"Retour à Birkenau" de Ginette Kolinka et "Ce que je voudrais transmettre" d’Elie Buzyn

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L'Actualité littéraire

jeudi 16 mai à 8h52

Durée émission : 3 min

"Retour à Birkenau" de Ginette Kolinka et "Ce que je voudrais transmettre" d’Elie Buzyn

© Christophe Henning / RCF

Aujourd'hui, Christophe Henning présente deux livres "Retour à Birkenau" de Ginette Kolinka, aux éditions Grasset, et "Ce que je voudrais transmettre" d’Elie Buzyn, aux éditions Alisio.

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Il y a urgence ! Les derniers survivants de l’enfer sont maintenant âgés. Longtemps, ils se sont tus. Au nom de tous, quelques grandes figures ont raconté l’horreur des camps de concentration, Elie Wiesel, Primo Lévi, Robert Antelme… Les derniers témoins, aujourd’hui, disent à leur tour ce qu’ils ont vécu. Certes, la qualité littéraire des ouvrages majeurs sur l’enfer concentrationnaire est inatteignable. Mais les témoignages des adolescents d’hier qui expliquent sans fard ce qu’ils ont traversé est essentiel. Aujourd’hui encore ils s’étonnent de vivre.

Le souvenir est si vif que c’est au présent que Ginette Kolinka, avec la plume de Marion Ruggieri, raconte les camps : "jusqu’ici, nous étions encore des êtres humains. Nous ne sommes plus rien". Répondant aux questions de Barbara Astruc, Elie Buzyn laisse remonter les souvenirs : "Nous tenions au jour le jour (…) À Auschwitz, le temps ne voulait plus rien dire".
 

On imagine la force de ces récits simples dépouillés, avec un vrai souci de transmission ?

 Les deux auteurs ont accompagné des collégiens, des lycéens à Auschwitz. Raconter, dire l’indicible, c’est déjà une épreuve. Revenir sur les lieux de leur souffrance était aussi un terrible défi. "Je le raconte, je le vois, et je me dis ce n’est pas possible d’avoir survécu à cela", confie Ginette Kolinka dont le récit est plus littéraire. Les collégiens ne demandent jamais "que mangiez-vous ?", ils demandent  "avez-vous vu Hitler ?"… La survie, le froid, la violence, la nudité : tous deux témoignent de ces mois d’épreuves subis à 15 ans, qui les ont marqué à vie. Elie Buzyn est devenu chirurgien, Ginette Kolinka était vendeuse sur les marches d’Aubervilliers : "J’ai eu cette chance de revenir et de reprendre vite une vie normale, et d’être très heureuse", confie-t-elle. On se dit que la folie n’a pas gagné.
 

Et que se souvenir de ces heures noires est aussi essentiel

Au retour des camps, c’est le silence qui s’impose pour les déportés. Avec l’âge, 90 et 94 ans pour les auteurs dont je vous parle, il y a urgence à raconter : oui, au cœur de la vieille Europe, une telle folie a été possible. Prévenir les jeunes générations, faire mémoire de ceux qui sont morts, gazés, raconter - sans en rajouter - suffit à toucher l’insensé. Et dire enfin que, face au mal, il reste l’incroyable énergie de la vie. Ce que rappelle Elie Buzyn : "Il faut toujours laisser sa place à ce doute positif que l’on appelle l’espoir".
 

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L'émission

Le jeudi à 8h52 et 15h15

Chaque jeudi, Christophe Henning présente un ouvrage qu'il a sélectionné.

Le présentateur

Christophe Henning

Journaliste de presse écrite dans le groupe Bayard, Christophe veut susciter le débat et favoriser la rencontre des témoins. Lecteur infatigable, il partage volontiers ses coups de cœur. Dans les studios parisiens de RCF, il donne la parole aux auteurs, mais aussi aux acteurs de la société et de l’Eglise.