La bande son des films de Philippe Noiret

Présentée par UA-166743

La Symphonie du cinéma

mercredi 24 mars à 12h00

Durée émission : 25 min

La bande son des films de Philippe Noiret

© TF1 Ariane Films. Philippe Noiret dans "Cinema Paradiso", 1989.

Mélange de dandy raffiné et d’homme du peuple bon vivant, Noiret, c’était d'abord un style et une voix inoubliable. Bertrand Tavernier et Philippe de Broca l’avaient notamment dirigé.

00:00

00:00

Comédien au registre étendu, auréolé par un très grand nombre de rôles de composition chez les plus grands cinéastes, Philippe Noiret aura peu ou prou tout joué : des hommes de loi, des professeurs, des aristocrates, des vieux garçons ou encore des personnages modestes comme chez Bertrand Tavernier en 1974 dans « L’Horloger de Saint-Paul », un rôle fort dans la peau d’un père accablé par le chagrin après la mise en examen de son fils pour assassinat.     

1974, « L’HORLOGER DE SAINT-PAUL » : LA RENCONTRE AVEC TAVERNIER 

Dans “L’Horloger de Saint-Paul”, on peut entendre la très belle musique de Philippe Sarde pour le premier film de Bertrand Tavernier, alors âgé de 33 ans, qui confie le rôle principal à Philippe Noiret. De cette rencontre allait naître une solide amitié et une entente fructueuse. Les deux hommes tourneront en effet à sept reprises ensemble jusqu’en 1994 signant au passage quelques grands films français des années 70 et 80 comme “Que la fête commence”, « Le Juge et l’assassin », “Coup de torchon” ou “La Vie et rien d’autre”.
Bertrand Tavernier n’est pas le seul à avoir beaucoup fait tourner Philippe Noiret, c’est également le cas, dans un registre beaucoup plus léger celui-ci, de Philippe de Broca qui le dirige, après « Les Caprices de Marie », une seconde fois en 1978 aux côtés d’Annie Girardot.
 

1978, « TENDRE POULET » : PROF CHEZ DE BROCA

Une petite valse mélancolique que l’on doit à Georges Delerue et qui sert de générique au film “Tendre poulet”, l’un des six films que Philippe de Broca tournera avec Philippe Noiret qui incarne, ici, un professeur de grec célibataire et libertaire, qui tombe amoureux, malgré que tout les oppose, d’Annie Girardot, campant, elle, un commissaire de police déterminé et une femme émancipée. L’actrice, disparue il y a dix ans, sera dans quinze jours à l’honneur dans La Symphonie du cinéma.  
Repéré au collège pour ses qualités comme il le racontait au début de l’émission dans l’archive de la Radio télévision suisse en 1977, Philippe Noiret fait ses premiers pas sur les scènes du Théâtre national populaire en 1953. Il y jouera les plus grands rôles du répertoire classique jusqu’en 1960 tout en faisant des débuts très timides au cinéma. Un rôle, en 1960, va toutefois le faire connaître au grand public dans le costume de l’oncle d’une fillette chipie et braillarde embarquée dans une folle odyssée dans la Capitale.
 

1960, « ZAZIE DANS LE MéTRO » : UNE FOLLE ODYSséE DANS PARIS…

Fiorenzo Carpi signe le thème enfantin de “Zazie dans le métro” pour le film de Louis Malle qui ne sera pas un grand succès populaire mais qui permettra tout de même à Philippe Noiret de faire étalage de ses talents et d’enchaîner les tournages durant la décennie 60 à un rythme élevé, jouant aussi bien chez Jean Delannoy, René Clair, Abel Gance ou Georges Franju en 1962 dans « Thérèse Desqueyroux » aux côtés d’Emmanuelle Riva. Il croisera également la route d’Yves Robert par trois fois. Une première fois en 1965 pour « Les Copains », film pour lequel Georges Brassens composa l’une de ses plus célèbres chansons « Les Copains d’abord ».  Puis en 1968 pour « Alexandre le bienheureux », qui sera le film par lequel le succès va arriver et révéler véritablement au grand public Philippe Noiret, avant « Clérambard » dans la foulée, l’année suivante, qui ne trouvera pas son public en revanche mais qui vaut pour la qualité de sa bande originale composée par Vladimir Cosma, alors débutant en tant que compositeur pour le cinéma. Je vous propose d’écouter « Les demoiselles de province », devenue célèbre des années plus tard grâce à la publicité pour une célèbre marque de café soluble...
 

1969, CHâTELAIN RUINé DANS « CLéRAMBARD »

Le morceau « Les Demoiselles de province » extrait du film d’Yves Robert qui comporte aussi une chanson, « La Ballade de Clérambard », interprétée par Marie Laforêt. Incarnant un châtelain sans le sou et misanthrope, Philippe Noiret en est réduit à tricoter et vendre des vêtements pour tenter de sauver son château car il refuse de saisir la main que lui tend le notaire local, joué par Claude Piéplu, qui lui propose pourtant d’annuler ses dettes contre le mariage avec sa fille. Toujours en 69, Philippe Noiret tourne également avec le maître du suspense, Alfred Hitchcock dans « L’Etau », avant d’aborder la décennie 70 avec panache et de grands films comme « La Vieille Fille » en 1972, avec Annie Girardot, dix ans après s’être croisés sur « Le Rendez-vous », de Delannoy, mais il tourne aussi chez Tavernier comme on l’a vu, tout en menant une carrière italienne, déjà entamée dans les années 60, à l’instar d’un Jean-Louis Trintignant que nous évoquions, il y a deux semaines. « La Grande Bouffe », de Marco Ferreri qui fit scandale à sa sortie en 1973 constitue l’un des films les plus connus de cette carrière parallèle, carrière où « Mes Chers Amis » figure aussi en très bonne place...
 

1975 « MES CHERS AMIS » DE MONICELLI : GRAND SUCCèS EN ITALIE 

Deux ans après “La Grande Bouffe”, de Marco Ferreri, « Amici miei », « Mes Chers Amis » en français réunit Philippe Noiret, Bernard Blier, Ugo Tognazzi, Adolfo Celi et Gastone Moschin, cinq quinquagénaires facétieux, bien décidés à jouir de la vie. Ce film de Mario Monicelli au succès retentissant en Italie fait partie des joyaux de la comédie à l’italienne et a même fait l’objet de plusieurs suites, dont une en 1982 avec Philippe Noiret, alors que l’on doit la musique au grand Carlo Rustichelli. Restons en Italie pour évoquer à présent un des grands succès de la deuxième partie de carrière de Philippe Noiret, mondialement récompensé et fabuleux hommage au cinéma, accompagné d’une BO au diapason d’Ennio Morricone.     

1989, « CINEMA PARADISO » : UN RôLE EN OR ET UN HYMNE AU 7E ART

« Cinema Paradiso » est projeté en avant-première en mai 1989 à Cannes où il est encensé par la critique. Coproduction franco-italienne, le film réalisé par Giuseppe Tornatore sortira en salles quatre mois plus tard et se veut un hymne au 7e art et une leçon de vie à travers les relations entre Alfredo, un vieux projectionniste que joue Philippe Noiret et Toto, un enfant facétieux et curieux qui va développer son goût pour le cinéma et apprendre beaucoup aux côtés de ce vieux sage. Devenu un réalisateur réputé, il revient des années plus tard dans son petit village de Sicile pour les obsèques d’Alfredo et se remémore alors les projections de son enfance dans une scène finale où défilent sur grand écran toutes les chutes des films, censurés par l’Eglise et notamment d’innombrables baisers que regarde ému aux larmes un Jacques Perrin qui revoit le Toto qu’il était.
 

1975, « LE VIEUX FUSIL » :  LE CéSAR DU MEILLEUR ACTEUR

Robert Enrico réalise en 1975 l’un de ses plus beaux films. Philippe Noiret et Romy Schneider y partagent la vedette tandis que Philippe Sarde en signe la musique. Parsemé de flash backs avant l’horreur, « Le Vieux Fusil » évoque l’histoire d’une rencontre et d’un amour entre Julien et Clara que la guerre va briser. Le film sera récompensé par trois César dont celui du meilleur acteur pour Philippe Noiret qui en obtiendra un second dans sa carrière en 1990 pour « La Vie et rien d’autre ».
 

1984, « LES RIPOUX » : UN DES SYMBOLES DU CINéMA FRANÇAIS DES ANNéES 80

Enfin une émission consacrée à Philippe Noiret aurait été quelque peu bancale si je n’avais évoqué, même brièvement,  « Les Ripoux », de Claude Zidi en 84 et ses deux suites, en 89 et 2003, films pour lesquels Philippe Noiret endosse le rôle d’un inspecteur de police en fin de carrière peu scrupuleux sur la morale et le règlement. Une comédie policière au succès populaire retentissant, soulignée par la musique célèbre de Francis Lai.

 
La Minute Judy Garland
Restons dans l’univers de Philippe Noiret pour revenir cette semaine dans La Minute Judy Garland sur « Alexandre le bienheureux », nous en parlions tout à l’heure, premier grand succès dans un premier rôle, pour Philippe Noiret en 1968 dans la peau d’un agriculteur bon vivant et nonchalant, bousculé par son épouse quelque peu tyrannique, qui, à la mort de cette dernière décide de ne plus travailler et de se la couler douce, allant jusqu’à rester toute la journée dans son lit. Vladimir Cosma remplace au pied levé Michel Legrand pour la musique du film d’Yves Robert qui comporte la chanson «  Le Ciel, la Terre et l'Eau », écrite par Francis Lemarque et interprétée par Isabelle Aubret.

 
 
Quelques conseils pour prolonger cette émission…
Studiocanal a édité en 2016 dans sa collection les grands du cinéma un coffret 10 DVD contenant notamment « L’Horloger de Saint-Paul », « Fort Saganne », mais également « Pile ou face », « L’Etoile du Nord » ou encore « Que la fête commence ».
Parmi les livres consacrés à l’acteur, pas de publications récentes, en revanche, plusieurs livres lui ont été consacrés ces dernières années notamment « Philippe Noiret de père en filles » en 2010 chez Michel Lafon, par sa fille Frédérique Noiret et sa petite-fille, Déborah Grall-Noiret, par ailleurs comédienne. Un livre de confidences et d’anecdotes familiales racontées par les proches de ce dandy hédoniste et gentleman farmer, qui vouait une passion, comme son grand ami Jean Rochefort, aux chevaux.

Play list des titres diffusés :
Bande annonce « L’Horloger de Saint-Paul », de Bertrand Tavernier. Musique : Philippe Sarde
Générique BO “Tendre poulet”, Georges Delerue
“Thème de Zazie”, BO “Zazie dans le métro”, Fiorenzo Carpi
 « Les Demoiselles de province », BO « Clérambard »», Vladimir Cosma avec le LAM Philarmonic Orchestra
Extrait « Mes Chers amis » (« Amici miei ») + Titoli, BO « Mes Chers amis » (« Amici miei »), Carlo Rustichelli
Main theme, BO « Cinema Paradiso, Ennio et Andrea Morricone
Extrait “Le Vieux Fusil”, de Robert Enrico
“Clara”, BO “Le Vieux fusil”, Philippe Sarde
Générique « Les Ripoux », Francis Lai
 « Le ciel, la terre et l'eau », BO « Alexandre le bienheureux », Isabelle Aubret. Musique : Vladimir Cosma

Les dernières émissions

L'émission

Le samedi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr