L'extraordinaire histoire des chrétiens du Japon

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La suite de l'Histoire, l'intégrale

mercredi 8 février 2017 à 6h00

Durée émission : 55 min

L'extraordinaire histoire des chrétiens du Japon

Au début du XVIIè siècle, ils étaient 300.000 chrétiens au Japon. A l'occasion de la sortie du film de Martin Scorsese, "Silence", découvrez l'histoire des chrétiens du Japon.

Lorsqu'ils débarquent au Japon au milieu du XIXè siècle, les prêtres des Missions étrangères de Paris (MEP) découvrent une communauté chrétienne totalement coupée du reste de la chrétienté depuis plus de deux siècles. Héritiers d'une foi et de rites transmis par les tout premiers missionnaires jésuistes et franciscains au XVI siècle.
 

Au début du XVIIè siècle, il y a 300.000 chrétiens au Japon.

 

Premiers chrétiens

En 1543, les premiers marchands Portugais débarquent au Japon ; six ans plus tard, en 1549, saint François Xavier, l'un des fondateurs de la compagnie de Jésus, pose le pied sur le sol de l'archipel nippon. Avec deux autres compagnons jésuites, ils s'installent dans un pays dont ils ne connaissent ni la langue ni les usages et en proie à la guerre civile. Leur mission: viser les élites sociales pour s'implanter, construire des églises et annoncer l'Evangile et le Christ. Très vite, ces hommes envoyés en Extrême-Orient qui sont issus des meilleures universités d'Europe, comprennent la richesse de la culture japonaise et le niveau intellectuel des Japonais. "Il y a eu une réelle rencontre entre des gens de civilisation complètement différentes", explique Sylvie Morishita. Au début du XVIIè siècle, il y a 300.000 chrétiens au Japon.
 

Premiers martyrs

Dès 1587, émerge un pouvoir central à tendance totalitariste, en la personne de Toyotomi Hideyoshi qui se méfie des missionnaires et des chrétiens en général. Il condamne à l'exil Takayama Ukon, un samouraï converti au catholicisme, que le pape François a déclaré martyr, et qui a été béatifié le 7 février 2017 à Osaka. En 1597, ce sont 26 chrétiens qui sont crucifiés à Nagasaki. Mais ce n'est qu'en 1614 que le christianisme est officiellement interdit. Passé sous le contôle du clan Tokugawa, en 1641, l'archipel se ferme totalement et complètement du monde extérieur, renonce à toute relation diplomatique et à tout contact avec les étrangers. Une décision qui peut paraître étonnante surtout que cette fermeture du pays durera jusqu'en 1853! Pendant plus de 200 ans, le Japon a vécu en autosuffisance, guidé par un pouvoir policier.

"Notre coeur est comme le vôtre"

 

200 ans de fidélité au Christ

En 1853, sous la pression des Américains, les Japonais s'ouvrent au commerce extérieur et admettent la présence de prêtres sur le sol nippon - mais uniquement au service des Occidentaux. Le Saint-Siège envoie alors le père Bernard Thaddée Petitjean (1829-1884) s'installer à Nagasaki. Ce jeune prêtre MEP de 36 ans qui a bâti une église sur un sol bénéficiant de l'extraterritorialité a confié dans ses écrits une anecdote incroyable. Un jour, le 17 mars 1865 à midi, ce prêtre sans paroissiens qui s'ennuyait, voit des personnes pousser la porte de son église. C'est un groupe de Japonais qui s'approchent de lui et lui disent: "Notre coeur est comme le vôtre." Ce sont des chrétiens du village d'Urakami qui, depuis plus de 200 ans, étaient restés fidèles à leur foi dans le plus grand secret et attendaient le retour d'un prêtre.

 

Emission enregistrée en avril 2016

 

Invités

  • Sylvie Morishita , historienne de l'art, spécialiste de l'art des missions catholiques au Japon au XVIè siècle

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Tous les samedis à 14h00

Des grands événements qui ont façonné les civilisations aux personnalités qui ont marqué les consciences, Véronique Alzieu se tourne vers notre histoire. Une émission pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit. Le week-end, elle vous offre l'intégrale du feuilleton proposé du lundi au vendredi. 

Le présentateur

Véronique Alzieu

Journaliste à RCF depuis 1993, Véronique s'est spécialisée au fil des ans dans le domaine de la foi, de la vie spirituelle et de la recherche de sens. Elle a choisi la radio parce que c'est un média de proximité, chaleureux sans être intrusif. Son léger accent trahit ses origines pyrénéennes qu'elle revendique avec joie!