L’histoire politique de l’Amérique au cinéma

Présentée par UA-142167

La Symphonie du cinéma

mercredi 28 octobre à 12h00

Durée émission : 25 min

L’histoire politique de l’Amérique au cinéma

© Wikicommons.

Quand on évoque l’histoire politique américaine au cinéma, on pense notamment à « JFK », d’Oliver Stone ou aux « Hommes du président » d’Alan J Pakula. La filmographie sur le sujet est dense. Retour cette semaine dans La Symphonie du cinéma sur quelques films en musique à travers les partitions de John Williams, Hans Zimmer ou Jerry Goldsmith.

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La Symphonie du cinéma est aux couleurs de l’Amérique cette semaine. La proximité de l’élection du président des Etats-Unis, le 3 novembre, méritait bien de consacrer une émission au rapport entre politique américaine au cinéma et musique de film.
 

« LES HOMMES DU PRÉSIDENT » :  DAVID SHIRE ET AUSSI LE "CONCERTO POUR DEUX TROMPETTES", DE VIVALDI

David Shire signait en 1976 la bande originale des « Hommes du président » mais c’est un morceau additionnel d’Antonio Vivaldi qui retenait l’attention et qui, de par son allégresse et son air triomphant, vient souligner l’énorme scoop que révèlent les journalistes Bob Woodward et Carl Bernstein, dans les colonnes du Washington Post.  Ce scoop, c’est bien sûr, le scandale du Watergate qui mènera à la démission du président Richard Nixon en 1974. Robert Redford dans la peau de Woodward et Dustin Hofmann dans celle de Bernstein sont épatants dans ce film politique haletant du début à la fin ou l’on entend le « Concerto pour deux trompettes en do majeur ».
 

« FROST/NIXON» :  HANS ZIMMER À LA BAGUETTE

S’il est un président qui a généré controverses et emballement médiatique, c’est bien Richard Nixon dont la figure a fait l’objet de plusieurs films. Treize ans après Oliver Stone, Ron Howard s’attaquait en 2008 à la personnalité du 37e président des Etats-Unis sous l’angle, là encore, journalistique à travers la célèbre série d’entretiens filmés en 1977 du journaliste britannique David Frost. « Frost/Nixon », un face à face d’anthologie, habillé par la musique d’Hans Zimmer à l’image du titre Watergate.
Un autre président, pour des raisons bien différentes, elles, a marqué lui aussi durablement l’histoire contemporaine de l’Amérique. Son assassinat à Dallas, le 22 novembre 1963 allait faire de John Fitzgerald Kennedy un mythe américain.
 

« JFK»  et « LINCOLN» :  LE MAÎTRE JOHN WILLIAMS

En 1991, Oliver Stone décide de s’attaquer au mythe Kennedy en basant l’intrigue de son film « JFK » sur l’enquête menée par le procureur Jim Garrison, joué par Kevin Costner, orientée vers la possibilité d’un complot. Un parti pris qui vaudra à Oliver Stone un torrent de critiques et d’attaques pour falsifications mais qui conduira cependant le Congrès à voter la loi sur la divulgation des assassinats. La musique de « JFK », très bon film au demeurant, est quant à elle de John Williams que l’on retrouve vingt ans plus tard pour le score d’un autre film sur un autre président des Etats-Unis : Abraham Lincoln.

« The blue and grey », le bleu et le gris comme la couleur des tuniques des soldats de l’Union contre ceux des Etats confédérés qui s’affrontèrent entre 1861 et 1865 pendant la terrible guerre de Sécession, l’une des périodes les plus troublées de l’histoire des Etats-Unis. Une période avec à sa tête Abraham Lincoln à qui Steven Spielberg consacre un film en 2012 avec un impressionnant Daniel Day Lewis qui remportera l’Oscar du meilleur acteur l’année suivante. Le film raconte le combat pour faire passer le Treizième amendement de la Constitution, qui allait mettre fin à l'esclavage et par la même à la guerre. La musique du film, composée par l’inamovible John Williams est quant à elle interprétée par l’Orchestre symphonique de Chicago et le Chicago Symphony Chorus.
 

« SELMA » : L’HISTOIRE EN MARCHE SUR FOND DE SOUL ET R’N’B

Au centre de l’histoire des Etats-Unis, la question raciale a fait l’objet de nombreux de films depuis les années 60. De « Devine qui vient dîner », de Stanley Kramer en passant par « Mississippi burning », d’Alan Parker, divers réalisateurs ont abordé le sujet. En 2014, dans "Selma", c’est un regard féminin, celui d’Ava DuVernay, qui se pose sur un des événements majeurs du mouvement des droits civiques. Les marches de Selma à Montgomery allaient aboutir en effet, en 1965, sur la loi interdisant toute discrimination sur les listes électorales et l’exercice du droit de vote. Composée par Jason Moran, la bande originale comporte également de nombreux titres additionnels de soul et rythm and blues dont « Glory », que nous venons d’entendre, spécialement composé pour le film par John Legend et interprété en duo avec le rappeur Common. Le titre a remporté en 2015 l’Oscar de la meilleure chanson originale.
 

« DALTON TRUMBO » : UNE BO SIGNÉE THEODORE SHAPIRO

L’anticommunisme et la chasse aux opposants intérieurs est également une des composantes indissociables de l’histoire politique contemporaine des Etats-Unis. Là aussi, le sujet à donner lieu à quelques excellents films comme celui de Jay Roach en 2015 « Dalton Trumbo », du nom du scénariste à succès hollywoodien à qui l’on doit notamment les scénarios des films « Exodus » et « Spartacus ». Ouvertement communiste et accusé de subversion, Trumbo refusa de témoigner devant la Chambre des Représentants. Placé sur une liste noire, il s’exila au Mexique. Theodore Shapiro a composé la BO du film d’où était extrait « Eighty words a minute ». 
Autre film, autre figure politique éminemment célèbre : celle de l’indéboulonnable patron du FBI pendant près de cinquante ans : John Edgar Hoover qu’incarne en 2011 Leonardo Di Caprio.
 

« J.EDGAR » : QUAND CLINT EASTWOOD COMPOSE

Les accords de piano minimalistes du générique de fin de « J. Edgar », composés et interprétés par Clint Eastwood lui-même sur des arrangements de George Krezos. En 2011, Leonardo Di Caprio incarne devant la caméra de Clint Eastwood un J. Edgar Hoover au soir de sa vie qui décide de raconter ses mémoires. Obsédé par la menace communiste intérieure et la gauche radicale, il prendra dès 1924 la tête d’un nouveau service d’investigation chargé d’enquêter sur les personnes et plus généralement contre le crime. Flanqué d’agents redoutables, il amassera tout au long de sa très longue carrière des monticules de dossiers secrets qui lui vaudront le statut d’intouchable et de demeurer à la tête du FBI jusqu'à sa mort en 1972.
L’ennemi est aussi extérieur, la guerre ou plutôt les guerres ont aussi largement inspiré le cinéma américain à commencer évidemment par la guerre du Vietnam, dont on ne compte plus les films, mais aussi, plus récemment, par le conflit irakien dans les années 2000 et 2010.
 

« DANS LA VALLÉE D’ELAH» : « LOST », D’ANNIE LENNOX

La voix d’Annie Lennox qui chante « Lost », perdu en français, une chanson qui sert de générique de fin en 2007 au film de Paul Haggis « Dans la vallée d’Elah », un film ouvertement antimilitariste qui prend pour trame la disparition d’un soldat américain après une permission. Le trompettiste et jazzman Mark Isham en signe la bande originale alors que les paroles de la chanson qu’interprète Annie Lennox reflètent quant à elles la couleur et le message que veut délivrer le film : à savoir les outrages psychologiques qu’engendre toute guerre.  

 

La Minute Judy Garland

Restons dans le sujet et sur le thème de l’Amérique cette semaine dans La Minute Judy Garland avec une chanson phare des années 80, du groupe Téléphone qui figure au générique du film « Marche à l’ombre », de Michel Blanc… avec Michel Blanc et Gérard Lanvin. Riffs de guitare ravageurs, paroles en forme de promesse d’évasion vers cette Amérique mythique, « New York avec toi » distille un rock endiablé qui tranche avec la chanson de Renaud qui donne son titre au film qui fut un des grands succès de l’année 1984 avec 6 millions d’entrées en salles.

 

Quelques conseils…

Deux conseils lecture : « Clint Eastwood, une légende », un livre de Patrick McGilligan, paru en 2018 aux éditions du Nouveau Monde, une passionnante anthologie de près de 800 pages où sont disséqués les traits de caractère, le style, les rôles et les films de l’acteur et cinéaste américain, on a évoqué "J. Edgar" mais « Dans la ligne de mire » ou « Les Pleins Pouvoirs », sont deux autres films ayant pour fil rouge la politique. Autre livre, « Flammes sur l’Indochine », de Francis Albert et Louis Moury, paru l’an dernier chez Ovadia. Un excellent livre à la fois historique et cinéphile à travers les conflits français et américain où près de 70 films sont passés en revue.
Et on se quitte avec le Français Alexandre Desplat qui composait en 2011 la musique du film « Les marches du pouvoir », « The Ides of march » dans son titre original, référence aux Ides de mars, synonyme de jour de fête en l’honneur du dieu Mars dans la Rome antique et date choisie par ses conspirateurs pour assassiner Jules César, une plongée dans les arcanes du pouvoir et sa face sombre entre petits arrangements, mensonges et scandales à travers la figure d’un candidat à l’investiture incarné par George Clooney, par ailleurs à la réalisation.

Play list des titres diffusés

Extrait "Les Hommes du président", disponible en DVD chez Warner Bros France

"To deep throat II", BO "Les Hommes du président", David Shire

"Concerto pour deux trompettes en do majeur", Antonio Vivaldi

"Watergate", BO "Frost/Nixon", Hans Zimmer

"Prologue", BO "JFK", John Williams

"The Blue and grey", BO "Lincoln", John Williams

"Glory", BO "Selma", John Legend & Common

"Eighty words a minute", BO "Dalton Trumbo", Theodore Shapiro

Générique de fin, BO "J. Edgar", Clint Eastwood

"Lost", BO "Dans la vallée d’Elah", Annie Lennox

"New York avec toi", BO "Marche à l’ombre", Téléphone

"The Ides of march", BO "Les Marches du pouvoir", Alexandre Desplat

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L'émission

Le samedi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr