N'oublions pas Tibhirine, de Jean-Marie Lassausse

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mardi 30 janvier à 8h53

Durée émission : 2 min

N'oublions pas Tibhirine, de Jean-Marie Lassausse

Le livre du Père Lassausse est sorti très peu de temps avant l’annonce ce samedi de la publication du décret du Vatican qui a reconnu le martyr des sept moines de Tibhirine.

Jean-Marie Lassausse, prêtre de la Communauté Mission de France est agronome. Il a passé 15 ans à s’occuper de l’exploitation agricole du monastère de Tibhirine et à accueillir les visiteurs et pèlerins. Il est l’auteur, avec Christophe Henning, d’un premier témoignage Le jardinier de Tibhirine qui a reçu le Prix de littérature religieuse en 2011.

Le livre s’ouvre sur l’évocation du lien d’amitié fort entre les villageois et les Babass (nom locale des moines). Même si la vie, la mort, les espoirs et la foi des sept de l’Atlas se retrouvent en filigrane dans l’ensemble de l’ouvrage, il s’agit surtout du récit des quinze années suivantes. Quinze années durant lequel le père Lassausse a « conservé un pied dans la porte du monastère pour qu’elle ne se referme pas définitivement ».

C'est un livre sur la vie quotidienne d’un prêtre avec les musulmans, je dirais même une histoire d’amour entre les habitants et le territoire de l’Atlas et le Père Lassausse. Sa vie se partage entre l’entretien du verger de pommiers de 8 hectares selon les principes de l’agriculture biologique. Mais aussi l’ouverture du monastère pour accueillir ceux qui viennent à Tibhirine malgré parfois le mauvais temps ou la neige. La plupart du temps il s’agit d’algériens qui viennent pour se recueillir sur la tombe du frère Luc, le médecin. Il veille enfin à ce que Tibhirine soit un lieu d’Eglise, de prière et de célébration reconnu comme tel par la population.

Les derniers chapitres du livre sont particulièrement forts… Le Père Lassausse y exprime ses rêves pour Tibhirine et développe la notion d’amitié comme mission. Il nous parle de projet artistique qui pourrait faire du monastère un lieu d’exposition, de conférences et de rencontres autour des thématiques de la non-violence et de la paix pour la valorisation de l’ « esprit de Tibhirine ». Il développe également les spécificités du monastère qui doit rester un lieu de « priants parmi d’autres priants ».

En ce qui concerne l’amitié avec les Algériens, le père Lassausse dit aux habitants : "N’ayez pas peur de nous ! Nous sommes là pour la rencontre, pour mieux se connaitre, pour être des artisans de paix entre religions différentes, pour travailler ensemble […] Relevons les défis ensemble, accueillons l’autre […] comme un frère". Il nous rappelle que pour Saint Augustin, l’amitié est un chemin qui conduit l’homme vers Dieu. Un message qui s’adresse aussi bien aux Algériens qu’à nous-même.

Dans ce livre sans complaisance et qui ne masque pas les difficultés notamment politique et policière, le père Jean-Marie Lassausse nous parle de son mariage avec la terre d’Algérie. C’est finalement le récit de la vie d’un paysan parmi les paysans et l’histoire d’ « un lieu où la vie circule toujours ».

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