est que le début de sa chute. Et bientôt la fin de la guerre froide. Que reste-t-il aujourd'hui de cette période ? L'historienne Sophie Lorrain, auteure d'une "Histoire de la RDA" (éd. PUF) retrace l'histoire du mur de Berlin. 
 

En 1946, l'Europe est divisée en deux

Le 5 mars 1946, aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill, dans son fameux discours de Fulton (États-Unis), a cette formule célèbre : "De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l'Adriatique, un rideau de fer s'est abattu à travers le continent." Cette expression "rideau de fer" désignera la frontière qui sépare l'Europe en deux : d'un côté les pays du bloc de l'Est et ceux du le bloc de l'Ouest, qui se sont affrontés pendant la guerre froide.

La ville de Berlin était située dans le bloc de l'Est, en pleine République démocratique d'Allemagne (RDA). Mais les vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale avaient décidé de se partager la ville : elle sera découpée en quatre zones. La zone d'occupation soviétique deviendra Berlin-Est, capitale de la RDA.
 

La vie en RDA

Si la première constitution de 1949 ne mentionne pas le terme "socialisme", dès les années 50, le projet de société de la RDA fait l'objet d'une "idéologisation à outrance", explique Sophie Lorrain. Ce qui se manifeste notamment par la mise en place du ministère de la Sécurité d’État, appelé la Stasi, ou de l'armée... C'est bien une dictature qui se met en place.

Le 17 juin 1953, peu de temps après la mort de Staline, Walter Ulbricht, le dirigeant de la RDA (de 1950 à 1971), décide de modifier les normes de travail. Décision qui provoque un important mouvement de grève des ouvriers dans toute la RDA. "Ce qui finit mal", raconte l'historienne : les chars soviétiques interviennent, il y a des morts... La population est traumatisée : il n'y aura plus de manifestation en RDA avant 1988 / 1989.
 

POURQUOI A-T-ON BÂTI LE MUR DE BERLIN ?

Le mur de Berlin a été érigé le 13 août 1961. Jusque là, les Berlinois pouvaient encore passer d'un côté à l'autre. Mais devant les restrictions et la sévérité du régime de Berlin-Est, on pense qu'entre 1949 et 1961, 2,7 millions de personnes ont fui la RDA. Une véritable "fuite des cerveaux" : ce sont essentiellement des jeunes diplômés qui partent.

Le régime soviétique n'était pas pour l'erection de ce mur, ce sont les dirigeants de la RDA qui l'ont cru essentiel. Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, en quelques heures, on place des barbelés. Ce n'est encore qu'un mur de fortune, qui sera amélioré au fil temps. Long de 155 km, ce mur provoque d'abord un sentiment de sidération chez les Berlinois. Des familles vont être séparées pendant près de 30 ans. 

 

Invités

  • Sophie Lorrain, historienne, maître de conférences à l'université Grenoble-Alpes, spécialiste de la RDA

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L'émission

Le samedi à 14h

Des grands événements qui ont façonné les civilisations aux personnalités qui ont marqué les consciences, Véronique Alzieu se tourne vers notre histoire. Une émission pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit. Le week-end, elle vous offre l'intégrale du feuilleton proposé du lundi au vendredi. 

Le présentateur

Véronique Alzieu

Journaliste à RCF depuis 1993, Véronique s'est spécialisée au fil des ans dans le domaine de la foi, de la vie spirituelle et de la recherche de sens. Elle a choisi la radio parce que c'est un média de proximité, chaleureux sans être intrusif. Son léger accent trahit ses origines pyrénéennes qu'elle revendique avec joie!