Nobles et croquants : les "premiers" et les "derniers" de cordée d'autrefois

Présentée par PR-11314

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Les Racines du présent

mardi 6 août 2019 à 19h30

Durée émission : 59 min

Nobles et croquants : les "premiers" et les "derniers" de cordée d'autrefois

© Wikimédia Commons - Charles VI en costume de sacre

Nobles et courtisans ; croquants et paysans. Qui étaient les "premiers" et les "derniers" de cordée autrefois? Quel était leur quotidien? On en parle avec Frédéric Mounier.

Dans notre société, il y aurait les premiers et les derniers de cordée : "Si l'on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c'est toute la cordée qui dégringole", déclarait Emmanuel Macron en octobre 2017. Une expression qui a fait polémique. Frédéric Mounier la prend au pied de la lettre et vous propose de partir à la rencontre des "premiers" et des "derniers" de cordée des XVe et XVIe siècles : qui étaient les nobles et les courtisans, les croquants et les paysans ?
 

La France des villageois

Dans son ouvrage "La Mémoire des croquants" (éd. Tallandier), Jean-Marc Moriceau relate plus de 1.000 épisodes concrets, de la fin de la guerre de Cent Ans jusqu'à la fin de la Fronde, soit entre 1435 et 1652. Des épisodes dont on a la mémoire grâce aux récits qu'en ont fait des curés de paroisse, des notaires ou des magistrats. L'historien propose un véritable voyage dans la France d'autrefois, dans le quotidien des villageois, soit de 80 à 85% de la population. Un monde rural on on était laboureur, fermier, censier, ménager, métayer, locatier, bordier, homme de peine, laboureur à bras, porcher, dindonnier, servante de ferme, tenancier, etc.

C'est donc 218 années que raconte l'historien, "majoritairement des années d'insécurité, où on voit la vulnérabilité quasiment quotidienne des populations du passé". Victimes des aléas climatiques - on est en plein dans le Petit Âge glaciaire et l'hiver 1565 est resté comme l'un des plus redoutables en Europe - et vivant dans "des maisons mal chauffées", les "croquants" étaient victimes de toutes sortes de maux. Un quotidien rythmé par les fêtes et les marchés, parfois des pèlerinages, mais où la plupart du temps on reste dans son "pays", soit dans un espace de 20 à 30 km autour de sa paroisse.
 

La France des courtisans

"À la fin du XIVe siècle, la grande cour en Europe, c'est la cour de France, celle de Charles V ou de Charles VI à ses débuts." Laurent Vissière, qui a contribué à la rédaction de l'ouvrage "Histoire mondiale des cours de l'Antiquité à nos jours" (éd. Perrin), a travaillé spécialement sur la cour de Bourgogne à une époque marquée par la folie de Charles VI et la guerre civile entre Armagnacs et Bouguignons.

En 1392, Charles VI subit en effet une première crise de folie : il restera roi malgré sa maladie jusqu'en... 1422 ! 30 années durant lesquelles petit à petit les appétits s'aiguisent, les grands prennent leurs aises... "Les gens qui sont à la cour de France cherchent à tirer la couverture à eux : il faut tenir le roi pour gouverner en son nom et recevoir les recettes fiscales du royaume." Ce qui entraîne une guerre civile entre le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, et le frère du roi Louis d'Orléans.

 

Émission diffusée en janvier 2019

 

Invités

  • Jean-Marc Moriceau, historien, professeur à l'université de Caen Normandie, spécialiste de l'histoire des campagnes et des rapports entre l'homme et le loup, président de l'Association d'histoire des sociétés rurales, directeur de la revue Histoire & Sociétés rurales, membre de l'Institut universitaire de France

  • Laurent Vissière, historien, spécialiste du Moyen Âge tardif, maître de conférences à la Sorbonne, membre du comité éditorial de la revue Historia

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L'émission

Le lundi à 16h, le jeudi à 21h et le dimanche à 13h

L’actualité, nationale et internationale, s’enracine dans notre histoire. Chaque événement peut être relié au passé pour en trouver des clés de compréhension. Relire l’histoire, c’est ainsi mieux connaître et comprendre le présent. Chaque semaine, Frédéric Mounier, journaliste à La Croix, invite des historiens à croiser leurs regards sur un sujet contemporain pour mieux appréhender notre présent et envisager l’avenir. > Les Racines du présent, le blog de Frédéric Mounier

Le présentateur

Frédéric Mounier

Ancien correspondant de "La Croix" au Vatican, Frédéric a toujours été passionné par la vie politique… et la radio. Il a grandi à Paris à l'ombre de la Maison de la Radio. Les jeudis, il hantait les Studios, notamment ceux des « Radioscopie » de Jacques Chancel. Peut-être en reste-t-il quelque chose dans "Face aux Chrétiens" ?