Ces films dont la voiture est l’héroïne

Présentée par

La Symphonie du cinéma

jeudi 14 novembre à 16h30

Durée émission : 25 min

Ces films dont la voiture est l’héroïne

© Cinema Center Films/Solar Production/Universal Pictures

Le rapport voiture et 7e art est le fil rouge aujourd’hui de La Symphonie du cinéma. Du Corniaud à Gran Torino, en passant par Bullitt, Fabien Genest revient cette semaine sur quelques films marquants à travers leurs bandes originales.

Cette semaine dans La Symphonie du cinéma, les moteurs vrombissants, les chromes étincelants et les marques prestigieuses, bref, les belles mécaniques, sont à l’honneur alors qu’est sorti, hier au cinéma, Le Mans 66, le très bon film de James Mangold qui raconte la rivalité qui opposa le géant américain Ford à l’écurie Ferrari.

Matt Damon et Christian Bale sont à l’affiche depuis mercredi du nouveau film de James Mangold Le Mans 66 qui raconte, à travers la prestigieuse course des 24 Heures du Mans, la rivalité féroce qui a sévi entre Ford et l’écurie italienne Ferrari. La firme américaine qui souhaite à tout prix remporter ce combat hégémonique va confier à Carroll Shelby, ancien pilote de renom, reconverti dans la préparation de voitures de courses, cette mission de la plus haute importance. Ce dernier qui parvient à imposer le pilote britannique Ken Miles (joué par Christian Bale) va conduire la Ford GT40 MKII, une voiture américaine, qui coûte trois fois moins cher. Marco Beltrami signe la BO du film où figure de nombreux morceaux rock de l’époque dont Gimme shelter, des Rolling Stones…

Gimme Shelter des Rolling Stones qui figure dans le film Le Mans 66 de James Mangold, puis la musique du générique d’un autre film mythique pour les amateurs de courses automobiles, qui prend pour cadre, également, la prestigieuse épreuve de la Sarthe en 1971. Dans le film de Lee H Katzin, intitulé sobrement Le Mans, Steeve McQueen, dans le rôle de Michael Delaney, revient sur le circuit des 24 Heures un an après son grave accident dans lequel, un autre pilote, a perdu la vie. Il va disputer la course au volant d'une Porsche 917 sous les yeux de la veuve du pilote. Le tournage sera par ailleurs retardé par les graves accidents des pilotes Derek Bell et David Piper et McQueen frôlera quant à lui la mort en évitant de peu un camion à trois cents/km heure.
Malgré un échec commercial, le film n’en demeure pas moins un des plus réputés traitant du thème de la course automobile, notamment pour la qualité de ses prises de vues, réalisées à l’époque par Herbert Linge tandis que la musique est elle composée par Michel Legrand, alors installé à Hollywood où il écrit la même année 1971 la bande originale d’Un Eté 42 pour laquelle il recevra un second Oscar après L’Affaire Thomas Crown.
Restons en compagnie de Steve McQueen pour d’autres courses, cette fois-ci dans les rues de San Francisco...

Des  cuivres et des percussions en accord comme rarement avec les images… qui semblent danser au rythme de l’intrigue policière de Bullitt, film policier de Peter Yates, sorti en 1968.  Steve McQueen est Frank Bullitt, un lieutenant de police, chargé par un politicien de protéger un  gangster dont le témoignage est capital dans un procès où il est impliqué. Bullitt et sa scène d’anthologie de la course-poursuite en Ford Mustang Fastback GT 390 à travers les rues accidentées de San Francisco. Des images à couper le souffle où la vitesse  atteint parfois 180 km/h, immergeant le spectateur en lui faisant adopter le point de vue du pilote. Le tournage des 9 minutes et 42 secondes de poursuite dura trois semaines. Et Steve McQueen exigea de ne pas être doublé dans cette séquence mais dut céder le volant pour les cascades les plus difficiles. À cela s'ajoute un travail minutieux sur le son : lors des plans embarqués, le bruit du moteur de la Dodge (sourd et mat) et celui de la Mustang (pétaradant et plus aigu) sont sensiblement différents, ce qui produit deux ambiances distinctes qui contribuent à faire monter la tension.
Autre film des années 70 et autre grande star d’Hollywood, Al Pacino qui tourne en 1977 Bobby Deerfield, dans lequel il incarne un pilote de Formule 1.    

Samba di montagne, un titre composé par David Grusin, pour la BO de Bobby Deerfield,  réalisé Sydney Pollack qui confie en 1977 à Al Pacino le rôle d’un jeune champion de Formule 1, tombant amoureux d'une femme atteinte de leucémie et jouée par Marthe Keller. Le film est dédié à la mémoire de José Carlos Pace, pilote de F1 brésilien qui a doublé Al Pacino pour les scènes de course, décédé dans un accident d’avion en mars de cette année-là.
Petit retour en arrière en 1964 à présent avec cette année-là, un Elvis Presley désinvolte au volant d’une voiture de course dans L’Amour en 4e vitesse, plus connu sous son titre original : Viva Las Vegas.

You’re the boss, une des trois chansons, interprétée en duo dans Viva Las Vegas par Elvis Presley et Ann Margret Olsson, actrice, danseuse et chanteuse américaine d'origine suédoise. Ce film musical de George Sidney prend la course automobile pour prétexte pour conter… une romance. La musique est de George Stoll et le final reserve, lui, une course ébouriffante.
L’année suivante en France, un film fait sensation et réunit deux des plus grands comiques du moment dans ce qu’on allait appeler plus tard un road movie…   

La musique de Georges Delerue extraite du générique du Corniaud, de Gérard Oury, en 1965. Et la rencontre explosive entre un Louis De Funès, pdg d'une maison d'import-export et un Bourvil, modeste employé, voguant au Volant de sa 2 CV vers des vacances bien méritées en Italie.  A la suite d’un carambolage d’anthologie en plein Paris, la 2 CV se disloque en mille morceaux. L’histoire ne s’arrête pas là et Bourvil, alias Antoine Maréchal, se voit offrir en guise de dédommagement la possibilité de conduire une superbe Cadillac décapotable qui s’avère truffée d’héroïne et transportant le Youkounkoun, le plus gros diamant du monde… Ce dernier accepte et commence alors de rocambolesques aventures…

Quatre ans après Mary Poppins, grand succès des studios Disney, Robert Stevenson réalise en 1968, toujours pour Disney, Un Amour de coccinelle. A travers le personnage d’un pilote automobile en quête de victoires, The Love bug dans son titre en anglais conte l’histoire d’amitié avec une Coccinelle blanc crème modèle Sedan de 1963, rebaptisée Choupette, qui semble réagir et être douée d’émotions. Cette dernière va devenir une voiture de compétition redoutable. Quant à la musique, elle est signée de George Bruns, grand faiseur de tubes pour la franchise Disney, alors qu’Un Amour de Coccinelle deviendra le premier d’une série de quatre épisodes.
Faisons à présent un bond dans le temps pour nous arrêter en 2008. Clint Eastwood joue Walt Kowalski, un vétéran de la guerre de Corée, irascible et solitaire, dont la seule fantaisie : une Ford Gran Torino, dort paisiblement… dans son garage.   

Clint Eastwood dans Gran Torino, une chanson et un film du même nom, réalisé et interprété par Clint Eastwood dans le rôle d’un vétéran de Corée qui vient de perdre sa femme et qui est torturé par ses crimes de guerre. Il ne voit pas d’un bon oeil ses voisins asiatiques, encore moins quand on tente de lui voler sa Ford Gran Torino. Il s’aperçoit alors qu’une guerre des gangs sévit dans le quartier. Il va pourtant se prendre peu à peu d’amitié avec son voleur qui s’avère être un brave garçon. Kyle Eastwood, fils de l’acteur, et Michael Stevens ont quant à eux composé la musique du film.

La Minute Judy Garland
Cette semaine dans La Minute Judy Garland… gros plan sur Matthias et Maxime, de Xavier Dolan, sorti le mois dernier. Le 8e film du Québécois, cinq ans après le multi-couronné Mommy, comporte la signature musicale de Jean-Michel Blais. Le film englobe également des titres pré-existants à l’image de Looking of knives de Dyan que je vous invite à écouter.  

Et on se quitte avec McQueen & Sally, un des morceaux phare qui figurait en 2011 sur la bande originale de Cars, le film d’animation des studios Pixar où les voitures sont douées de parole. Un morceau, que l’on doit, ainsi que la bande originale, au compositeur américain et jazzman Randy Newman. Une transition toute trouvée pour introduire La Symphonie du cinéma de la semaine prochaine qui aura pour thème la magie Disney.  

Quelques conseils pour prolonger cette émission :

Les Voitures de légende au cinéma, paru chez Balland. Sous la forme d’un inventaire, l’auteure, Karine Ferri, revisite un siècle de présence automobile sur grand écran. Et puis, tout autre chose, à signaler également la sortie de deux livres sur le cinéma : le premier, Alain Delon, film par film, d’Isabelle Giordano chez Gallimard, un très beau livre documenté sur la légende Delon et puis dans un tout autre genre L’Abécédaire des Tontons flingueurs, de Stéphane Germain et Géga, édité par Casa, pour se replonger en un peu moins d’une centaine de pages illustrées dans la comédie policière mythique de Georges Lautner.     

Play list des titres diffusés :

Bande annonce Le Mans 66
Gimme shelter, The Rolling Stones
End titles, BO Le Mans, Michel Legrand
Bullitt, main title, Lalo Schiffrin
Samba di montagne, David Grusin, BO Bobby Deerfield
You’re the boss, Elvis et Ann-Margret, BO L’Amour en 4e vitesse (Viva Las Vegas)
Générique du Corniaud, Georges Delerue
Le Départ de Naples, Georges Delerue, BO Le Corniaud
Herbie Love bug theme, George Bruns, BO Un Amour de Coccinelle
Gran Torino, Clint Eastwood, BO Gran Torino
Looking of Knives, Dyan, BO Matthias & Maxime
McQueen & Sally, BO Cars

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L'émission

Le jeudi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr