Le pouvoir de remonter le temps au cinéma

Présentée par

La Symphonie du cinéma

jeudi 7 novembre à 16h30

Durée émission : 25 min

Le pouvoir de remonter le temps au cinéma

© Universal Pictures

Dans les films où l’on remonte le temps, tous les repères sont chamboulés. Les héros retrouvent leurs 16 ans ou leurs parents jeunes et des chevaliers tout droit sortis du Moyen Age cotoient l’époque actuelle. Cette semaine, La Symphonie du cinéma revisite quelques musiques et chansons de films de Steven Spielberg, Robert Zemeckis ou encore Noémie Lvovsky.

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Cette semaine, La Symphonie du cinéma explore le pouvoir de voyager dans le temps et les époques à travers des chansons et bandes originales de films aussi variées que Minority Report, Les Visiteurs ou encore l’excellent Minuit à Paris, de Woody Allen. La sortie, mercredi, de La Belle Epoque, second film de Nicolas Bedos, sera le point de départ de ce voyage aujourd’hui. Un film où Daniel Auteuil, sexagénaire désabusé, revient vingt ans en arrière, par la magie d’une entreprise d’un nouveau genre, qui replonge ses clients dans leur passé et pour lui, ce sera dans la semaine la plus marquante de sa vie…

La bande annonce de La Belle Epoque, avec Daniel Auteuil mai aussi Guillaume Canet, Doria Tillier et Fanny Ardant, en salle depuis mercredi, suivi d’Alain Souchon qui chantait J’ai 10 ans, en 1974, un des nombreux titres préexistants autres que ceux d’Anne-Sophie Versnaeyen, compositrice attitrée, qui figurent sur la  bande originale de cette histoire qui traite, je cite Guillaume Canet : de «  l'hystérisation technologique qui nous gagne et du fantasme d'un retour à une certaine nostalgie. »
Alors, le thème du voyage spatio-temporel n’est pas récent au cinéma. Déjà en 1937, Christian-Jaque en fait le sujet de son film avec un Fernandel en habit de comédien de théâtre, mort de trac et hypnotisé, qui se réveille à la cour de François Ier. En 1949 dans Un Yankee à la cour du Roi Arthur, de Tay Garnett, c’est Bing Crosby qui se retrouve propulsé dans le passé. Il utilisera ses connaissances d’ingénieur pour faire croire qu’il est un puissant magicien. Et bien sûr, en bon crooner, interprète des chansons à plusieurs reprises dont ce Busy doing nothing ou « occupé à ne rien faire » si vous préférez…   

Bing Crosby, chanteur et acteur dans Un Yankee à la cour du Roi Arthur, de Tay Garnett, en 1949 aux côtés de Rhonda Fleming, actrice américaine vedette des années 50, connue surtout pour son rôle dans Règlements de comptes à O.K. Corral. Continuons à remonter le temps pour nous arrêter en 1981 et à un film : Bandits, bandits : Time bandits, dans son titre original, que l’on doit au Britannique Terry Gilliam, réalisateur à l’univers baroque, qui 4 ans avant Brazil, met en scène l’histoire d’un jeune garçon dont l’armoire est l'extrêmité d'un tunnel spatio-temporel et qui va se retrouver transporté dans le passé. Il va ainsi traverser la bataille de Castiglione, la forêt de Sherwood, ou encore assister au naufrage du Titanic. Autant de situations qui le conduiront à affronter un mystérieux démon qui convoite une carte pour se libérer de la Forteresse des Ténèbres qui le retient captif. Sean Connery a revêtu les habits du Roi Agamemnon tandis que la musique est signée du compositeur anglais Mike Moran et comporte aussi des chansons de l’ex-Beatles George Harrison dont Dream away.

Accélérons la machine à remonter le temps pour nous téléporter en 1984 à présent chez James Cameron qui signe cette année-là un long métrage qui allait devenir un modèle du film d’action et d’anticipation et faire décoller la carrière d’un certain Arnold Schwarzenegger, star hollywoodienne dominante des années 80 et 90. Terminator décrit un monde apocalyptique où l'humanité,  décimée par un holocauste nucléaire, subit la suprématie des machines sur les hommes. La résistance humaine, étant sur le point de triompher en 2029, un cyborg du nom de Terminator est envoyé dans le passé afin de tuer la mère du futur chef de la résistance et ainsi empêcher sa naissance. La musique, devenue tout aussi célèbre, est quant à elle de Brad Fiedel à qui l’on doit également les bandes originales de Terminator 2 et True Lies, toujours de James Cameron. 

Le titre principal de la bande originale de Brad Fiedel, angoissant et efficace à souhait, pour Terminator, énorme succès au box office dans le monde entier qui sera suivi, huit mois seulement après sa sortie aux Etats-Unis, d’un autre film culte, qui lui aussi donnera naissance à plusieurs épisodes et qui dépeint un quotidien nettement moins sombre à travers la figure juvenile de Michael J. Fox, propulsé en 1955 à la grâce d’une voiture et de l’invention d’un savant doux dingue répondant au surnom de Doc.
Vu par près de 3 millions 500 000 spectateurs en France, Retour vers le futur, comédie pétillante américaine par excellence de Robert Zemeckis, est portée par une  mise en scène très rock’n’roll et par les mega tubes Back in time et The Power of love, de Huey Lewis. 

Huey Lewis chantant The Power of love, « le pouvoir de l’amour » dans Retour vers le futur qui sera suivi de deux suites. D’abord en 1989, puis en 1990. Dans les années 90, justement, plusieurs films prendront pour thème les failles spatio-temporelles. C’est le cas en 1993 dans Un Jour sans fin où Bill Murray revit chaque matin la même journée.  En 1995, on retrouve Terry Gilliam pour L’Armée des 12 Singes qui confie à Bruce Willis, le rôle d’un prisonnier, envoyé dans le passé pour recueillir des informations sur l'origine d’un virus qui décime l’humanité.
En France, un film dépasse les 13 millions d’entrées durant l’année 1993 et consacre le grand retour de la passion des Français avec leur Histoire. Incarnés par Jean Reno et Christian Clavier, Les Visiteurs va rendre célèbre le groupe Era, projet musical fondé par le musicien français Éric Lévi, et sa musique néogothique ou new age, c’est selon.

Le haut Moyen Age et la musique d’Era dans Les Visiteurs, de Jean Poiré qui va faire vivre un véritable choc culturel à ses personnages centraux que sont Jean Reno et Christian Clavier, alias Godefroy le hardi, comte de Montmirail et son valet Jacquouille, envoyés dans le futur, 870 ans plus tard.
D’autres films, plutôt que de retourner en arrière font le choix de se transposer dans le futur. En 1944, déjà, René Clair dans C’est arrivé demain raconte la stupéfaction d’un homme qui reçoit chaque matin le journal du lendemain et les nouvelles sur des événements ne s’étant pas encore déroulés. Comment ne pas évoquer La Planète des singes, de Franklin J. Schaffner en 1968 et le destin d’une mission spatiale s’échouant sur une planète étrange où des singes évolués, doués de parole, se sont organisés en société à l’image des humains. On peut encore citer Superman, de Richard Donner en 1978 ou encore Minority report, plus récemment, dans lequel Tom Cruise, cyber policier du futur, chargé d’arrêter les criminels juste avant qu’ils ne commettent leurs méfaits, va être lui-même traqué pour un crime qu’il n’a pas encore commis.   

Le thème vif et trépidant de John Williams, associé à la poursuite de Tom Cruise par ses anciens partenaires : Anderton’s great escape, extrait de Minority report, l’excellent film de Steven Spielberg, sorti en 2002.  J’aurais pu aussi vous parler de L’Effet papillon, d’Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, du très beau film d’animation du Japonais Mamoru Hosoda La Traversée du temps ou encore de Men in black 3, autant de films traitant du voyage dans le temps mais une émission n’y aurait pas suffi. En revanche, je vous propose d’écouter Au bord des océans, chanson écrite et interprétée par Gaëtan Roussel, leader emblématique du groupe Louise attaque qui sert de générique de fin à Camille redouble, le film de Noémie Lvovsky, sorti en 2012, où une quadragénaire se retrouve dans la peau d’une adolescence, âgée de 16 ans.

La Minute Judy Garland

Cette semaine dans La Minute Judy Garland… il est question de fraternité et d’hommes de bonne volonté. Le 9 novembre 2005 sort sur les écrans Joyeux Noël, l’histoire réelle d’une trêve spontanée le temps du réveillon de Noël 1914 entre soldats français et allemands dans les tranchées du Nord. Christian Carion à la caméra filme Guillaume Canet, Diane Krüger et Danny Boon tandis que la partition est elle signée Philippe Rombi, également au piano, qui dirige dans le morceau I’m dreaming home la Chorale Scala-London Symphony Orchestra et la soprano Natalie Dessay.      

Quelques conseils pour prolonger :

Voyages dans le temps: Paradoxes spatiotemporels au cinéma, d’Alain Pelosato, un livre paru en janvier dernier aux éditions SFM qui dresse un inventaire fourni des films traitant du sujet. Pour les cinéphiles que vous êtes sûrement, tous les films cités sont disponibles en DVD voire blue ray, l’occasion de vous replonger dans l’univers de Robert Zemeckis, de James Cameron ou de Steven Spielberg pour ne citer qu’eux…
Et on se quitte avec Si tu vois ma mère, de Sydney Bechet, morceau phare de la bande originale de Minuit à Paris, de Woody Allen, en 2011, où un touriste américain, joué par Owen Wilson, replonge chaque soir lorsque sonne minuit dans le Paris artistique des années 20 où il croise Cole Porter, Picasso, Dali, Man Ray ou encore Luis Buñuel.

 
Play list des titres diffusés :

Extrait de La Belle Epoque
J’ai 10 ans
, Alain Souchon
Busy doing nothing, Bing Crosby, BO de Un Yankee à la cour du Roi Arthur
Dream away, George Harrison, BO Bandits, bandits
Terminator, main title, Brad Fiedel
The Power of love, Huey Lewis, BO Retour vers le futur
Enae volare, Era, BO Les Visiteurs
Anderton's Great Escape, John Williams, BO Minority Report
Au bord des océans, Gaëtan Roussel & Joseph Dahan, BO Camille redouble
I'm Dreaming of home, Hymne des Fraternisés, BO Joyeux Noël
Si tu vois ma mère, Sydney Bechet , BO de Minuit à Paris

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L'émission

Le jeudi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr