"Merci qui ? Merci mon chien" de Jean-Louis Fournier

Présentée par UA-142285

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L'Actualité littéraire

jeudi 15 octobre à 8h52

Durée émission : 3 min

"Merci qui ? Merci mon chien" de Jean-Louis Fournier

Dans son dernier livre, avec l'humour plein de sagesse qui le caractérise, Jean-Louis Fournier rend hommage aux animaux et leur exprime sa reconnaissance.

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Voilà un parfait manuel de savoir-vivre, comme l’indique le sous-titre de l’ouvrage, un guide pour un « tendre savoir-vivre avec les animaux ». Vous l’avez compris, il faut d’abord être poli avec les bêtes.
N’hésitez pas ensuite à les prendre au sérieux et c’est un grand comique qui nous dit ça !

Jean-Louis Fournier, c’est le parolier de Pierre Desproges, l’artisan de La minute de Monsieur Cyclopède pour les plus anciens. Jean-Louis Fournier, c’est aussi l’auteur de "Où on va papa", le récit drôle et attendrissant qui parle de ses fils handicapés, publié en 2008. On n’est pas sérieux quand on s’appelle Jean-Louis Fournier, ce qui n’empêche pas de nous balancer nos quatre vérités. Exemple : "Pourquoi, quand les oiseaux chantent dans les arbres, on ne les applaudit pas ? Aujourd’hui que les hommes naissent et vivent avec un casque sur les oreilles et écoutent zim boum boum toute la journée, les oiseaux sont déçus. Ils ont de moins en moins envie de chanter".  Comme quoi, l’humour et une certaine poésie peuvent servir la cause animale…

Des hommes qui n'ont pas oublié d'être bêtes

Si Jean-Louis Fournier se fait défenseur des animaux c'est souvent pour se moquer d’un autre animal, l’homme qui parfois, n’a pas oublié d’être bête"L’abeille a un cerveau d’un millimètre cube, il contient un million de neurones. Celui de l’homme en comprend 100 milliards, mais il ne se sert pas de tout", ajoute-t-il caustique à souhait. Certains se moqueraient gentiment de ce sentimentalisme animal, et je ne sais pas jusqu’où l’écrivain est converti à la défense des petites bêtes, mais il aime jouer avec les mots, s’amuser d’une tournure de phrase, et prendre des risques aussi.

"Quand on ne dit rien, on évite de dire n’importe quoi", remarque-t-il. Il peut toujours écrire, à certaines conditions : "Sans oie, pas de plume, pas d’écrivains, pas de littérature. Sans seiche, pas d’encre, pas d’écriture." Heureusement qu’il y a les livres : ce serait vraiment dommage de s’en priver !

Tendres histoires animales

Jean-Louis Fournier ne mâche pas ses mots : pas de grands discours, deux trois phrases suffisent. Par exemple ? "J’ai eu l’occasion, quelques trop rares fois, de voir dans la forêt un animal sauvage, je me souviens de mon émotion. C’était une biche. Sa vue m’a fasciné, trop de beauté, je n’osais bouger, j’avais peur qu’elle s’évanouisse, comme une apparition. J’ai pensé à celui qui, devant ce spectacle sublime, arme son fusil. Je n’arriverai jamais à le comprendre.

Il est tendre, drôle, espiègle ; avec son chat Artdéco sur les genoux, Jean-Louis Fournier nous tisse des petites histoires animales qu’on n’oublie pas. Dans son dernier livre, il affirmait : « je ne suis pas seul à être seul". Heureusement, les animaux nous tiennent compagnie. Ne soyons pas chien : n’hésitons pas à les remercier, comme le dit encore Fournier : "Il faut savoir dire merci ma poule quand on mange un œuf… "
 

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Le présentateur

Christophe Henning

Journaliste de presse écrite dans le groupe Bayard, Christophe veut susciter le débat et favoriser la rencontre des témoins. Lecteur infatigable, il partage volontiers ses coups de cœur. Dans les studios parisiens de RCF, il donne la parole aux auteurs, mais aussi aux acteurs de la société et de l’Eglise.