Il y a 50 ans Woodstock : contre-culture et hippies au cinéma

Présentée par

La Symphonie du cinéma

jeudi 5 septembre à 16h30

Durée émission : 25 min

Il y a 50 ans Woodstock : contre-culture et hippies au cinéma

© Wikipedia.org

Pour cette première de la deuxième saison de La Symphonie du cinéma, retour sur quelques films et bandes originales qui évoquent le plus grand courant de contre-culture du XXe siècle.

Eté 1969. Du 15 au 18 août de cet été-là, des hordes de jeunes Américains, épris de liberté, envahissent un vaste champ à deux heures au nord de New York. Woodstock allait dès lors exister sur la carte des Etats-Unis. Le plus grand concert rock jamais organisé, avec tout le gratin de l’époque, marquera l’apogée du mouvement hippie. Des images à jamais passées à la postérité.

Sorti en 1970, Woodstock, le documentaire en Technicolor de Michael Wadleigh, rediffusé sur Arte le mois dernier, et tourné au cours du festival de Woodstock, du 15 au 18 août 1969, résonne comme un témoignage, autant sur le plateau incroyable d’artistes de l’époque réunis (comme Joe Cocker et sa fameuse reprise des Beatles de With a little help from y friends) que sur les concerts qui se sont succédé pendant quatre jours, que sur la préparation ou encore sur la vie dans l'enceinte du festival.
A deux heures de New York, les terres d’un fermier de Bethel, bourgade de quelques centaines d'âmes, allaient devenir un symbole planétaire qui allait rentrer à jamais dans l'histoire du rock'n'roll. Woodstock constitue en effet, 50 ans après, l’apogée, le point culminant du mouvement hippie… Un mouvement contestataire, né au milieu des années 60, et porté par de jeunes Américains en rupture avec l’ordre établi.
Le cinéma s’est largement inspiré de ce mouvement social d’émancipation des mœurs et des corps qui se caractérise alors par la fameuse formule : sex, drugs and rock’n’roll…   

Le soleil d’Ibiza et la musique du groupe Pink Floyd dans More, le film de Barbet Schroeder, sorti en 1969 en pleine période hippie. More raconte les vacances d'un jeune Allemand, à qui une Américaine fait découvrir les plaisirs charnels mais aussi l'enfer de la drogue. A ce titre, le film résonne comme un véritable témoignage sociologique sans concession. Ce travail de commande, qui sera disque d’or, enthousiasma le groupe anglais qui boucla l’enregistrement en seulement huit jours. Autre film, et quel film, nous sommes toujours en 1969 avec une chanson Born to be wild, devenue une référence chez les motards…   

Born to be wild… « Né pour être sauvage », un des morceaux phare de la bande originale très rock, d’Easy Rider, de Dennis Hopper qui contribua à la popularité du groupe Steppenwolf et servit d’acte fondateur au mouvement heavy metal. Easy rider, devenu l’emblème de la génération hippie des années 60-70, qui raconte le road movie de deux jeunes motards, Wyatt et Billy, Peter Fonda et Dennis Hopper, qui, après avoir vendu une grosse quantité de drogue, décident de quitter Los Angeles et d'aller participer à la célébration du carnaval de La Nouvelle-Orléans avec l'argent gagné. Le film marque la naissance du Nouvel Hollywood, qui apparaît à la fin des années 60 et que dépeint Quentin Tarantino dans son dernier film, sorti le mois dernier Once upon a time… in Hollywood.  Un cinéma qui puisera désormais son inspiration dans la contre-culture et qui va s’affranchir des conventions pour aborder des thèmes jusque-là tabous comme la sexualité, la violence ou la corruption politique. 

Heart beat, pig meat, un des morceaux très psychédélique de la BO en 1970 de Zabriskie Point, de Michelangelo Antonioni, que l’on doit à Pink Floyd, second choix du cinéaste qui au départ avait fait appel et Jim Morrison et aux Doors mais insatisfait par leur travail, leur préféra les Anglais. La BO contient également des morceaux de l’époque de Grateful Dead, des Youngbloods ou encore des Rolling Stones…

Dix ans après Woodstock et son mois d’août à jamais gravé dans les mémoires, sort sur les écrans l’adaptation de la première comédie musicale rock de l’histoire, créée à Broadway, qui a triomphé pendant quatre ans. Ecrite par James Rado et Gerome Ragni, sur une musique de Galt MacDermot, Hair, raconte l’histoire d’une future jeune recrue de l’armée qui croise le chemin d’un groupe de hippies à Central park qui vont lui montrer une autre voie. Le film se veut un manifeste radical de la contre-culture et un film politique à charge contre la guerre du Vietnam. Certaines chansons qualifiées de new age, comme le célèbre Let the sun shine in, que nous venons d’entendre, sont devenues, depuis, des hymnes des mouvements pacifistes.
On reste dans le psychédélisme avec un autre artiste majeur du mouvement hippie, qui disparaissait voilà 49 ans, le 18 septembre 1970 à l’âge de 27 ans… Son nom : Jimi Hendrix.

Sur la BO de Jimi: All is by my side, Waddy Wachel interprète plusieurs morceaux dans le film de John Ridley, sorti en 2013, qui raconte les débuts du musicien en 1966. Jimi Hendrix fut repéré dans un club new-yorkais, par Linda Keith. A l'époque, elle était la petite amie de Keith Richards, le bassiste des Rolling Stones. Grâce à elle, le jeune guitariste rencontrera son futur manager, Chas Chandler (le bassiste des Animals), qui le convaincra de l'emmener à Londres où démarrera véritablement sa carrière internationale.

Un morceau instrumental pour trancher dans cette émission quasi exclusivement composée de chansons cette semaine et pas n’importe quel morceau car c’est Dany Elfman, compositeur attitré des films de Tim Burton, qui compose Groove Thing en 2009 pour Hôtel Woodstock, d’Ang Lee. Un film sur les coulisses du futur plus grand concert de tous les temps à travers la figure Eliott Tiber, son principal artisan.     

La Minute Judy Garland

Cette semaine dans La Minute Judy Garland… double clins d’oeil à travers deux figures du cinéma français : Jean-Pierre Mocky, tout d’abord, disparu le 8 août dernier, et Jeanne Moreau, qui nous quittait, il y a deux ans, le 31 juillet 2017. En 1987, le réalisateur fait tourner la comédienne dans Le Miraculé, comédie satirique contre l’Eglise qui interdira le tournage à Lourdes d’ailleurs. Qu’à cela ne tienne, Mocky reconstituera la grotte de Massabielle et sa source à l’identique dans une carrière de plâtre. Avec plus de 800 000 spectateurs, Le Miraculé sera le plus grand succès public de J.-P. Mocky et aussi le dernier film ensemble de Jean Poiret et Michel Serrault. Tandis que Jeanne Moreau chante L’Amour peut sauver le monde sur des paroles de Pierre Grosz, et une musique de Jorge Arriagada.

Quelques conseils pour prolonger…

Le livre Woodstock : three days of peace and music, est sorti au mois de juin chez GM Editions. Le journaliste et animateur radio Michka Assayas revient sur ce que fut l’expérience Woodstock à travers 196 pages richement documentées. Pour l’accompagner, vous pouvez opter pour le DVD d’Easy Rider, disponible chez Sony Pictures, un des témoignages sur les années hippies. Enfin, parmi les innombrables compilations, à signaler l’initiative du label Rhino qui a sorti cet été, à l’occasion du 50e anniversaire du festival de Woodstock, un coffret luxueux baptisé Woodstock back to the garden, assorti d’un livre et de pas moins de dix CD.
Et on se quitte avec Scott Mac Kenzie et San Francisco, tube de l’année 1967, un  classique de la période hippie, au générique du film, en 1994,  de Robert Zemeckis, Forrest Gump. Une fresque sur trente années de l’histoire de l’Amérique vues à travers un Américain simplet au grand cœur, joué par Tom Hanks.

Play list des morceaux diffusés

Trailer de Woodstock, de Michael Wadleigh. DVD disponible chez Warner Bros
With a little help from my friends, Joe Cocker
Cymbaline, BO More, Pink Floyd
Born to be wild, Steppenwolf BO Easy Rider
The Pretty song, The Storybook, BO Psych-out
Heart beat, pig meat, Pink Floyd, BO Zabriskie Point
Extrait de Hair, de Milos Forman + Let the sun shine in, various artists
BO Jimi : All is by my side, Waddy Wachel
Groove Thing, BO Hôtel Woodstock, Danny Elfman
L’Amour peut sauver le monde, Jeanne Moreau, BO Le Miraculé
San Francisco, Scott Mac Kenzie, BO  Forrest Gump
 

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L'émission

Le jeudi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr