Marina Tsvetaieva, poète à en mourir

Présentée par

S'abonner à l'émission

Mots pour maux

jeudi 24 janvier à 12h05

Durée émission : 25 min

Mots pour maux

Je suis passée sur terre d’un pas de danse, fille du ciel !...

La poésie de Marina Tsvetaieva (1892-1941), même traduite, ouvre notre sensibilité à une langue d’une force et d’une beauté qui nous prennent à la gorge.  À travers ses mots et ses rythmes, perce une volonté de vivre en poète comme on vit en prophète,  dans l’exigence la plus radicale, quelles que soient les tragédies personnelles et historiques que le Destin nous réserve.
 Peut-on parler d’un parcours de rédemption au sujet d’une femme qui, née dans la grande bourgeoisie intellectuelle moscovite, a fui son pays après avoir connu la famine qui a tué sa fille aînée, en 1922, pour mener ensuite une vie d’exil en France ? Là, incomprise de tous, même de ses compatriotes, elle a survécu et fait vivre sa famille en dépit du mépris, sauvée par le feu intérieur de sa passion pour la poésie, sa patrie. Lorsqu’elle est retournée en Russie à la fin des années 30, l’URSS de Staline ne lui a pas fait meilleur accueil, et elle s’est suicidée au fin fond de la Tatarie après l’invasion allemande de 1941.
Au milieu de cette vie dramatique digne d’un roman de son ami Pasternak, Marina Tsvetaieva porte au plus haut l’idée que l’essence de la vie réside dans l’ âme blessée - et que, lorsqu’on est poète, cette âme jaillit dans le Verbe, dans ces mots qui subliment les maux, offrant une rédemption à la hauteur de la malédiction de leur auteur.

Les dernières émissions