La musique dans les films d'Henri Verneuil

Présentée par UA-141985

La Symphonie du cinéma

mercredi 14 octobre à 12h00

Durée émission : 25 min

La musique dans les films d'Henri Verneuil

© BestImage. Henri Verneuil a fait appel aux plus grands compositeurs durant sa carrière.

Auteur d'une trentaine de films, Henri Verneuil était né, il y a cent ans, le 15 octobre 1920. La musique occupe une part essentielle chez ce "conteur d'histoires", comme il se définissait.

00:00

00:00

Scénariste et réalisateur majeur du cinéma français des années 50 aux années 80, Henri Verneuil a touché à tous les genres. De la comédie, au drame, en passant par le polar, le film politique, le film de guerre jusqu’à l’autobiographie. Celui qui était né Achod Malakian, un 15 octobre 1920 à Rodosto en Turquie, aura durablement marqué le cinéma français grâce à des films, très construits et faisant appel aux grands acteurs qu'étaient Fernandel, Jean Gabin, Jean-Paul Belmondo, Yves Montand ou encore Patrick Dewaere.
 

« MILLE MILLIARDS DE DOLLARS » : UN GRAND DEWAERE ET LA MUSIQUE DE PHILIPPE SARDE

La Symphonie du cinéma, qui évoque cette semaine la carrière d’Henri Verneuil, né il y a cent ans tout juste et disparu le 11 janvier 2002 à l’âge de 81 ans.
Une évocation à travers quelques musiques emblématiques de ses films non mois emblématiques à l’image du générique de "Mille Milliards de dollars", film dans lequel Patrick Dewaere incarne un très convaincant journaliste enquêtant sur un scandale financier touchant un puissant homme d’affaires. En visionnaire, Henri Verneuil y dénonce, déjà, les dérives de l’ultra libéralisme.
 

« LE CORPS DE MON ENNEMI » : LA PARTITION MéMORABLE DE FRANCIS LAI

Six ans plus tôt, c’est Francis Lai qui signait la très percutante bande originale d’un film éclaboussé par la composition de Jean-Paul Belmondo, en homme seul, animé par l’esprit de vengeance. "Le Corps de mon ennemi" sort sur les écrans le 13 octobre 1976.  Un des plus beaux et des plus grands thèmes de Francis Lai pour un film sombre d’Henri Verneuil mêlant politique et affairisme à travers le retour dans sa ville sept ans plus tard d’un homme décidé à découvrir les commanditaires qui l’ont envoyé en prison. Outre Belmondo, le film présente un très beau casting au rang duquel figurent Bernard Blier, François Perrot, Marie-France Pisier ou encore Claude Brosset.
 

FERNANDEL, L’ACTEUR FéTICHE DES PREMIèRES ANNéES

Henri Verneuil tourne des courts-métrages dès 1947. Il lui faudra attendre 1951 et "La table-aux-crevés" pour signer un premier film avec dans le rôle principal Fernandel. Un Fernandel qu’il retrouvera encore à plusieurs reprises dans les années 50, notamment pour "Le Mouton à cinq pattes" en 54 et pour "La Vache et le prisonnier", plus gros succès français de l’année 1959. La musique aux accents graves du générique de "La Vache et le prisonnier", on la doit à Paul Durand, chef d'orchestre et compositeur connu pour ses opérettes et ses musiques de films mais aussi pour ses quelques compositions pour des artistes de variété comme Léo Marjane pour laquelle il signe en 1941 la mélodie de "Je suis seule ce soir", grand succès des années de guerre.
 

« MéLODIE EN SOUS-SOL » : GABIN, DELON, LA MUSIQUE DE MICHEL MAGNE ET LE PALM BEACH

Henri Verneuil fait appel en 1963 à Michel Magne pour "Mélodie en sous sol" et sa confrontation entre le monstre sacré qu'est Jean Gabin et un futur autre monstre sacré du cinéma français, alors âgé de 28 ans: Alain Delon. Le final de "Mélodie en sous-sol" accompagne la scène de la piscine du Palm Beach, inondée de billets de banque. Des billets qui se sont échappés des sacs dissimulés à la hâte par Alain Delon après le hold up perpétré au casino et dirigé par Jean Gabin dans le rôle du gangster vieillissant dont c'est le dernier gros coup avant de définitivement raccrocher. Un an avant "Les Tontons flingueurs", de Georges Lautner, Michel Magne signe la très belle partition de "Mélodie en sous-sol", déclinée sous la forme de variations selon les moments du film.
 

LES ANNéES MORRICONE

Six ans après "Mélodie en sous-sol", Henri Verneuil dirige en 1968 deux stars internationales : Anthony Quinn et Charles Bronson dans "La Bataille de San Sebastian", une coproduction internationale franco-italo-mexicaine, jouée en anglais. Ce western, tourné dans les mêmes décors que "Les Sept Mercenaires", sera vilipendé par la critique à sa sortie. Il n'empêche que la musique très réussie, elle, est signée Ennio Morricone avec la complicité vocale d’Edda dell’Orso. Un Ennio Morricone qu'Henri Verneuil retrouvera quelques mois plus tard pour l'un de ses plus grands film au thème musical, devenu tout aussi célèbre.

"Dialogo numero due" est une des variations du thème musical principal du "Clan des Siciliens" où la guimbarde, le banjo et les sifflements résonnent comme un clin d'œil malicieux à ses musiques de western, souhaité par Ennio Morricone. Ce film en tous points remarquable, qui réunit trois têtes d'affiche de l'époque: Jean Gabin, Alain Delon et Lino Ventura, totalisera près de 5 millions d'entrées en France. En parallèle, Dalida surfera en quelque sorte sur ce succès et enregistrera la même année un 45-tours sur la musique du film et des paroles écrites par Jean-Loup Dabadie…

En 1974, Ennio Morricone compose la BO de" Peur sur la ville", très grand film, là aussi, dans la carrière d'Henri Verneuil de par sa réalisation et la prestation de Jean-Paul Belmondo traquant un dangereux psychopathe jusque sur le toit du métro parisien. On y retrouve notamment le thème de la fête foraine.
 

« MAYRIG » : UNE VIE AU SON DU DUDUK ARMéNIEN  

Avec seulement deux films: "Mille Milliards de dollars" et "Les Morfalous", les années 80 marquent un brut ralentissement dans le processus de création d'Henri Verneuil qui trouvera néanmoins l'énergie pour raconter l'histoire de sa vie dans un diptyque autobiographique au début de la décennie suivante. "Mayrig", d'abord, puis "588, rue Paradis". La boucle était bouclée.

 
La Minute Judy Garland

Cette semaine dans la Minute Judy Garland, coup de projecteur sur Chadwick Boseman, disparu tragiquement à l'âge de 43 ans, le 28 août dernier. Avant d'être l'une des égéries de la franchise Marvel dans le rôle de la "Panthère noire", il est révélé en 2013 pour le rôle du champion de base-ball Jackie Robinson, dans "42", de Brian Helgeland. Il confirmera l'année suivante son statut de nouvelle vedette de Hollywood en incarnant un autre personnage de légende, James Brown, cette fois-ci chez Tate Taylor dans "Get on up", un film jalonné de nombreuses chansons, sur lesquelles,Chadwick Boseman chante en playback à l'image de "Please, Please, Please".

 
Quelques conseils…
Si vous souhaitez prolonger ce moment dans l'univers des films d'Henri Verneuil, alors optez pour la bande originale du "Clan des Siciliens", d’Ennio Morricone, rééditée en janvier dernier en vinyle par Decca à l'occasion des cinquante ans de la sortie du film. Autre conseil, littéraire cette fois, "Mayrig", le livre des mémoires d'Henri Verneuil, de l'arrivée de sa famille à Marseille en 1920 jusqu'à son ascension sociale dont il a tiré un film et sa suite.

Play list des titres diffusés :
Extrait "Mille Milliards de dollars", disponible en DVD chez Pathé cinéma
Générique, BO "Mille Milliards de dollars", Philippe Sarde
Main title "Le Corps de mon ennemi", Francis Lai
Générique "La vache et le prisonnier", Paul Durand
"La Piscine (final)", BO "Mélodie en sous-sol", Michel Magne
"Love Theme" from "Guns for San Sebastian", BO "La Bataille de San Sebastian", Ennio Morricone
"Dialogo N°2", BO "Le Clan des Siciliens", Ennio Morricone
"Le Clan des Siciliens", Dalida
"Theme de la fête foraine", BO "Peur sur la ville", Ennio Morricone
"Mayrig main theme", BO "Mayrig", Jean-Claude Petit
"Please, please, please" (live in Tampa 1966), BO "Get on up", James Brown
Générique, BO "Le Mouton à cinq pattes", Georges Van Parys
 
Réalisation technique : Clément Bonsignore

Les dernières émissions

L'émission

Le samedi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr