Grimper des sommets himalayens en hiver : folie ou passion ?

Présentée par UA-159742

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L'entretien de la semaine

samedi 13 février à 9h15

Durée émission : 12 min

Grimper des sommets himalayens en hiver : folie ou passion ?

© Couverture du livre "L'Hiver en Himalaya. Le défi ultime."

Dans des conditions souvent inhumaines, les alpinistes gravissent des sommets à 8000m, parfois au péril de leur vie. Dans son livre, Émilie Brouze a mené l'enquête sur leurs motivations.

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Il a fallu plus de 8000 mètres de difficultés pour que 10 alpinistes népalais touchent leur rêve du doigt. En bravant le froid, le manque d'oxygène, l'inhospitalité, et l'inhumanité d'une telle ascension les dix hommes ont réalisé une prouesse : la première ascencion hivernale du deuxième plus grand sommet du monde. Thierry Lyonnet reçoit Emilie Brouze, l'auteur de "L'Hiver en Himalaya. Le défi ultime." aux éditions Glénat, pour tenter de comprendre ce qui pousse les alpinistes à gravir des sommets en plein hiver à -50°c.
 

Un projet né d'une fascination

Emilie Brouze et Bérénice Rocfort-Giovanni ne se définissent pas comme "aventureuses" comme leur livre pourrait le laisser entendre. Émilie est née en Haute-Savoie et a toujours aimé randonner dans les chemins sinueux, mais pour elle, gravir des sommets à 8000 mètres en plein hiver, c'est plus une fascination, qu'une envie.
Cet émerveillement des deux auteures a donné naissance à leur livre : "L'hiver en Himalaya. Le défi ultime." "C'est vrai que quand on voit ces gens tenter des choses qui nous paraissent des folies, on se demande : pourquoi ?" explique Émilie Brouze.

 

"Nombre d'astronautes ayant marché sur la lune : 12, nombre de personnes arrivées au sommet du K2 en hiver : 0."

Extrait du livre "L'Hiver en Himalaya. Le défi ultime" publié en février 2020 avant l'ascension des 10 népalais.
 

8000 mètres de difficultés

L'ascension du K2 a causé la mort de 86 personnes pour seulement 378 ascensions réussies, hors hiver. Ces chiffres donnent une idée de la faisabilité d'une telle expédition, qui plus est lorsqu'elle est hivernale. En effet, la saison rajoute de nombreuses difficultés. Émilie Brouze explique par exemple que "le K2 n'est pas protégé par d'autres montagnes, [...] les vents peuvent atteindre l'hiver jusqu'à 200 km/h, les températures peuvent descendre à -60 degrés, il est difficile d'avoir des fenêtres météos."
Surtout à une altitude aussi grande, le problème majeur est le manque d'oxygène notamment à partir de 7500 mètres lorsqu'on entre dans "la zone de la mort". Cela peut avoir des effets très négatifs sur le corps comme causer des hallucinations ou le fameux "MAM", le mal aigu des montagnes.
 
 

Quelles motivations poussent les himalayistes ?

Cette pratique des sommets himalayens en hiver a été introduite par les polonais dans les années 80 car "ils n'ont pas pu participer à toutes les grandes conquêtes à partir des années 50 des "8000", donc ils ont voulu trouver une place dans l'histoire" raconte Émilie Brouze. Pour le K2, c'était aussi une motivation des alpinistes : devenir des pionniers en réussissant ce que personne n'a jamais réussi.
Les alpinistes qui gravissent la montagne à la pire saison ont également le désir de se dépasser dans des conditions extrêmes. C'est aussi pour certain une quête de sensation, "il y a un rapport à la mort qui est particulier" pour ces hommes et ces femmes qui prennent des risques importants. "C'est frôler la mort pour donner du sens à la vie" résume l'auteure de "L'Hiver en Himalaya. Le défi ultime" Émilie Brouze.
 

 

Invités

  • Émilie Brouze, auteure

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L'émission

Le samedi à 13h15 et 20h45 et le dimanche à 8h30

Chaque semaine, Thierry Lyonnet donne la parole à un acteur de l'actualité culturelle. Ecrivains, metteurs en scènes, peintres, etc, parlent de leur travail et de leurs oeuvres. 

Le présentateur

Thierry Lyonnet

Rédacteur en chef du Service « Foi et Culture », Thierry met son insatiable curiosité au service de RCF depuis 1990. Spiritualité, art, voyages, solidarité et surtout rencontres, qu’il aime partager avec les auditeurs. Depuis l’enfance, il est fasciné par la richesse de la différence…et cette fascination ne cesse de croître!