Qui mange quoi? Depuis quand? L'alimentation d'hier à aujourd'hui

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Les racines du présent

lundi 2 octobre 2017 à 21h00

Durée émission : 55 min

Qui mange quoi? Depuis quand? L'alimentation d'hier à aujourd'hui

© Photo by Peter Hershey on Unsplash - Qui mange quoi? Depuis quand? L'alimentation d'hier à aujourd'hui, à l'occasion des États généraux de l'alimentation

Des chasseurs-cueilleurs de la préhistoire aux agriculteurs d'aujourd'hui en quête de modèle. Une histoire de nos habitudes alimentaires à l'occasion des États généraux de l'alimentation.

Qui mange quoi? Depuis quand? En 2050, on sera 9,8 milliards d'humains: plus que jamais la question des ressources et notamment alimentaires se pose. Faut-il encore manger de la viande? Les vidéos chocs de l'association L214 dénonçant la maltraitance animale dans les abattoirs auraient tendance à nous en dissuader. Quant au malaise grandissant des agriculteurs, il s'accompage d'une augmentation des intolérances alimentaires.

De juillet à décembre 2017, se tiennent les États généraux de l'alimentation, un événement à la croisée de la crise agricole, des exigences de la société civile et d'une remise en question de nos habitudes alimentaires.
 

Pourquoi l'homme de Néandertal a-t-il très peu, voire pas du tout, chassé l'ours des cavernes?

 

L'homme est-il un carnivore invétéré?

Alors que l'édition 2017 du Festival international de géographie avait pour thème "Territoires humains, mondes animaux", interrogeant notre rapport à l'animal d'élevage notamment, la question du bien-être animal revient de plus en plus sur le devant de la scène.
L'historienne de l'art Elisabeth Hardouin-Fugier a pu observer que dans nos représentations, tout se passe comme si on passait directement "du pré à l'assiette". Elle a publié "Le coup fatal - Histoire de l'abattage animal" (éd. Alma). Et observe que "dans la Bible, Dieu agrée volontiers les animaux tués d'Abel et refuse les plantations, les grains et nourritures non carnées de Caïn".
 

L'alimentation, un héritage socio-culturel

Pourquoi l'homme de Néandertal a-t-il très peu voire pas du tout chassé l'ours des cavernes? Pourquoi certains de nos ancêtres mangeaient-ils du cheval et d'autres du renne? Si on ne peut pas aujourd'hui expliquer pourquoi, on sait que l'homme préhistorique faisait des choix. Et que ces choix étaient déterminés par des critères socio-culturels, c'est-à-dire le savoir-faire ou les traditions. Et non par des contraintes imposées par la faune ou le climat. Ce qui fait dire à Marylène Patou-Mathis, auteure de "Mangeurs de viande (éd. Perrin): "L'acte socio-culturel de manger détermine et identifie les sociétés humaines."
 


"La ferme France va mal" - État des lieux de l'agriculture en France par Antoine d'Abbundo

 Qu'il s'agisse de la filière du lait, de l'élevage, des céréales ou encore de la viticulture, aujourd'hui "la ferme France va mal, voire très mal". Antoine d'Abbundo rappelle que la multiplication des accidents météorologiques, si elle est sans doute dûr au réchauffement climatique, rappelle en tout cas combien le secteur est soumis aux caprices de la nature.

Longtemps soutenue par la Politique agricole commune (PAC), l'agriculture française subit le tournant libéral de l'Union européenne. Et les producteurs pèsent de peu de poids devant les géants de la grande distribution. "Un agriculteur sur trois gagne à peine 350 euros par mois", précise Antoine d'Abbundo.

 

 

Malgré cela la France reste la huitième puissance agricole mondiale, et la première en Europe. Le secteur emploie encore 3.5 millions de personnes, soit 14% de la population active. Et brille par l'excellence de certaines de ses filières, la grande diversité de ses modèles d'agricultures et attire encore les jeunes générations.

Des jeunes désireux pour la plupart de rejoindre les attentes de la société civile: une alimentation saine, la préservation de l'environnement et le bien-être animal. Beaucoup se tournent vers l'agriculture biologique ou raisonnée, voire la permaculture ou l'agriculture biodynamique. Agriculteur, un métier difficile et souvent mal compris, mais qui reste un métier passion.

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Émission enregistrée en duplex avec RCF Lyon

 

Invités

  • Steven Kaplan , historien, spécialiste de la Révolution française et de l'alimentation

  • Elisabeth Hardouin-Fugier , historienne de l’art, spécialiste de la peinture florale et des arts liturgiques et engagée dans la lutte contre la souffrance animale

  • Marylène Patou-Mathis , paléoanthropologue, responsable de l’unité d’archéozoologie du département préhistoire du Museum d’Histoire Naturelle à Paris

  • Antoine d'Abbundo , journaliste à La Croix, spécialiste de l'agriculture et de l'économie internationale

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L'émission

Tous les lundis à 21h00

L’actualité, nationale et internationale, s’enracine dans notre histoire. Chaque événement peut être relié au passé pour en trouver des clés de compréhension. Relire l’histoire, c’est ainsi mieux connaître et comprendre le présent. Chaque semaine, Frédéric Mounier, journaliste à La Croix, invite des historiens à croiser leurs regards sur un sujet contemporain pour mieux appréhender notre présent et envisager l’avenir. > Les racines du présent, le blog de Frédéric Mounier

Le présentateur

Frédéric Mounier

Ancien correspondant de "La Croix" au Vatican, Frédéric a toujours été passionné par la vie politique… et la radio. Il a grandi à Paris à l'ombre de la Maison de la Radio. Les jeudis, il hantait les Studios, notamment ceux des « Radioscopie » de Jacques Chancel. Peut-être en reste-t-il quelque chose dans "Face aux Chrétiens" ?