Hommage à Bruno Rotival, photographe de la vie monastique

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L'entretien de la semaine

jeudi 4 juillet à 13h15

Durée émission : 12 min

Hommage à Bruno Rotival, photographe de la vie monastique

© Bruno Rotival

Il photographiait les monastères depuis 40 ans. Bruno Rotival s'est éteint le 29 juin, à 68 ans, alors qu’il installait ses photographies dans l’abbaye de Sept-Fons pour une exposition.

"Il aimait la rencontre, il aimait les autres." Thierry Lyonnet a pu rencontrer Bruno Rotival à plusieurs reprises. Il se souvient d'une personnalité "conviviale" et "habitée" par le questionnement que suscitait la démarche des moines et des moniales. Depuis 1976, il photographiait exclusivement les monastères. Son style, empreint du dépouillement de la vie monastique, invitait au recueillement. On peut lire dans le parcours artistique de cet agnostique l'intensité d'une quête spirituelle.

À 68 ans, Bruno Rotival a succombé à un arrêt cardiaque. Il est tombé au sol alors qu'il installait ses photographies pour une exposition à l'abbaye de Sept-Fons. Une fin de vie belle et troublante pour un homme qui ne se disait pas pratiquant mais qui rêvait d'être tour à tour chartreux, trappiste, bénédictin ou ermite. Ses obsèques ont été célébrées le jeudi 4 juillet au Centre Funéraire Rolet à Sancé (Saône-et-Loire). Pour lui rendre hommage, RCF vous propose de réentendre l'interview qu'il accordait à Thierry Lyonnet en 2016.

 


L'entretien de la semaine, JANVIER 2016

 

Comment photographier le silence des monastères ? Depuis 40 ans, Bruno Rotival s'y emploie. Chartreux, bénédictins, clarisses, cisterciens... plus de 80 communautés lui ont déjà ouvert les portes de leurs églises, de leurs cloîtres ou de leurs cellules. Une fois de plus l'artiste leur rend hommage avec "Le choix du silence" (éd. Zodiaque), un beau livre de 180 photographies en noir et blanc publié en 2015. Il a beau en être à son 12e ou 13e ouvrage, il ne se lasse pas du "bruissement des coules quand un moine arrive à l'office" ou d'un Salve Regina qui retentit le soir.
 

"Il y a une sérenité dans ces visages burinés qui ont beaucoup prié"

 

un itinéraire spirituel

Pour le photographe, tout a commencé avec la Grande Chartreuse en 1976. L'ordre pourtant particulièrement fermé au monde extérieur, lui avait, fait exceptionnel, ouvert ses portes. Depuis, Bruno Rotival n'a jamais travaillé sur aucun autre sujet. Ce qui est devenu une passion est aussi un véritable "itinéraire spirituel". Et si cela peut paraître cocasse d'avoir exposé par exemple "à Taïwan des photos de chartreux", il confie que cela le porte artistiquement, intellectuellement.
 

"La photo est un art du vivant"

Dans son dernier livre, on trouve un certain nombre de visages de moines et moniales âgés : "On est piégés par la beauté des gens qui ont dépassé un certain âge, il y a une sérenité dans ces visages burinés qui ont beaucoup prié." Serait-ce une façon de les placer hors du temps : Bruno Rotival ne photographie qu'en noir et blanc. Ce qui était au départ une contrainte technique est devenu un choix pour ne pas opérer de rupture avec ses premiers travaux. Mais comme il le dit lui-même, "chez les contemplatifs en général, les pierres, les hommes... tout est en noir et blanc".

 

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Le samedi à 13h15 et 20h45 et le dimanche à 08h30

Chaque semaine, Thierry Lyonnet donne la parole à un acteur de l'actualité culturelle. Ecrivains, metteurs en scènes, peintres, etc, parlent de leur travail et de leurs oeuvres. 

Le présentateur

Thierry Lyonnet

Rédacteur en chef du Service « Foi et Culture », Thierry met son insatiable curiosité au service de RCF depuis 1990. Spiritualité, art, voyages, solidarité et surtout rencontres, qu’il aime partager avec les auditeurs. Depuis l’enfance, il est fasciné par la richesse de la différence…et cette fascination ne cesse de croître!