Les musiques de films de Daniel Auteuil

Présentée par

La Symphonie du cinéma

jeudi 27 février à 16h30

Durée émission : 25 min

Les musiques de films de Daniel Auteuil

© Wikepedia.org

Acteur de la génération des Depardieu, Anconina, Lanvin et autre Lhermitte, Daniel Auteuil est depuis 45 ans une valeur sûre du cinéma français. Cette semaine, baladons-nous en compagnie de quelques musiques de ses films

Il est un de ces acteurs français en activité qui compte. Longtemps cantonné à des rôles comiques dans des films français populaires, Daniel Auteuil s’est par la suite affirmé et construit une filmographie remarquable chez Sautet, Téchiné, Chéreau, Wargnier, Patrice Leconte ou encore Claude Berri qui lui offre en 1986 le rôle d’Ugolin, l’un des rôles de sa carrière dans Jean de Florette et Manon des sources.
 

Qualifié de mystérieux et d'insaisissable, par Michael Haneke, Daniel Auteuil possède ce quelque chose d’énigmatique qui plaît aux réalisateurs. Pourtant, on était loin d’imaginer une telle carrière au début des années 80 lorsque sort sur les écrans Les Sous-doués, une satire potache de Claude Zidi devenue culte… Le film, qui conte le quotidien de lycéens d'un cours privé parisien, réunit en 1980 près de 4 millions de spectateurs. Daniel Auteuil excèlle dans le rôle d’un bout-en-train prêt à tout pour obtenir son bac sans effort. Gags en cascade et chahut permanent s’opposent à la rigueur de Maria Pacôme en directrice fantasque.
Un an plus tard, Claude Zidi reprend les mêmes ingrédients et la même équipe, augmentée de Guy Marchand et de Grace de Capitani pour Les Sous-doués en vacances qui contient le légendaire Destinée que nous venons d’entendre dans une variation du thème en reggae, alors que la chanson sera reprise l’année suivante dans une autre comédie mythique : Le Père Noël est une ordure et sa scène d’anthologie entre Thierry Lhermitte et Christian Clavier dansant le slow.
Refermons la parenthèse comique de Daniel Auteuil avec le thème principal de Philippe Sarde pour Que les gros salaires lèvent le doigt, de Denys Granier Deferre, comédie grinçante sur fond de plan social, sortie en 1982.

Dans Que les gros salaires lèvent le doigt, Jean Poiret joue un patron de cabinet d'assurances qui invite pour un week-end tous ses employés dans sa maison de campagne. Mais derrière ce qui semble être une récompense, ce patron cynique cherche avant tout à déterminer lesquels de ses cadres il devra licencier. Toujours en 1982, Daniel Auteuil tourne également une autre comédie à succès au titre tout aussi improbable : Pour 100 Briques t’as plus rien, d’Edourad Molinaro et partage l’affiche avec Gérard Jugnot. Un Edouard Molinaro qu’il retrouvera encore deux fois en 1984 pour Palace et L’amour en douce avant de croiser la route, deux ans plus tard, de Claude Berri qui lui confie le rôle d’Ugolin, paysan simplet, manipulé par un oncle machiavélique, joué par Yves Montand dans Jean de Florette et Manon des sources, deux immenses succès du milieu des années 80 qui feront rentrer Daniel Auteuil dans une autre dimension. 

L’Ouverture de Jean de Florette a été composée par de Jean-Claude Petit pour le film de Claude Berri, sorti en 1986. Une ouverture qui s’inspire de La Force du destin, de Giuseppe Verdi. «  Ugolin, confie Daniel Auteuil, a changé ma vie. Ca m’a permis de faire des films d’auteur. »
En 1986, Michel Deville lui confie un rôle majeur dans Le Paltoquet aux côtés de Michel Piccoli, Richard Bohringer et Philippe Léotard  tandis qu’en 1988, Claude Sautet lui offre dans Quelques Jours avec moi le rôle d’un Pdg dépressif dans cette satire de la bourgeoisie parisienne et provinciale.
Sautons quelque peu les années pour nous arrêter en 1991 à présent. Une année où Daniel Auteuil tourne avec André Téchiné Ma saison préférée et avec Claude Sautet, à nouveau, dans Un Cœur en hiver.

Sur le Trio pour piano, violon et violoncelle, de Maurice Ravel,Emmanuelle Béart, a appris à jouer spécialement du violon pour Un cœur en hiver, avant-dernier film de Claude Sautet, sorti en 1992. Maxime (joué par André Dussolier) et Stéphane (qu’incarne Daniel Auteuil) travaillent ensemble dans l'atmosphère feutrée d'un atelier de lutherie. Un cœur en hiver reçoit le Lion d'argent du meilleur réalisateur à la Mostra de Venise en 1992 et aussi le César du meilleur réalisateur et celui du meilleur acteur dans un second rôle pour André Dussollier. Passons sur Une Femme française, en 1995, grand film de Régis Wargnier pour nous arrêter sur Le Huitième Jour, du Belge Jaco Van Dormael l’année suivante, film sur la tolérance et très grand succès critique et public pour Daniel Auteuil.

Harry est un homme seul qui se voue sept jours sur sept à son travail. Mais tout va basculer le jour où il rencontre Georges, incarné par Pascal Duquenne, atteint de trisomie, qui va lui faire découvrir une autre manière de considérer la vie. Ces deux êtres que tout oppose vont devenir inséparables. Porté par les chansons de Luis Mariano, dont L’Amour est un bouquet de violettes, Le Huitième Jour fait sensation au festival de Cannes en mai 1996 qui décerne conjointement le prix d'interprétation masculine à Daniel Auteuil et Pascal Duquenne.
Abordons désormais les années 2000 où entre une comédie populaire à succès Le Placard, de Francis Veber en 2001 et Caché, le thriller psychologique de Michael Haneke en 2005, Daniel Auteuil tourne sous la caméra d’Olivier Marchal 36, quai des Orfèvres, un polar à l’ancienne mis en valeur par une très belle bande originale…  

Le titre Camille du prénom que porte Valeria Golino, épouse de Daniel Auteuil dans le second film d’Olivier Marchal, pour la très belle BO de 36, quai des Orfèvres, que l’on doit à Erwann Kermorvant et Axelle Renoir. Un film noir à tous les sens du terme où il est question de guerre des polices et de corruption sur fond de traque d’un gang, inspiré du véritable gang des postiches, à l'origine de vingt-sept attaques de banques à mains armées à Paris entre 1981 et 1986.
Evoquons à présent le Daniel Auteuil, réalisateur. Alors qu’il vient de fêter ses 60 ans, il décide de s’attaquer en 2010, à son tour, à Marcel Pagnol et à La Fille du puisatier, classique en noir et blanc des années de guerre. Il endosse 70 ans après Raimu le rôle de Pascal Amoretti, le puisatier, rongé par le chagrin et la culpabilité d’avoir répudié sa fille, tombé enceinte accidentellement.
« Quand j’ai pensé à la réalisation, j’ai vite compris que ce désir-là ne pouvait passer que par Pagnol, confie Daniel Auteuil, parce que je devais être sincère et que seul Pagnol pouvait me permettre ça. Je viens d’un milieu ouvrier du sud de la France et cette histoire, je la connais, je sais intimement de quoi ça parle, et comment il fallait en parler. »

La Solitude d’Amoretti est un des titres qui compose la très belle bande originale de La Fille du puisatier nouvelle version, composée par Alexande Desplat, compositeur phare du cinéma français et mondial dont Daniel Auteuil s’est adjoint les services en 2011. Deux ans plus tard, sont portés à l’écran Marius, puis Fanny, autres œuvres cultes de Marcel Pagnol, premier et second volet de la Trilogie dite marseillaise… Daniel Auteuil continue ainsi son exploration de la culture populaire méridionale.
Dans les années 2010, l’acteur renoue avec la comédie, tournant tour à tour Entre amis d’Olivier Baroux, Nos Femmes, de Richard Berry ou encore Les Naufragés, de David Charhon.
Une belle décennie, marquée aussi par quelques beaux films dont Jappeloup et Avant l’hiver, en 2013 mais aussi Le Brio, d’Yvan Attal en 2017 dans le rôle d’un professeur d’université aux méthodes particulières, sans oublier l’année précédente Les Confessions, réalisé par Roberto Ando qu’il retrouvait douze ans après Le Prix du désir. Les Confessions et son ambiance baignée par la musique du Voyage d’hiver, de Franz Schubert s’entremêlant à celle de Nicola Piovani.
Une occasion pour souligner, ici, la collaboration de Daniel Auteuil avec un réalisateur majeur du cinéma italien, après avoir tourné avec d’autres cinéastes transalpins de premier plan : Sergio Gobbi en 1984 pour L’Arbalète, Paolo Virzi en 2006 pour Napoléon (et moi) et Michele Placido en 2012 pour Le Guetteur.  

 
La Minute Judy Garland

Cette semaine dans La Minute Judy Garland… nous fêtons deux anniversaires. Celui de la naissance d’Elisabeth Taylor, tout d’abord, née le 27 février 1932… mais aussi celui de Miou-Miou qui a fêté ses 70 ans, le 22 février et qui chante en 1974 J’ai peur du noir, j’ai peur du loup, en duo avec Nathalie Courval sur une musique de Karl-Heinz Schäfer, dans Tendre Dracula,  un ovni cinématographique, sorte de comédie de genre érotico-fantastique, de Pierre Grunstein, qui conte l’histoire d’un comédien spécialisé dans l'horreur, qui ne veut plus tourner que dans des films romantiques.

 

Quelques conseils pour prolonger

Tout sur Federico Fellini, un ouvrage collectif paru le mois dernier chez Gremese. Une encyclopédie de référence de près de 570 pages richement documentées sur le Maestro. Autre conseil de lecture Belmondo, de Sophie Delassein, paru chez Gründ, un livre sur l’acteur et sa carrière flamboyante, racontée ici en événements et en images.
Et puis, vous pouvez, bien sûr, voir et revoir les films avec Daniel Auteuil cités aujourd’hui dans cette émission dont La Belle Epoque, le film de Nicolas Bedos, sorti au mois de novembre avec lequel nous nous quitterons et dont le DVD et blue ray sortiront, sachez-le, le 11 mars.
Un film à la très belle bande originale, composée par la jeune musicienne Anne-Sophie Versnaeyen, disponible également en CD avec laquelle je vous propose de nous quitter en écoutant le titre Soirée Hemingway

 

Play list des titres diffusés

Bande annonce Les Sous-doués
On a un grand poil dans la main, Les Sous-doués passent le bac, Daniel Auteuil
Saint-Tropez reggae, BO Les Sous-doués en vacances, Vladimir Cosma
Que les gros salaires lèvent le doigt thème principal, Philippe Sarde
Ouverture de Jean de Florette, BO Jean de Florette, Jean-Claude Petit
Trio pour piano, violon et violoncelle, de Maurice Ravel, BO Un Cœur en hiver
L’Amour est un bouquet de violettes, BO Le Huitième Jour, Luis Mariano
Camille, BO 36, Quai des Orfèvres, Erwann Kermorvant et Axelle Renoir
La Solitude d’Amoretti, BO La Fille du puisatier, Alexandre Desplat
Die Winterreise, D911 lied 24 Der Leiermann, BO Les Confessions, Franz Schubert
J’ai peur du noir, j’ai peur du loup, Miou-Miou, Nathalie Courval, BO Tendre Dracula
Soirée Hemingway, BO La Belle Epoque, Anne-Sophie Versnaeyen

Les dernières émissions

L'émission

Le jeudi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr