Le Printemps des Poètes : La Beauté

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Mots pour maux

jeudi 28 mars à 12h05

Durée émission : 25 min

Mots pour maux

Pour cette vingtième édition de la manifestation nationale consacrée à la poésie, le thème retenu a été la Beauté ; si l’on pense que tout a été dit à ce sujet, et sur les relations que cet idéal entretient avec la poésie, cette émission sera, peut-être, l’occasion d’ouvrir de nouvelles perspectives… avec la participation des poètes et artistes rouennais Catherine Weber et Guy Allix.

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La Beauté, tant vantée, est souvent confondue avec le joli, ou avec l’agréable.
 Or, s’il n’est pas exclu qu’elle flatte nos sens , il est tout aussi vrai qu’elle peut les blesser : pensons au comédien et poète Antonin Artaud s’écriant :  C’est beau parce que c’est affreux ! 
 Baudelaire s’interroge, dans son Hymne célèbre  : Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l’abîme, ô Beauté ?... Qu’importe si… tu m’ouvres la porte d’un Infini que j’aime et n’ai jamais connu ?
Stendhal visitant Florence est pris d’un vertige provoqué par une sorte d’overdose de beauté, que les médecins ont maintenant défini sous le nom de syndrome de Stendhal, et qui résulte de la prise de conscience du gouffre qui sépare le visiteur ou le spectateur du mystère inaccessible.
On peut dès lors comprendre la beauté comme un langage de Dieu nous ouvrant au mystère de l’Au-Delà, avec ce que tout cela véhicule de fascination et de terreur. Comme le dit Musset, en plein romantisme : Le poète est au ciel, et, lorsque, en vous poussant il vous y fait monter, c’est qu’il en redescend...
D’où la difficulté pour beaucoup d’entrer dans l’aventure de la poésie, qui met à nu la quête d’éternité nichée dans le cœur de chaque homme en déshabillant le langage commun pour en ouvrir le sens – en cela, il est proche du travail des kabbalistes, donc forcément plus ou moins hermétique.
Les invités de l’émission, Catherine Weber et Guy Allix, ont en commun avec Adeline Gouarné de pratiquer parallèlement d’autres arts : mosaïque pour l’une, musique pour l’autre, peinture et théâtre pour la troisième. Peut-être est-ce un point d’équilibre nécessaire pour établir une passerelle entre l’existence réelle et ce sentiment de l’Au-Delà et de sa Beauté inaccessible ?

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