Une histoire de la croissance et de la décroissance

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La suite de l'Histoire, l'intégrale

samedi 17 mars à 14h00

Durée émission : 55 min

Une histoire de la croissance et de la décroissance

© nikita velikanin / Unsplash - Longtemps, la décroissance a été vue comme une utopie marginale promue par des écolos militants

Le concept de décroissance est né dans les années 70, dans une société de consommation à son apogée. Au-delà des formes qu’elle prend, elle pose la question du sens de cette société.

Longtemps, la décroissance a été vue comme une utopie marginale promue par des écolos militants, doux dingues pour certains, dangereux pour d'autres. Mais le succès remporté par le documentaire "Demain" (2015) réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent indique peut-être que la décroissance est désormais envisageable. Dans ce film en effet, vu par plus d'un million de spectateurs en France, il est question des innombrables initiatives prises à travers le monde par des citoyens qui pensent possible de mettre sur pied un nouveau modèle économique, social, agricole ou éducatif.
 

Jacques Ellul et Bernard Charbonneau "ont structuré une écologie radicale qui critique l'ensemble des dogmes économiques que sont la production, la productivité, la croissance, etc."

 

Avant la décroissance, la croissance

Aujourd'hui, il y a des historiens pour parler des "Trente Désastreuses" au regard des dégâts écologiques des Trente Glorieuses. C'est à partir de cette période, dès 1945 et l'entrée dans un nouveau cycle économique, que l'on a fait de la notion de croissance "une idéologie : c'est-à-dire un système de référence cohérent", explique l'historien.
 

"Il nous faut lancer un nouveau programme qui soit audacieux et qui mette les avantages de notre avance scientifique et de notre progrès industriel au service de l'amélioration et de la croissance des régions sous-développées. Notre but devrait être d'aider les peuples libres du monde à produire par leurs propres efforts plus de nourriture, plus de vêtements, plus de matériaux de construction, plus d'énergie mécanique, afin d'alléger leur fardeau."
Harry S. Truman, 20 janvier 1949

 

En 1949, le discours du président américain Harry S. Truman (1884-1972) constitue un véritable tournant dans l'histoire de la notion de croissance. "Un discours très important qui expose la doctrine du développement", explique Timothée Duverger. L'historien voit en effet "une dimension idéologique très forte" dans ce discours prononcé au tout débit de la guerre froide. "Il s'agit pour Truman à la fois de raccrocher l'Europe au giron américain" et aussi "d'intéresser à la cause occidentale" les pays qu'on a appelé du tiers monde. À noter par ailleurs que les termes de développement ou de croissance sont des emprunts à la biologie : "ce qui relève d'une naturalisation, quelque part, des phénomènes économiques".

 



 

Les origines de la décroissance

Si l'on veut remonter aux origines de la décroissance, il faut chercher du côté de ce courant d'intellectuels chrétiens protestants porté dans les années 30 par Jacques Ellul (1912-1994) et Bernard Charbonneau (1910-1996). "Ils ont structuré une écologie radicale qui critique l'ensemble des dogmes économiques que sont la production, la productivité, la croissance, etc."

 

Invités

  • Timothée Duverger , historien, spécialiste de l'écologie radicale et l'Économie sociale et solidaire (ESS), maître de conférences associé au centre Émile-Durkheim de l'Institut d'études politiques de Bordeaux

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L'émission

Tous les samedis à 14h00

Des grands événements qui ont façonné les civilisations aux personnalités qui ont marqué les consciences, Véronique Alzieu se tourne vers notre histoire. Une émission pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit. Le week-end, elle vous offre l'intégrale du feuilleton proposé du lundi au vendredi. 

Le présentateur

Véronique Alzieu

Journaliste à RCF depuis 1993, Véronique s'est spécialisée au fil des ans dans le domaine de la foi, de la vie spirituelle et de la recherche de sens. Elle a choisi la radio parce que c'est un média de proximité, chaleureux sans être intrusif. Son léger accent trahit ses origines pyrénéennes qu'elle revendique avec joie!