Johnny Hallyday au cinéma : le rockeur acteur

Présentée par UA-103864

La Symphonie du cinéma

vendredi 7 août à 11h00

Durée émission : 25 min

Johnny Hallyday au cinéma : le rockeur acteur

© TF1 Studio. En 1969 dans "Le Spécialiste", de Sergio Corbucci

Des Parisiennes de Marc Allégret en 1962 à Chacun sa vie, de Claude Lelouch en 2017, Johnny Hallyday aura collaboré de près ou de loin à une trentaine de films. Des films dans lesquels il chanta souvent, mais pas toujours, dont quelques-uns plus marquants que d’autres, comme L’Homme du train de Patrice Leconte en 2003, succès critique, ou Jean-Philippe, de Laurent Tuel en 2006, succès public.

Il aurait rêvé d’être une star de cinéma et confia un jour à Pierre-William Glenn qui le dirigea en 1987 dans Terminus, ersatz de Mad Max, qui fut un flop retentissant : «  J’ai raté ma vie. » Car son rêve à lui, Johnny Hallyday le voyait sur grand écran. Bien plus sensible et subtil que le roc de masculinité que renvoiat son image de rockeur viril, l’idole des jeunes, tel qu’on le surnomma dès le début des années 60, aura pourtant tourné dans une vingtaine de films et collaboré de près à une dizaine d’autres tout comme Elvis Presley, son idole, à la fois rockeur et acteur, à qui Laëtitia Masson lui permettait de rendre hommage en 2000 dans Love me à travers, notamment, un duo avec Sandrine Kiberlain.

Love me, le film de Laëtitia Masson évoque la rencontre improbable aux Etats-Unis entre un vieux rockeur fatigué et une jeune femme paumée qui le poursuit de ses assiduités. Johnny Hallyday interprète cinq reprises d'Elvis dont Love me tender qui était l’une de ses chansons préférées et qui fut jouée, d’ailleurs, par ses musiciens Yarol Poupaud et Yodelice à ses obsèques.
Un Elvis Presley, figure centrale dans sa construction d’artiste, au sujet duquel il déclarait en 2014: « C'est lui qui m'a fait troquer ma guitare classique contre une guitare électrique. »
Mais entre Johnny et le cinéma, l’histoire ne date pas d’hier et en 1962, Marc  Allégret, sur un scénario de Roger Vadim, lui offrait son premier vrai rôle dans Les Parisiennes, celui d’un jeune guitariste modeste en quête de célébrité qui allait tomber amoureux d’une jeune fille de bonne famille, jouée par Catherine Deneuve…

Sam’di soir est l’autre titre que chante Johnny Hallyday dans Les Parisiennes, film à sketches comportant quatre histoires différentes, qui outre le tube du moment Retiens la nuit qu’il chante à une Catherine Deneuve énamourée, comporte cette chanson écrite, comme Retiens la nuit, par Charles Aznavour sur une musique de Georges Garvarentz. Huit ans avant Les Parisiennes, le jeune Jean-Philippe Smet avait déjà fait une apparition furtive dans Les Diaboliques, d’Henri-Georges Clouzot, jouant un élève qui ne sera pas crédité au générique d’ailleurs.
Un an après Les Parisiennes, Noël Howard confie à ce jeune premier qui enflamme le cœur des adolescentes françaises un rôle sur mesure de héros romantique aux côtés de Sylvie Vartan avec en toile de fond le décor sauvage de la Camargue…

Un extrait de la bande annonce de D’Où viens-tu Johnny ? (avec au passage le délicieux accent et la voix de Fernand Sardou), un film qui sort sur les écrans en octobre 1963. Si le premier quart-d'heure du film, qui se passe à Paris, est en noir et blanc, la suite en revanche prend les tons chauds de la Provence où le film se transpose. En Camargue, précisément où Johnny Hallyday, qui joue Johnny Rivière, un musicien poursuivi par des malfrats, revient chez lui, se cacher, bientôt rejoint par sa fiancée qu’interprète Sylvie Vartan. La musique du film est composée par Eddie Vartan, le frère de Sylvie Vartan et par Jean-Jacques Debout, tandis que Johnny Hallyday interprète quatre chansons dont Pour moi la vie va commencer et Ma guitare
Avançons dans les années 60 pour nous retrouver à présent en 1969, année où Sergio Corbucci, un des maîtres du western spaghetti tourne Le Spécialiste… 

Fasciné par les succès de Django et du Grand Silence, devenus des westerns spaghetti cultes, Johnny Hallyday fait savoir à Sergio Corbucci son désir de tourner sous sa direction. Le cinéaste romain va s’éxécuter et lui confier le rôle principal du redresseur à tort face à Mario Adorf. Françoise Fabian figure également au casting tandis que la musique est-elle signée Angelo Francesco Lavagnino, compositeur italien de musiques de films majeur des années 50 et 60 qui collabora pour l’anecdote au premier long métrage d’un certain Sergio Leone, qui n’était pas un western mais un péplum : Le Colosse de Rhodes…   
Toujours en 1969, Johnny Hallyday interprète la chanson du film L'Or de MacKenna, western de Jack Lee Thompson, sur une musique de Quincy Jones. Puis, Claude Lelouch lui offre un caméo de prestige dans L’Aventure, c’est l’aventure, où il partage l’affiche avec deux monstres sacrés : Lino Ventura et Jacques Brel.

Lino Ventura, Jacques Brel, mais aussi Charles Denner, Charles Gérard et Aldo Maccione, formant en 1972, sous la caméra d’un Lelouch fantaisiste, une association de malfaiteurs qui projette d’enlever Johnny Hallyday, en victime consentante, dans son propre rôle. Le début d’aventures rocambolesques qui les conduiront en Amérique du Sud et en Afrique. 

Un court extrait de la bande annonce de Détective, de Jean-Luc Godard, puis le générique de début de Conseil de famille, générique signé par Georges Delerue, pour le film de Costa-Gavras, deux des quatre films que tournera le chanteur dans les années 80. Deux films et un succès d’estime de la part de la critique. En 1983, Johnny Hallyday enregistre également la chanson titre du film J'ai épousé une ombre, chanson homonyme signée Jean-Loup Dabadie sur une musique de Philippe Sarde. Cette même année, il récidive pour Signes extérieurs de richesse, titre du film de Jacques Monnet pour lequel il compose, avec Éric Bouad, la musique. Alors que l’année suivante, la chanson Souvenirs, Souvenirs donnera son titre à un film d'Ariel Zeitoun.

Sautons la décennie 90 où Johnny Hallyday n’apparaît que deux fois au cinéma, en 1991 dans Gamine d’Hervé Palud et en 1999 dans Pourquoi pas moi ? de Stéphane Giusti pour évoquer les années 2000 nettement plus fertiles. En 2002, deux ans après Love me de Laëtitia Masson que nous avons évoqué au début de l’émission, Patrice Leconte bâtit son film L’Homme du train sur le tandem Johnny Hallyday-Jean Rochefort et l’histoire d’une rencontre fortuite dans une petite ville de Province, Annonay en Ardèche en l’occurrence, entre un gangster fatigué et un prof de français à la retraite. L’Homme du train, dont la musique que nous venons d’entendre est signée Pascal Estève, est un vrai succès critique à sa sortie. L’interprétation de Johnny Hallyday dans un rôle pourtant taiseux est unanimement saluée et l’acteur obtiendra d’ailleurs au passage le prix Jean-Gabin.  Passons sur Les Rivières pourpres 2, où Johnny Hallyday interprète un ermite borgne, et sur le très dispensable Quartier VIP, pour parler en revanche de Jean-Philippe, la comédie à succès de Laurent Tuel, qui totalisera 1,3 million de spectateurs en 2006. Un film au scénario pour le moins original dans lequel Fabrice Luchini interprète un fan inconditionnel de Johnny qui se réveille un matin dans un monde où Jean-Philippe Smet n’a jamais existé. Dans cette comédie enlevée et parsemée de très nombreuses chansons, le tandem Luchini-Hallyday achève le film dans une dernière scène les montrant en train d’enregistrer la chanson Rock'n'Roll Star.

En 2009, Johnny Hallyday s’exporte et se voit confier successivement un rôle dansLa Panthère rose 2, d’Harald Zwart, mais surtout le rôle titre dans Vengeance, un thriller sombre et violent du Hong-Kongais Johnnie Toe dans lequel il endosse une nouvelle fois le rôle d’un ancien gangster. Rôle qui était destiné d’ailleurs à l’origine à Alain Delon. Clin d’œil de l’histoire dans le film, Johnny Hallyday s’appelle Costello, le nom même porté par Delon dans Le Samouraï de Melville…
En 2014, le chanteur tournera son dernier grand rôle sous la caméra, une nouvelle fois, de Claude Lelouch dans Salaud, on t’aime. Une belle histoire de réconciliation entre un père, ancien photographe de guerre, et ses quatre filles, dont chacune porte pour prénom une saison de l’année. Et comme toujours chez Lelouch, la BO est signée Francis Lai, associé pour la circonstance à Christian Gaubert.     

La Minute Judy Garland
Cette semaine dans La Minute Judy Garland, gros plan sur les Oscars dont la 92e cérémonie se tiendra le 9 février à Los Angeles, une façon d’annoncer, aussi, l’émission de la semaine prochaine qui sera consacrée aux compositeurs français oscarisés… L’an passé, la chanson Shallow, chantée par Lady Gaga et Bradley Cooper dans le film de ce dernier A Star is born remportait l’Oscar de la meilleur chanson originale… Une chanson devenue depuis un tube planétaire…

 

Quelques conseils pour prolonger…

Prolongez de la meilleure des façons cette émission par la lecture du récent livre des éditions AKFG Johnny Hallyday, ses plus belles images de films, de Jean-Jacques Jelot-Blanc. Un ouvrage de référence qui retrace la carrière d’acteur du plus grand rockeur français à travers une filmographie hétéroclite, ponctué de photos pour certaines rares.  Et puis à signaler encore que cet automne, Christian Eudeline a publié L’Encyclopédie Johnny aux éditions Hugo Image. Pas moins de 560 pages découpées dans un abécédaire permettant de retracer dans le détail toute une carrière et toute une vie. Et on se quitte avec Marcellito main, composé par Yodelice, musicien et guitariste de Johnny Hallyday, les dernières années qui signait en 2017 pour le film de Guillaume Canet la BO de Rock’n’roll, avant-dernier tournage de Johnny Hallyday.   

Play list des titres diffusés

Love me tender, Johnny Hallyday et Sandrine Kiberlain, BO Love me
Extrait interview Johnny Hallyday en mai 1961 sur l’ORTF dans Les Echos du cinéma
Sam’di soir, Johnny Hallyday, BO Les Parisiennes
Bande annonce de D’où viens-tu Johnny ?
Extrait bande annonce Gli Specialisti in italiano, musique d'Angelo Francesco Lavagnino
L’Aventure c’est l’aventure, Johnny Hallyday, BO L’Aventure c’est l’aventure  
Extrait bande annonce de Détective
Variation sur le thème de début BO Conseil de famille, Georges Delerue
L’Homme du train, musique de Pascal Estève
Rock'n'Roll Star, Johnny Hallyday et Fabrice Luchini, BO de Jean-Philippe
Symphonie du temps qui passe, BO Salaud on t’aime, Francis Lai et Christian Gaubert 
Shallow, Bradley Cooper, Lady gaga, BO A Star is born
Marcellito main,
Yodelice, BO Rock’n’roll

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L'émission

Le samedi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr