Parents-enfants : quelle famille !

Présentée par UA-57932

La Symphonie du cinéma

vendredi 26 juillet 2019 à 11h00

Durée émission : 25 min

Parents-enfants : quelle famille !

© NAC Films/M6 Films et SND Groupe M6

Retrouvons à présent Fabien Genest et La Symphonie du cinéma qui est consacrée cette semaine aux relations entre parents et enfants au cinéma à travers quelques films et bandes originales. Aujourd'hui, les compositeurs à l'honneur ont pour noms: Alberto Iglesias, Nicola Piovani, Mark Isham ou encore Yann Tiersen.

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Depuis hier, les aventures du plus célèbre adulescent du cinéma français, comme on désigne ces jeunes adultes qui diffèrent leur départ du nid familial, est sur les écrans, presque vingt ans après le succès de cette comédie sociale, signée Etienne Chatilliez. Une comédie dont le titre est passé dans la langage commun au point de devenir une antonomase, cette figure de style qui consiste à utiliser un nom propre, comme nom commun, pour nommer une attitude ou un trait de caractère.  Un Tanguy désigne, en effet, un jeune homme qui ne parvient pas à couper le cordon et à voler de ses propres ailes.
Poursuivons notre exploration sonore dans l’univers des liens familiaux pour nous arrêter sur une autre comédie grinçante, sortie en 2013, avec Louis Garrel et Valeria Bruni Tedeschi devant et derrière la caméra…

Che Bambola, (Quelle poupée en français), une chanson de 1956 de Fred Buscaglione, chanteur de variétés vedette des années 50-60, que l’on retrouve dans Un Château en Italie, une histoire sur les sentiments au sein d’une famille de la bourgeoisie italienne à travers plusieurs personnages dont Louise, comédienne en pleine crise de la quarantaine, tiraillée entre un frère gravement malade, sa mère qui vit mal le déclin financier de sa famille,  et un amour naissant…

Vous avez reconnu sans aucun doute la voix grave et inimittable de Jean Gabin qui endosse en 1970 la veste d’un agriculteur pour Pierre Granier-Deferre dans La Horse. La horse, nom en argot donné à l’héroïne au centre de l’action de ce film, tourné dans le bocage normand, où Jean Gabin joue un patriarche rigide et craint qui va aller jusqu’au bout pour sauver non pas son fils mais son petit-fils, empêtré dans un sombre trafic de drogue. La musique, à la fois pop et symphonique, est signé du duo Jean-Claude Vannier Serge Gainsbourg, le haut de gamme de la pop française de l’époque qui allait donner naissance, l’année suivante, au grand album de Gainsbourg , Melody Nelson.

La musique mélancolique et d’une rare beauté de Yann Tiersen, vous l’aurez peut-être reconnue, là aussi, si vous avez vu le film de Wolfgang Becker Good Bye Lenin !, qui raconte, à travers le portrait d’une famille monoparentale, la chute du mur de Berlin et de l’idéal communiste de la RDA que s’efforce de prolonger Alexander, afin de préserver sa mère, victime d’un AVC et qui ne sait pas que le pays qu’elle a connu n’existe plus. Un grand succès de l’année 2003, illustré avec brio par la musique incarnée et sensible du Breton Yann Tiersen.  
La figure maternelle et la relation mère-fils est au cœur de nombreux films. Parmi quelques-uns, on peut citer entre autres ceux de Xavier Dolan : Mommy, en 2014, et J’ai tué ma mère, en 2009, Mia Madre, de Nanni Moretti en 2015, ou encore Tout sur ma mère, de Pedro Almodovar, il y a tout juste 20 ans, grand film de l’Espagnol, porté par le deuil comme fil conducteur, mais cette fois-ci le deuil du fils qu’a perdu Manuela, incarnée par Cecilia Roth en mater dolorosa.

Soy Manuela, extrait de la bande originale pour Tout sur ma mère, d’Alberto Iglesias, compositeur fétiche de Pedro Almodovar. (…) Je vous propose à présent de nous transporter dans les plaines du Montana où en 1992 Robert Redford tournait l’un de ses films les plus sensibles, le destin de deux frères et d’une famille, au début du XXe siècle, dont le père est pasteur et qui inculque à ses deux enfants sa passion pour la pêche à la mouche malgré leurs tempéraments opposés. Elle sera ce qu’il reste une fois la mort de leur père et celle de Paul, le plus jeune des deux, le plus éffronté aussi, joué par Brad Pitt.

Le thème signé Mark Isham pour le film de Robert Redford Et au milieu coule une rivière, adapté du roman autobiographique de Norman Maclean, qui vient souligner toute la poésie des paysages du Montana, état du nord des Etats-Unis, réputé pour ses rivières.
Plongeons à présent dans une autre ambiance avec cette bande originale que voici…

Fortress, extrait de la bande originale de Captain Fantastic, sorti en 2016, et réalisé par l’Américain Matt Ross. L’occasion à présent d’aborder les familles atypiques. Dans Captain Fantastic, Viggo Mortensen joue un père dévoué qui se consacre, avec sa femme, à l'enseignement et à l’éducation de leurs six enfants dans les forêts du Nord-Ouest Pacifique, où tout ce petit monde vit totalement isolé de la société. Mais une tragédie se produit, qui force la famille à quitter son paradis et à se confronter aux périls du monde…

L’innocence, la pureté et l’amour d’un père pour son fils condensés dans cette musique célèbre du compositeur italien Nicola Piovani pour La Vie est belle, de et avec Roberto Benigni dans le rôle d’un père qui déploie des trésors d’inventivité pour cacher à son petit garçon, formidable Giorgio Cantarini, la triste réalité de la guerre et de l’internement dans un camp de prisonniers de l’armée allemande.
La fin de l’enfance et les premières désillusions servent, quant à elles, de fil rouge en 1990 au beau film de Diane Kurys La Baule les Pins qui met en scène le délitement familial vécu au cours d’un été par deux sœurs dont l’aînée Frédérique, jouée par Julie Bataille, qui s’éveille au monde des adultes.

Julie Bataille qui chante, ici sur le générique de fin de La Baule les Pins, La Bouche pleine de sable, épilogue d’un été, celui de ses 13 ans, qui s’achève tout comme son enfance et l’histoire d’amour de ses parents. Le divorce, voilà un des autres thèmes largement traité au cinéma…

Le Concerto pour mandoline allegro, d’Antonio Vivaldi dont la gaieté tranche avec le sujet grave du film de Robert Benton, Kramer contre Kramer sorti en 1979. L’histoire d’une séparation racontée à travers les relations, d’abord difficiles, entre Billy, 7 ans, et un père trop absorbé par son travail de publicitaire pour jouer vraiment son rôle mais que la séparation va complètement transformer au point de nouer une relation père-fils très forte. Le  film obtiendra cinq récompenses aux Oscars dont celles du meilleur film, du meilleur acteur pour Dustin Hoffmann et du meilleur second rôle féminin pour Meryl Streep qui campe une mère émotive et instable. 

La Minute Judy Garland
Cette semaine dans La minute Judy Garland, remontons le temps pour nous arrêter en 1954. Il y a 65 ans, Richard Fleischer adaptait Vingt Mille Lieues sous les mers, le célèbre roman de Jules Verne avec James Mason dans le rôle du capitaine Nemo et Kirk Douglas dans celui d’un harponneur, fier à bras qui chante A whale of a tale, Une histoire de baleine et joue du ukulélé…

Quelques conseils pour prolonger cette émission :

Almodovar best of, un coffret 2 CD de chansons des films du cinéaste espagnol, paru en 2011 chez Parlophone.  S’il fallait ressortir du lot qu’une seule bande originale parmi toutes celles citées, alors, ce serait celle de Good bye Lenin ! de Yann Tiersen tant elle est réussie et indissociable du film de Wolfgang Becker. Un dernier conseil lecture enfin, La Famille au cinéma : regards juridiques et esthétiques, d’Estelle Epinoux-Pougnant et Magalie Flores-Lonjou, paru en 2016 aux éditions Mare et Martin.
Et on se quitte avec la musique de No Leave, no trace, signée Dickon Hinchliffe pour le film de Debra Granik, sorti à l’automne dernier,  l’histoire de Tom, une adolescente de 15 ans vivant marginalement avec son père, Will, dans la forêt qui borde Portland, dans l’Oregon. Expulsés soudainement de leur refuge, le père et la fille se voient offrir un toit, une scolarité et un travail. Mais alors que le père éprouve des difficultés à s'adapter, Tom découvre, elle, avec envie de nouvelles perspectives.

Play list des morceaux diffusés :
Extrait de Tanguy, film d’Etienne Chatilliez
Les Deux Papillons, musique traditionnelle chinoise
Daydream, The Lovin’ Spoonful
Che Bambola, Fred Buscaglione, BO d’Un Château en Italie
La Horse, thème principal Serge Gainsbourg, BO La Horse
Summer 78, Yann Tiersen, from Good Bye Lenin !
Soy Manuela, Alberto Iglesias, BO de Tout sur ma mère
Et au milieu coule une rivière (A River Runs Through it), Mark Isham
Fortress, Alex Somers, from Captain fantastic
La Vie est belle, Nicola Piovani from La Vie est belle
La Bouche pleine de sable, Julie Bataille, générique de fin de La Baule les Pins
Concerto pour mandoline allegro, Antonio Vivaldi, BO de Kramer contre Kramer,
A whale of a tale, Kirk Douglas from 20 000 Leagues under the sea
Rough country, de Dickon Hinchliffe, from No Leave, no trace

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L'émission

Le samedi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr