La saga Star Wars côté musique

Présentée par UA-97694

La Symphonie du cinéma

vendredi 31 juillet à 11h00

Durée émission : 25 min

La saga Star Wars côté musique

© Flickr. Luke Skywalker, chevalier Jedi et R2-D2.

Pour mener à bien un tel projet, il fallait à George Lucas un compositeur à la mesure de l’ambition que représentait Star Wars en 1977. Quarante-deux ans plus tard, John Williams signe la BO du IXe volet, L’Ascension de Skywalker, sur les écrans à partir du 18 décembre. Retour en musique cette semaine sur le plus grand space opera de l’histoire du cinéma.

Saga mythologique, space opera, western de l’espace, les adjectifs sont nombreux pour définir Star Wars, quarante-deux ans après sa sortie en 1977. Une saga qui comptera à partir de la semaine prochaine un neuvième volet, baptisé L’Ascension de Skywalker, réalisé par J.J. Abrahams. La Symphonie du cinéma prend de la hauteur cette semaine pour évoquer un mythe de la pop culture mondial, largement influencé par la littérature, l’Histoire, la mythologie et la religion et qui a réussi le tour de force de devenir un objet unique, en créant un univers à nul autre pareil qui pénètre les esprits pour longtemps.

En attendant la sortie mercredi prochain du 9e épisode de la saga, vous avez pu entendre la bande annonce française de L’Ascension de Skywalker, qui intervient deux ans après Les Derniers Jedis. J.J. Abrahams, déjà réalisateur du 7e épisode, Le Réveil de la force en 2015, a eu le privilège de boucler cette troisième trilogie, point d’orgue des aventures de Luke Skywalker, qu’incarne depuis les débuts en 1977, l’acteur Mark Hamill. La prochaine trilogie, qui ne débarquera pas avant trois ou quatre ans, sera, annonce-t-on, novatrice et radicalement différente.

Il y a longtemps dans une galaxie lointaine, très lointaine… des combats mettent aux prises des chevaliers Jedi et des seigneurs noirs Sith, ayant basculé du côté obscur de la Force, un mystérieux champ énergétique procurant des pouvoirs immenses. A l’opposé, les Jedis, sortes de samouraïs de l’espace, concentrent leur énergie pour maintenir la paix au sein de la République galactique ayant pour capitale la planète Coruscant. Mais sécessions et guerres y sont plus fortes. Et pour y mettre fin, la République est remplacée par un Empire autoritaire, dirigée par le chancelier Palpatine…
Voilà survolée en quelques phrases la quintessence de Star Wars et son générique défilant flamboyant, sublimé par la musique de John Williams, que découvraient dans les salles françaises des spectateurs éblouis, le 19 octobre 1977.
De parents méthodistes, mais élevé par une gouvernante luthérienne, George Lucas, qui se revendique agnostique, a cependant largement nourri son oeuvre de références bibliques et religieuses, mais aussi des spiritualités orientales, de chamanisme et des mythologies antiques. Une dimension qui a largement contribué à la construction du mythe Star wars. « Je n’ai pas voulu inventer une religion. J’ai voulu essayer d’expliquer de façon différente les religions », précise George Lucas.

Aux côtés d’Ennio Morricone, de Maurice Jarre, John Barry et bien d'autres encore, John Williams, l’homme aux cinq Oscars et aux 51 nominations, qui fêtera ses 88 ans le 8 février, fait partie des compositeurs de musiques de films les plus influents et les plus célèbres du cinéma.
C'est Steven Spielberg au mitan des années 70 qui lui présente George Lucas à la recherche d’un compositeur de style classique capable de mettre en musique son projet de western spatial sous la forme d’une trilogie ambitieuse reposant sur la dichotomie entre le Bien et le Mal.

En France, comme aux Etats-Unis et dans le reste du monde, le succès est immédiat. Personne, ni George Lucas, ni John Williams, ne l’avaient pourtant vraiment prévu. En tout cas pas à un tel niveau. Avant Star Wars, la musique des films de science fiction penchait plutôt vers la musique électronique expérimentale, excepté pour 2001, L'Odysée de l'espace, de Stanley Kubrick qui avait choisi des morceaux tirés du répertoire classique. Et c'est ce que George Lucas, dans un premier temps, avait essayé de faire pour Star Wars en optant pour des morceaux de Ravel ou Stravinsky. Mais il manquait l’essentiel : du rythme et de la grandiloquence… John Williams allait remédier au problème à l’image de L’Attaque impériale que nous venons d’entendre.

The Asteroid field, fortement influencé par le thème de Dark Vador, tiré de l’épisode V, L’Empire contre-attaque, en 1980, où John Williams donne toute la mesure de son talent de compositeur en créant une musique vivante, presque palpable collant à merveille avec les images. Fils d'un percussionniste professionnel, pour CBS Radio, John Williams commence à apprendre le piano à 7 ans, puis apprend le trombone, le tuba, la trompette et dès quinze ans mène déjà son propre groupe de jazz et s'essaie à l'arrangement. Ses parents déménagent l’année suivante à Los Angeles où il intégrera la prestigieuse UCLA. Il va ensuite étudier l'orchestration avec Robert Van Eps, de la MGM, et diriger ses premiers orchestres.

La Marche impériale, morceau culte pour tous les fans de Star Wars, associé au thème de Dark Vador, que l’on retrouvera dans le 9e épisode L’Ascension de Skywalker sur les écrans mercredi prochain, ainsi que d’autres grands thèmes revisités du compositeur qui a su, comme personne, traverser les époques et les générations. Des Dents de la mer à Harry Potter, John Williams touche les mélomanes de tous âges. Sa musique possède un vrai souffle. Car l’un des plus grands dangers pour un compositeur de musique de films est d’avoir le souffle court en écrivant uniquement des interventions musicales courtes pour souligner l'action. Mais John Williams n'a jamais vraiment eu ce problème tant sa musique semble être naturelle et facile.

La musique de John Williams possède une qualité indéniable qui l’a rend universelle car elle constitue une porte d’entrée formidable vers la musique classique. Le fait est qu’elle devient opératique et rappelle Wagner ou Carl Orff sur Duel of the fates, pièce maîtresse, tirée de La Menace fantôme, premier volet de la deuxième trilogie ou prélogie, sortie en 1999 où l’on remonte le temps pour découvrir la jeunesse d’Anakin Skywalker avant que celui-ci ne devienne un Jedi, puis plus tard l’effroyable Dark Vador...

En 2002 sort sur les écrans L’Attaque des clones, second volet de la prélogie, toujours signé George Lucas dont nous venons d’entendre le thème amoureux Across the stars. L'histoire de cet épisode se déroule dix ans après les événements de La Menace fantôme alors que la galaxie est au bord de la guerre civile. Influencés par le maléfique Comte Dooku (joué par le grand Christopher Lee), des milliers de systèmes planétaires menacent de faire sécession.
La principale opposante à ce projet, la sénatrice Padmé Amidala (incarnée par Natalie Portman), est visée par une tentative d’assassinat et se voit affecter comme protecteur l'apprenti Jedi, Anakin Skywalker qu’incarne Hayden Christensen. Le mentor de ce dernier, Obi-Wan Kenobi (joué par Ewan McGregor après que le rôle ait été tenu dans les premiers épisodes par Alec Guinness), est, quant à lui, chargé de démasquer les commanditaires.
En 2005, les choses se compliquent pour Anakin qui tel Mephisto aux enfers bascule du côté obscur de la Force après un homérique combat faustien avec son mentor dans une scène devenue mythique au-dessus d’une rivière de feu incandescente sur la planète Mustafar…

Le titre Battle of the heroes, extrait de La Revanche des Sith, thème musical récurrent de la deuxième trilogie Star Wars, composé par John Williams à la demande de George Lucas qui souhaitait un pendant tragique à Duel of the Fates. Le final du film fait le lien avec l'épisode IV, sorti au cinéma vingt-huit ans plus tôt. Grandiose et tragique, le morceau est interprété par le London Symphony Orchestra et les London Voices.

Le calme et la quiétude après la fureur et la tempête, ici concentrés dans le titre Han et Leia, présent dans les épisodes V, VI et VII, Le réveil de la force venant souligner les sentiments entre le corsaire de l’espace Han Solo, inoubliable Harrison Ford et la Princesse Leia, toute aussi inoubliable Carrie Fisher. Car si Star Wars est réputé pour ses combats aux sabres lasers, il l’est aussi à travers ses histoires d’amour, que ce soit celle d’Han Solo et Leia Organa, qui au départ avait plutôt mal commencé, ou celle d’Anakin Skywalker et Padmé Amidala.
 
La Minute Judy Garland
Cette semaine, La Minute Judy Garland célèbre l’anniversaire d’un monument de la deuxième moitié du XXe siècle, à la fois chanteur et acteur, né un 12 décembre 1915 à Hoboken dans l’Etat du New Jersey. Surnommé tantôt The Voice; Ol' Blue Eyes ou encore The Chairman of the Board, Frank Sinatra demeure 21 ans après sa disparition en 1998 l’incarnation de la musique américaine romantique. Alors au fond du gouffre, la légende veut qu’en 1953, Ava Gardner en personne, mais aussi la mafia, seraient intervenues pour qu’il figure au générique de Tant qu'il y aura des hommes, Here from eternity, dans son titre original qui est aussi l’une des deux chansons que compte le film porté par le trio Burt Lancaster-Deborah Kerr et Montgomery Clift.

Quelques conseils...
Et tout d’abord Star Wars : femmes de la galaxie, un passionnant livre collectif paru au printemps dernier chez Huginn & Muninn qui célèbre les personnages féminins de la saga... 75 portraits en tout, mis en image par des artistes féminines, regorgeant d'anecdotes et de secrets de coulisses. Et puis pour joindre les images à la musique, sachez que l’intégrale de la saga est disponible en coffret 9 DVD ou 9 Blue ray, une édition Fox Pathé Europa.

Et on se quitte avec The Rebellion is reborn extrait du 8e volet, Les Derniers Jedi, sorti en 2017 et réalisé par Rian Johnson. Troisième long métrage produit par Lucasfilm depuis son rachat par Walt Disney en 2012, dédié à l'actrice Carrie Fisher, décédée en décembre 2016, juste après la fin du tournage.  

 
Play list des titres diffusés :
Extrait Star Wars IX, L’Ascension de Skywalker
Opening scene, from Star Wars IV A New Hope, John Williams
Binary sunset, BO Star Wars IV, Un Nouvel Espoir
Hologram, BO Star Wars IV, Un Nouvel Espoir
Imperial Attack, BO Star Wars IV A New Hope
The Asteroid field, BO Star Wars V The Empire strikes back
Imperial march, BO Star Wars VI The return of the Jedi
Duel of the fates, BO Star Wars I La Menace fantôme
Across the stars (love theme), BO Star Wars II L’Attaque des clones
Battle of the heroes, BO Star Wars III La Revanche des Sith
Han et Leia Star Wars VII, BO Le Réveil de la force
Here from eternity, Frank Sinatra from Here from eternity movie soundtrack
The Rebellion is reborn, BO Star Wars VIII Les Derniers Jedi

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"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr