Macron et Bonaparte, même combat ?

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Les Racines du présent

lundi 22 mars à 16h00

Durée émission : 59 min

Macron et Bonaparte, même combat ?

© Image par WikiImages de Pixabay

Macron un Bonaparte contemporain ? C'est ce que constate le journaliste politique Alain Duhamel dans son nouveau livre "Emmanuel le Hardi" aux éditions de l'Observatoire.

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À la lumière de son expérience Alain Duhamel, journaliste politique et essayiste, analyse le cas Macron qui selon lui se situe "dans la lignée d'un bonapartiste bien français". Frédéric Mounier et Laurent de Boissieu, journaliste politique à La Croix, s'interrogent avec lui sur les liens entre l'actuel président de la République et Napoléon Bonaparte. Alain Duhamel publie un ouvrage sur ce sujet, "Emmanuel le Hardi" aux éditions de l'Observatoire.
 

Macron "hardi" ou "téméraire" ?

La conception du pouvoir d'Emmanuel Macron est "tellement monarchisée qu'un sobriquet est une bonne façon à la fois de le définir et en même temps de donner une teinture au livre que je voulais écrire" explique Alain Duhamel qui a beaucoup hésité, pour son titre, entre le "hardi" et le "téméraire". C'est deux adjectifs ont en commun différents attributs qui pourraient, selon lui, définir l'actuel président : "le goût, le sens et le danger du risque". La prise de risque, propre à Emmanuel Macron dans sa gestion du pouvoir, a fait pencher l'auteur vers l'adjectif "hardi".
 

Macron le bonapartiste

Pour Alain Duhamel différents points communs lient les deux hommes qui se caractérisent tous les deux "par le charisme, l'hubris, la concentration du pouvoir, les vastes ambitions, la démocratie plébiscitaire, la personnalisation, la fringale de réformes, le goût pour la rupture, la mise en scène théâtrale." Il précise pourtant que les deux figures politiques ne sont pas comparables, car pour lui "Napoléon était un génie, alors qu'Emmanuel Macron est un talent". Il ajoute que sa réflexion se porte sur Napoléon comme premier consul et non comme empereur.
 

Marcon et Bonaparte, quelques similitudes

Alain Duhamel observe des similitudes entre les manières de gouverner du président actuel et de Bonaparte pendant le consulat. Selon lui par exemple, comme lors du passage du directoire au consulat, on assiste aujourd'hui à une véritable rupture, non pas de l'ancien au nouveau monde , mais à ce que l'essayiste appelle un "non-monde" où l'équilibre politique est tombé sans qu'il n'y ait de reconstruction. "Cette rupture n'est peut-être pas historiquement aussi importante que celle de Bonaparte en premier consul mais quand même on passe d'une France à une autre" explique Alain Duhamel.

Deuxièmement il observe une similitude entre les deux hommes dans leur rapport au pouvoir. On retrouve chez Emmanuel Macron une verticalité du pouvoir dans son dialogue avec les français qui est typiquement bonapartiste. Les audiences spectaculaires lors des discours du président en période de crise sanitaire le démontrent.
De nombreux autres liens sont pris pour exemples dans l'ouvrage d'Alain Duhamel, "Emmanuel le Hardi" aux éditions de l'Observatoire.
 

" La concentration du pouvoir au bénéfice du président de la République, c'est en soi inéluctable sous cette république là mais il n'empêche qu'Emmanuel Macron y a mis sa patte et qu'il en a encore rajouté."

 

Invités

  • Alain Duhamel, journaliste politique, essayiste

  • Laurent de Boissieu, journaliste politique à La Croix

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L’actualité, nationale et internationale, s’enracine dans notre histoire. Chaque événement peut être relié au passé pour en trouver des clés de compréhension. Relire l’histoire, c’est ainsi mieux connaître et comprendre le présent. Chaque semaine, Frédéric Mounier, journaliste à La Croix, invite des historiens à croiser leurs regards sur un sujet contemporain pour mieux appréhender notre présent et envisager l’avenir. > Les Racines du présent, le blog de Frédéric Mounier

Le présentateur

Frédéric Mounier

Ancien correspondant de "La Croix" au Vatican, Frédéric a toujours été passionné par la vie politique… et la radio. Il a grandi à Paris à l'ombre de la Maison de la Radio. Les jeudis, il hantait les Studios, notamment ceux des « Radioscopie » de Jacques Chancel. Peut-être en reste-t-il quelque chose dans "Face aux Chrétiens" ?