Hommage à Francis Ford Coppola

Présentée par

La Symphonie du cinéma

jeudi 17 octobre à 16h30

Durée émission : 25 min

Hommage à Francis Ford Coppola

© Flickr.com

Cinéaste d’excès et de défis, Francis Ford Coppola est avant tout un monument du 7e art dont l’esthétique et le sens du détail ont notamment donné plusieurs chefs d’œuvre, portés par des musiques incarnées et mythiques.

Cette semaine, La Symphonie du cinéma vous invite à découvrir ou redécouvrir l’univers musical des films de Francis Ford Coppola, géant d’Hollywood, honoré, cette année, du Prix Lumière à l’occasion du festival de cinéma de la ville de Lyon qui a débuté le 12 octobre et qui s’achèvera dimanche.

Quand on pense aux films de Coppola, on pense d’abord au thème du Parrain. Une pièce de choix, signée Nino Rota, pour débuter cette Symphonie du cinéma consacrée à Francis Ford Coppola avec, ni plus ni moins, que l’un des morceaux sans doute les plus connus de l’histoire du cinéma, que tout le monde a sans doute fredonné ne serait-ce qu’une fois, tiré du Parrain, superproduction hollywoodienne de 1972 sur le destin d’une famille de gangsters italo-américaine. Al Pacino, James Caan, Robert Duvall y jouent les fils  d’un Marlon Brando au visage impassible, en chef du clan Corleone. Quant à ce Love theme qui n’est pas le thème principal du film au passage, il vient souligner le mariage de Michael Corleone (Al Pacino) en Sicile avec une fille du coin. Et pour la petite histoire, la musique de Nino Rota est en fait une reprise de 1958 du thème d'un film italien, Fortunella, que l’on doit à Eduardo De Filippo. Pour cette raison, Nino Rota, malgré l’immense succès du film, n’obtiendra pas l’Oscar de la meilleure musique de film mais se rattrapera deux ans plus tard avec Le Parrain II. A noter que Carmine Coppola, le père du cinéaste, qui a fait travailler ses proches dans nombre de ses films, signe aussi des morceaux additionnels sur les deux épisodes du Parrain. 
Cinq ans après Le Parrain II, Apocalypse now sort en salles. Une adaptation du livre Au coeur des ténèbres, de Joseph Conrad. Le film faillit bien être fatal au réalisateur, littéralement submergé par la propre démesure donnée à son projet. 238 jours de tournage, 600 ouvriers employés pour les décors, un Marlon Brando obèse, accro à la drogue, qui ne connaît pas son texte, Martin Sheen qui fera une crise cardiaque, ajouté à cela, une ambition titanesque de vouloir soigner le moindre détail rendront totalement paranoïaque et dépressif Coppola. Sans parler des longs mois de montage nécessaires pour le résultat que l’on sait.  « Ce n'est pas un film sur le Vietnam, c'est le Vietnam !" dira en 1979 au festival de Cannes, le cinéaste qui recevra la palme d’or.

L'attaque des hélicoptères sur fond de Chevauchée des Walkyries, de Richard Wagner. Une scène d’anthologie du cinéma de sept minutes qui demanda des mois de tournage et qui intervient au bout d'une grosse demi-heure de film. Pour accéder au fleuve qui le mènera au repère du colonel Kurtz (joué par Marlon Brandon) le capitaine Willard (Martin Sheen) mène un raid sur un village vietnamien. Alertés par la musique, les habitants fuient, pendant que d'autres organisent la riposte dans des scènes d’une réalité stupéfiante.
On change désormais complètement de registre avec l’extrait musical suivant tiré d’Outsiders où Coppola prend pour sujet les tourments de l’adolescence à travers la rivalité entre deux bandes dans une petite ville du sud des Etats-Unis…

Fate theme, extrait d’Outsiders dont la bande originale est composée, je l’évoquais tout à l’heure, par Carmine Coppola, chef d’orchestre à Broadway, et père de Francis Ford Coppola pour ce film de 1983, devenu culte qui lança la carrière de l’acteur Matt Dillon qui partage l’affiche avec Patrick Swayze, Emilio Estevez et Tom Cruise.
On reste en 1983, année de sortie d’un deuxième film de Francis Ford Coppola où l’on retrouve une nouvelle fois Matt Dillon, encore au centre d’une histoire de rivalités et de gangs…

Don’t box me in, présent sur la BO de Rusty James, un morceau au départ expérimental de Stewart Copeland, batteur du groupe de rock Police, qui utilise un Musync, instrument nouveau à l'époque. Le titre, enregistré avec le chanteur et auteur compositeur Stan Ridgway, connaîtra un certain succès.
Venons-en à un autre film qui fut pour le moins compliqué qui sort l’année suivante. Désireux de faire un film sur une célèbre boîte de nuit d’Harlem au temps de la Prohibition, Coppola se lance dans le projet de Cotton club mais le tournage vire au cauchemar et coûtera une fortune.

John Barry signait en 1984 la très belle bande originale de Cotton club. A travers une histoire de gangsters, le film fait revivre les années folles. La reconstitution du Harlem des années 1930 est épatante mais le film, trop confus , s’avère un échec commercial malgré de bonnes critiques, doublé d’une faillite. On change d’époque en faisant un petit bond dans le temps désormais à la fin de années 40, début de l’âge d’or de l’automobile qui inspire Francis Ford Coppola en 1988 pour Tucker.

Rhythm delivery, un des morceaux de l’excellente BO de Tucker que l’on doit à Joe Jackson. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Joe Jackson, âgé aujourd’hui de 65 ans, est un chanteur-auteur-compositeur et claviériste britannique, d’abord influencé par les courants new wave, ska et punk à la fin des années 70 qui opéra ensuite un virage artistique à 180 degrés vers le jazz. En 1988, il signe dix-huit morceaux pour Tucker dont ce Rythm delivery que nous venons d’entendre.

Lucy’s party, une berceuse qui contraste grandement avec le reste de la musique du film que tourne en 1992 Francis Ford Coppola qui s’attaque, 60 ans après Tod Browning, au héros de Bram Stoker, Dracula. La musique, composée par le chef d’orchestre polonais Wojciech Kilar, contient aussi la chanson Love Song for a Vampire, écrite et interprétée par Annie Lennox et utilisée dans le générique de fin. Francis Ford Coppola réinvente le plus célèbre des vampires en ayant l’idée de développer le côté romantique ultime du personnage, celui qui meurt et tue par amour.

La Minute Judy Garland
Cette semaine dans La Minute Judy Garland… clin d’œil à une grande actrice française, Annie Girardot, disparue en 2011, à l’occasion de la ressortie au cinéma, mercredi, du film d’André Cayatte, Mourir d’aimer, grand succès de l’année 1971, qui avait réunit 5 millions de spectateurs en salles. L’histoire d’amour impossible, libre adaptation d’un fait divers très médiatique, entre une professeure de lettres et un de ses élèves, en plein mai 68. Le film contient deux chansons, notamment La Partida, chantée en espagnol par Carmen Requeta, accompagnée à la guitare par Paco Ibanez. 

Et on se quitte avec Youth without youth (jeunesse sans jeunesse) que l’on doit au compositeur argentin Osvaldo Golijov qui compose en 2007, la musique de L’Homme sans âge et qui a signé les musiques des deux autres derniers films à ce jour de Francis Ford Coppola, Tetro et Twixt, sorti pour ce dernier en 2012. « Tuer le cinéaste que j’étais pour pouvoir recommencer.” Voilà ce que dit Francis Ford Coppola qui depuis L’Homme sans âge a tourné le dos à Hollywood au profit d’un cinéma à petit budget.

Quelques conseils pour prolonger cette émission :
Francis Ford Coppola, un ouvrage collectif de 190 pages, paru en 2016 chez Capricci, où des journalistes et critiques avisés livrent leur vision sur les œuvres du cinéaste. Samuel Blumenfeld, a signé quant à lui chez Stock Les Derniers Jours de Marlon Brando, paru cet été. Enfin, sachez que dans le cadre du festival Lumière de Lyon, deux soirées exceptionnelles ont lieu ce week-end à la Halle Tony-Garnier. Tout d’abord la Nuit du Parrain, samedi, avec la projection des trois films de la saga, puis le lendemain, à 15h, la cérémonie de clôture, en présence de Francis Ford Coppola, et la diffusion de la version longue d’Apocalypse now.

Play list des titres diffusés :
Love theme from The Godfather, Nino Rota
The Immigrant main title, BO Le Parrain 2, Nino Rota
La chevauchée des Walkyries, Richard Wagner, BO Apocalypse now
Fate Theme, BO Outsiders, Carmine Coppola
Don’t box me in, BO de Rusty James, Stewart Copeland et Stan Ridgway
The Mooche, BO Cotton club, John Barry
Rhythm delivery, BO Tucker, Joe Jackson
Lucy’s party, from Dracula, Wojciech Kilar
La Partida , BO de Mourir d’aimer, Carmen Requeta et Paco Ibanez
Youth without youth, BO de L’Homme sans âge, Osvaldo Golijov

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L'émission

Le jeudi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr