Le cachemire, une laine qui coûte cher à la planète

Présentée par UA-137204

S'abonner à l'émission

L'entretien de la semaine

samedi 24 octobre à 9h15

Durée émission : 12 min

Le cachemire, une laine qui coûte cher à la planète

© Les Triconautes / Unsplash

La surconsommation de la laine cachemire a des conséquences désastreuses sur l'environnement et la santé animale. Victor Chevrillon a mené l'enquête jusqu'en Mongolie.

Cette émission est archivée. Pour l'écouter, inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous directement si possédez déjà un compte RCF.

Pourquoi trouve-t-on des pulls en cachemire à 50 euros, quand d'autres enseignes en vendent à 200 euros, voire plus ? C'est pour répondre à cette question que Victor Chevrillon a mené l'enquête. Dans "Les routes du cachemire - Enquête sur une filière cousue d'or" (éd. François Bourin), il explique les enjeux géopolitiques liés à la surconsommation de la laine cachemire. Et aussi ses conséquences désastreuses sur l'environnement et la santé animale. Il nous aide à prendre conscience de l'impact de la fast fashion.

 

FAUT-IL ENCORE ACHETER DU CACHEMIRE ?

Quand on lit son livre, on se demande s'il faut encore acheter des pulls en cachemire, cette laine pourtant si douce et confortable ! ​"Il ne faut pas renoncer à acheter des pulls en cachemire, prévient Victor Chevrillon, parce qu'il y a des écosystèmes, des peuples, des gens qui en vivent vraiment, qui ont besoin de ça." Il s'agirait plutôt d'être des consommateurs éclairés. "Il n'y a pas de recette magique, un pull à 50 euros ne sera pas écologique, éthique, de bonne qualité. Il faut, en fait, mieux acheter son cachemire."

 

la désertification : L'impact écologique de la surconsommation du cachemire

Si l'Écosse et l'Italie sont "deux grands pays du cachemire", et ont développé une véritable expertise, la matière première est bien entre la Chine - plus exactement la Mongolie-Intérieure - et la Mongolie. Autrefois, la laine de la chèvre cachemire, produite sur les contreforts de l'Himalaya, transitait par la province du Cachemire, d'où son nom. En 30 ans les nomades mongols sont devenus presque totalement dépendants de ce marché. "Les chèvres représentent l'essentiel des troupeaux."

Or justement, "il y a trop de chèvres". Et si la région est en proie à la désertification, et que des tempêtes de sable s'abattent sur Pékin, c'est lié à la surconsommation du cachemire. Les bêtes mangent les plantes et les racines. Et "plus rien n'arrête le désert..."

 

des problèmes de Maltraitance animale

Autre problème lié à la surconsommation du cachemire, c'est bien sûr la santé des animaux. "Comme les chèvres n'ont plus rien à manger, quand un hiver arrive, elles meurent en masse." Les Mongols appellent dzud les hivers particulièrement rigoureux où le bétail meurt de faim et de froid. "En 2009, il y a eu un dzud noir où huit millions de chèvres sont mortes, c'est un déchirement pour les éleveurs, parce qu'ils vivent avec leurs chèvres comme leur famille." 

 

Sur le même thème :

Les dernières émissions

L'émission

Le samedi à 13h15 et 20h45 et le dimanche à 8h30

Chaque semaine, Thierry Lyonnet donne la parole à un acteur de l'actualité culturelle. Ecrivains, metteurs en scènes, peintres, etc, parlent de leur travail et de leurs oeuvres. 

Le présentateur

Thierry Lyonnet

Rédacteur en chef du Service « Foi et Culture », Thierry met son insatiable curiosité au service de RCF depuis 1990. Spiritualité, art, voyages, solidarité et surtout rencontres, qu’il aime partager avec les auditeurs. Depuis l’enfance, il est fasciné par la richesse de la différence…et cette fascination ne cesse de croître!