La famille au cinéma en chansons

Présentée par UA-152546

La Symphonie du cinéma

mercredi 16 décembre 2020 à 12h00

Durée émission : 25 min

La famille au cinéma en chansons

© Mars/TF1 Studio. "Captain Fantastic", de Matt Ross (2016).

Avant Noël, La Symphonie du cinéma explore le thème de la famille cette semaine à travers quelques chansons que l’on retrouve chez Ettore Scola, Hayao Miyazaki ou encore Christophe Honoré.

Cette émission est archivée. Pour l'écouter, inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous directement si possédez déjà un compte RCF.

A quelques jours de Noël, La Symphonie du cinéma est consacrée cette semaine au thème de la famille. Un thème de circonstance illustrée par des chansons d’hier et d’aujourd’hui. Et pour commencer cette promenade sonore dans l’univers des rapports familiaux, débutons par une famille que l’on pourrait qualifier de plutôt rock’n’roll, la famille Hoover, dans « Little Miss Sunshine », emballante comédie américaine de Valerie Faris et Jonathan Dayton, sortie sur les écrans en 2006.
 

"SUPERFREAK"  DANS « LITTLE MISS SUNSHINE» par Rick James

Le tube « Superfreak », que l’on doit à Rick James, illustre l’une des scènes clés de « Little Miss Sunshine », celle de la danse qu’interprète Olive, la petite dernière de la famille Hoover au concours de beauté auquel elle participe. Dans la salle, toute la famille est là, impatiente et fière, elle qui a fait un long voyage semé de rebondissements et de péripéties dans un vieux combi Volkswagen jaune. Le film a remporté deux Oscars et le César du meilleur film étranger en 2007 et s’est classé parmi les comédies de l’année tant pour son scénario original que pour son message humaniste qui veut que le plus important n’est pas tant de réussir mais d’aller au bout de ses rêves.
 

"Brutti, sporchi  e cattivi titoli" dans « Affreux, sales et méchants »

Cap à 180 degrés avec la chanson thème d’« Affreux, sales et méchants » qui nous emmène dans les bidonvilles de Rome et dans le cinéma d’Ettore Scola. En 1976, le Romain dresse une satire féroce du sous prolétariat, ainsi que le nommait avant lui Pasolini, à travers le portrait picaresque d’une famille italienne nombreuse vivant de larcins.
 « Affreux, sales et méchants », « Brutti, sporchi e cattivi » dans son titre original raconte le quotidien de personnages hauts en couleur et d'une famille d’une pauvreté affligeante, régie par un patriarche borgne, avare et violent, joué par Nino Manfredi qui va s’attirer les foudres de son clan le jour où il s’entiche d’une prostituée obèse pour qui il devient soudain dépensier. Compositeur régulier chez Ettore Scola, Armando Trovajoli signe la partition musicale du film qui obtiendra en 1976 le prix de la mise en scène au festival de Cannes.
Depuis « Le Kid » de Chaplin, la famille au cinéma a aussi été largement racontée par le prisme de l’enfance, c’est le cas notamment dans « Stella », le très beau film autobiographique de Sylvie Verheyde en 2008 où l’on peut entendre, notamment, plusieurs chansons de Sheila.
 

"Ne fais pas tanguer le bateau" dans « Stella » par Sheila

Sylvie Verheyde a grandi dans un café, « un lieu où les habitués forment une sorte de famille », raconte la réalisatrice, c’est aussi «  un milieu où il n’y a pas de vie culturelle ».
En revanche, dans les années 70, décennie où se situe l’action de « Stella » dont les parents tiennent un bistrot dans un quartier ouvrier de Paris, le juke box tient une place centrale. Il est l’objet de la distraction et d’un moment de partage contre une pièce de 5 francs. Dans « Stella », la musique est omniprésente. On peut y entendre notamment « Couleur menthe à l’eau », d’Eddy Mitchell, « Michèle », de Gérard Lenorman, ou encore « Ne fais pas tanguer le bateau », de Sheila, une chanson de 1974.
 

"Cambodia", dans « Dans Paris » par Kim Wilde

Paul joué par Romain Durris, qui vient de se séparer d’Anna, vit un moment difficile et pour passer le cap, il retourne chez son père quelques jours. Son frère Jonathan, plus jeune que lui, et incarné par Louis Garrel va l’aider à sortir de la dépression. Au gré de rencontres, il va peu à peu retrouvé une chaleur humaine et des liens familiaux quelque peu distendus. Au-delà de l’importance de la musique, omniprésente dans les films de Christophe Honoré, son emploi vient souvent dépeindre un état intérieur à l’image de « Cambodia » qu’écoute Romain Durris, allongé sur un lit, se confrontant avec le passé et ses souvenirs. Ne dit-on pas, d’ailleurs, que les chansons sont un marqueur important de nos vies et qu’on les associe très souvent à un moment précis que l’on a vécu.
 

"La Divinité", dans « La Première Etoile » par La Perfecta

Les vacances sont un moment privilégié où s’exerce la vie de famille. A quelques jours des fêtes de Noël, certains d’entre vous se remémorent peut-être leurs vacances à la neige et leur lot de souvenirs et d’anecdotes. En 2009, Lucien Jean-Baptiste réalise son premier long métrage « La Première Etoile » racontant l’expérience aux sports d’hiver d’une famille antillaise qui découvre les joies du ski. Outre une jolie reprise de « La Montagne » par la petite dernière de la famille, on peut entendre « La Divinité », chantée par le groupe martiniquais légendaire La Perfecta, très vogue dans les années 70 et toujours très populaire aux Antilles.
 

"Un Eté de porcelaine", dans « L’Hôtel de la plage » par Sophie Barjac et Mort Shuman

L’été n’est pas en reste et en 1978, Michel Lang réunit Daniel Ceccaldi, Guy Marchand ou encore Anne Parillaud pour des vacances en Bretagne. Avec plus de 2 millions 700 000 spectateurs en salles, « L’Hôtel de la plage » est l’un des gros succès de l’année 1978. C’est aussi le premier rôle d’Anne Parillaud, répérée sur ce film par Alain Delon qui la choisira pour partenaire dans « Pour la peau d’un flic », puis  « Le Battant ». « L’Hôtel de la plage » évoque les amours de vacances le temps d’été, le tout accompagné par quelques tubes de la variété de l’époque à l‘image de « L’Eté de porcelaine », de Mort Shuman, fidèle compositeur par ailleurs du réalisateur Michel Lang, adepte de comédies populaires sentimentales dans les années 70 et 80.
Abordons à présent une autre facette ou plutôt un autre type de famille si on peut la classer ainsi, ce sont les familles dites fantastiques au sens des pouvoirs surnaturels qu’elles possèdent. Et c’est le cas dans le très poétique film d’animation des studios Ghibli  « Ponyo sur la falaise » qui se ponctue comme parfois dans les mangas animés par une chanson…
 

"Gake no ue no ponyo", dans « Ponyo sur la falaise », par Nozomi Ohashi

« Gake no ue no Ponyo », traduisez “Ponyo sur la falaise”, chanté par la jeune Nozomi Ohashi sur une musique du grand complice d’Hayao Miyazaki, Joe Hisaishi, compositeur attitré des films du maître japonais du manga animé. En 2008, ce conte pour enfants mais aussi pour adultes, livre la douceur de ses dessins et de ses sentiments à travers l’histoire d’une fillette poisson rouge à visage humain qui rêve de découvrir le monde des hommes et fausse ainsi compagnie à son père, le sorcier de l’océan Fujimoto. Elle voguera ainsi d’aventure en aventure en compagnie de son nouvel ami humain, Sôsuké. La chanson du film sera un grand succès.
 

"Sweet child O’ mine", dans « Captain Fantastic » par Samantha Isler

Le très beau « Sweet child O’ mine », « Mon enfant adoré » illumine la fin de Matt Ross « Captain Fantastic » en 2016. Samantha Isler qui joue Kielyr, l’une des filles de la famille Cash, famille pour le moins non conventionnelle qui a décidé de vivre au beau milieu des bois, le chante dans le soleil d’une fin d’après-midi d’été. Quand la mère, souffrant de troubles bipolaires, tombe gravement malade et meurt, tout va être remis en question. Dans une scène poignante, les six enfants sont réunis en pleine nature, près d’un lac, bordé de grands sapins et autour du père joué par Viggo Mortensen faisant ses adieux à sa femme défunte, enveloppée dans un linceul avant d’être incinérée.  C’est alors que Kielyr entonne « Sweet child o’mine », suivi par ses frères et sœurs aux instruments.      
 
La Minute Judy Garland
Dans La Minute Judy Garland cette semaine, la sortie sur Netflix le mois dernier de « La Vie devant soi » met à l'honneur Sophia Loren qui joue dans le film de son fils, Edoardo Ponti, reprenant ainsi le rôle tenu en 1975 par Simone Signoret. Il y a soixante ans, en 1960, l’actrice italienne était au casting de « C’est arrivé à Naples », un film de Melville Shavelson dans lequel elle joue une chanteuse de cabaret dont va tomber amoureux Clark Gable. Et on peut l’entendre chanter « Tu vuo’ far’ l’americano », un classique de la variété napolitaine et italienne, popularisé en 1956 par Renato Carosone.

 

Quelques conseils… en lien avec le cinéma
Un conseil musical cette semaine avec "Morricone secret", une compilation de deux CD ou vinyles, parue au mois de novembre chez Decca regroupant des titres méconnus ou rares du compositeur italien, disparu cet été. Des titres puisés principalement dans sa discographie italienne et dans des films confidentiels comme « La Tarentule au ventre noir », « Un Homme à respecter » ou encore « Le Bandit aux yeux bleus »…
 Autre conseil disque, le très belle BO d’Eric Neveux pour « Poly », de Nicolas Vanier, parue fin octobre en version dématérialisée. 23 titres pour revivre l’ambiance du film, sorti juste avant le confinement, remake de la série à succès des années 60, de Cécile Aubry.
Enfin, un conseil de lecture pour finir avec « Initiales BB », les mémoires de Brigitte Bardot chez Grasset. La réédition du livre paru en 1996 où l’actrice raconte sa prodigieuse ascension et la naissance d’un mythe, jalonné par des films marquants, ses rencontres, ses succès et ses échecs.
Et on se quitte avec une famille pour le moins baroque, la famille Adams, du nom du film de Barry Sonnenfeld, sorti en 1991, contant les mésaventures de ses membres vivant dans un manoir hanté. Marc Shaiman en signait la musique.

 

Play list des titres diffusés
Générique : « Rodéo », BO « Le Casse », Ennio Morricone
« Superfreak », BO « Little Miss Sunshine », Rick James
« Brutti, sporchi  e cattivi », BO « Affreux, sales et méchants », Armando Trovajoli et Schola Cantorum
« Ne fais pas tanguer le bateau », BO « Stella », Sheila
« Cambodia”, BO “Dans Paris”, Kim Wilde
« La Divinité », BO « La Première Etoile », La Perfecta
« Un Eté de porcelaine », BO « L’Hôtel de la plage », Sophie Barjac, Mort Shuman
« Gake no ue no ponyo », BO « Ponyo sur la falaise », Nozomi Ohashi. Musique : Joe Hisaishi
“Sweet child O’ mine”, “Captain Fantastic”, Samantha Isler
« Tu vuo’ far’ l’americano », BO « C’est arrivé à Naples » (La baia di Napoli), Sophia Loren
“Deck the halls main title, BO "La Famille Addams", Marc Shaiman & Vic Mizzy 

Les dernières émissions

L'émission

Le samedi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr