Pierre Mondy, sa carrière en musique

Présentée par UA-165792

La Symphonie du cinéma

mercredi 17 mars à 12h00

Durée émission : 25 min

Pierre Mondy, sa carrière en musique

© TF1. Pierre Mondy, inamovible commissaire Cordier, de 1992 à 2008.

Disparu en 2012, il était l'incarnation à l'écran du Français moyen jovial et débonnaire. Pierre Mondy a mené de front théâtre, cinéma et télévision avec un égal bonheur.

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La Symphonie du cinéma est consacrée, cette semaine, à Pierre Mondy, acteur populaire et chaleureux par excellence, représentatif des comédies françaises des années 70. Né un 10 février 1925 à Paris et disparu le 15 septembre 2012, Pierre Mondy, né Pierre Cuq à l’état civil, avait bifurqué avec succès vers la télévision à la fin de sa carrière et bien lui en avait pris lorsque l’on sait qu’il allait y obtenir une des plus belles réussites de sa vie de comédien pendant quinze ans dans le rôle d’un commissaire de police. « Les Cordier juge et flic », puis « Commissaire Cordier » ont fait en effet les beaux soirs de TF1, de 1992 à 2008…
 

« LES CORDIER JUGE ET FLIC », UN RÔLE ET UNE SAGA à LA POPULARITé éNORME 

Frédéric Porte compose en 1992 le générique des “Cordier juge et flic”, grand succès télé des années 90 et 2000. Pierre Mondy y incarne un commissaire de police flegmatique, aidé de Bruno Madinier dans le rôle de son fils, juge d’instruction. Devenue “Commissaire Cordier” en 2005, la série perdurera encore trois ans. Au cinéma, cet ancient élève du cours Simon tournera un ultime film en 2009: ”Un Homme et son chien”, de Francis Huster et avec Jean-Paul Belmondo, puis fera encore quelques apparitions dans des téléfilms comme dans “Kaamelot” en Jules César.
Hasard des choses, c’est avec un autre grand personnage historique que Pierre Mondy allait démontrer en 1960 au cinéma une autre facette de son talent. Plus dramatique celle-là devant la caméra d’Abel Gance dans “Austerlitz” où il incarne alors Napoléon Bonaparte.  
 

NAPOLÉON CHEZ ABEL GANCE

Jean Ledrut compose la partition musicale du film “Austerlitz”, d’Abel Gance. Cette grosse production internationale réunit un casting prestigieux: Jean Marais, Georges Marchal, Vittorio De Sica, Michel Simon, Claudia Cardinale ou encore Orson Welles. Le film fera près de 3 millions et demi de spectateurs en salles et renforcera la notoriété de Pierre Mondy qui tournera d’autres films historiques à succès dans les années suivantes dans des rôles secondaires. Il y aura notamment “Le Comte de Monte-Christo”, de Claude Autant-Lara en 1961 ou encore “Week-end à Zuydcoote”, d’Henri Verneuil en 64 avec René Cloërec à la partition pour le premier et Maurice Jarre pour le second. 
 

« WEEK-END A ZUYDCOOTE » : BELMONDO, MARIELLE ET VERNEUIL

Les plages du Nord en juin 1940, la débâcle sous les bombardements allemands, et les aventures d’une bande de soldats français attendant sur les plages de Zuydcoote leur embarquement pour l'Angleterre. Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle, Georges Géret, François Périer et Pierre Mondy composent le quintette de ce film de guerre adapté du Goncourt de Robert Merle en 1949.
Malgré le sujet, le film donna lieu à de nombreuses blagues durant le tournage, notamment de la part de Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Marielle et Pierre Mondy qui s'amusaient à se déconcentrer mutuellement lors de certaines scènes ou quand il leur prenait l'envie d'arroser de vrais gendarmes en faisant mine de croire qu'il s'agissait d'acteurs. Au passage, Pierre Mondy retrouvait Henri Verneuil presque dix ans après “Des Gens sans importance”, film parfois injustement oublié de la filmographie du réalisateur et de celle de Jean Gabin qui incarne, comme Pierre Mondy, un routier.
Verneuil n’est en tout cas qu’un des nombreux grands réalisateurs avec lequel tourna Pierre Mondy durant toute sa carrière. On a évoqué Abel Gance et Claude Autant-Lara, on peut citer également Yves Allégret, Henri Decoin, Yves Robert, Jean Girault, André Hunnebelle ou encore Costa-Gavras en 1965 pour “Compartiment tueurs”.
 

« COMPARTIMENT TUEURS » : COMMISSAIRE (DEJà) CHEZ COSTA-GAVRAS

C’est une musique aux accents pop que compose Michel Magne pour le film de Costa-Gavras “Compartiment tueurs” où Pierre Mondy joue le rôle d’un commissaire de police, rôle qui reviendra plusieurs fois dans sa carrière, je l’ai évoqué au début de l’émission avec “Les Cordier juge et flic”. Mais c’était déjà le cas au cinéma en 1957 dans “Quand la femme s’en mêle”, d’Yves Allégret ou encore dans “Chéri fais-moi peur”, de Jacques Pinoteau l’année suivante. “Compartiment tueurs” réunit, outre Pierre Mondy, une distribution prestigieuse de grands acteurs du cinéma français d'après-guerre, à l’image d’Yves Montand, Jacques Perrin, Jean-Louis Trintignant, Charles Denner, Michel Piccoli ou encore Simone Signoret.
Quittons les années 60 pour la décennie suivante, très grande décennie pour Pierre Mondy essentiellement dans des comédies à l’image du premier volet d’une trilogie qui allait faire date.  
 

LES ANNÉES 70 ET LA SAGA DE LA 7E COMPAGNIE : INOUBLIABLE SERGENT-CHEF CHAUDARD...

Second plus gros succès français de l’année 1973 derrière “Les Aventures de rabbi Jacob”, “Mais où est donc passée la 7e Compagnie?” consacre les aventures d’un groupe de soldats pas très dégourdis, héros malgré eux de la libération d’autres soldats français faits prisonniers. Robert Lamoureux en signe la réalisation qui sera suivie de deux suites:  en 1975 et en 1977 tandis que le film est porté par la marche militaire parodique d’Henri Bourtayre qui signe la musique de la trilogie et des sept films, par ailleurs, de Robert Lamoureux en tant que réalisateur, lequel reconduisait le trio Pierre Mondy-Jean Lefebvre-Pierre Tornade l’année suivante pour “Impossible… pas français”, comédie franchouillarde et potache délicieusement “seventies”…       
 

« IMPOSSIBLE… PAS FRANÇAIS » TOUJOURS CHEZ ROBERT LAMOUREUX

”Impossible… pas français” sort sur les écrans le 11 décembre 1974 . Dans ce 4e long métrage de Robert Lamoureux, on suit les aventures rocambolesques d’un trio engagé dans une course à l’échalote qui a l’apparence, ici, de la malachite verte. Pierre Mondy, Jean Lefebvre et Pierre Tornade n’ont que quelques jours pour acheminer un chargement de plusieurs tonnes d’Espagne jusqu’au port du Havre s’ils veulent empocher un chèque record. Faute de pouvoir utiliser la voie maritime, la cargaison se fera par voie terrestre et en camion dans une folle odyssée.
 

DES COMÉDIES SENTIMENTALES AUX BRAS DE MIREILLE DARC ET ANNIE GIRARDOT

Fan de jazz inconditionnel, Pierre Mondy aura tenu de nombreux rôles au cinéma en 60 ans de carrière. J’ai évoqué ceux de commissaire à l’écran ou encore d’homme du peuple, mais il joua aussi le rôle d’un Pdg dans les années 70 à la fois chez Edouard Molinaro dans “Le Téléphone rose”, puis dans “Vas-y maman”, deux tendres comédies de 75 et 78, portées par une forte présence féminine: celle de Mireille Darc dans la première et d’Annie Girardot, qu’il appréciait beaucoup, dans la seconde. Le thème que nous venons d’entendre était celui de Vladimir Cosma pour “Le Téléphone rose”, je vous propose d’écouter à présent la chanson du film “Vas-y maman”, que l’on doit à Marie-Paule Belle pour le film de Nicole de Buron qui campe un portrait haut en couleur d’une épouse et mère de famille dévouée mais lassée par les tâches domestiques dans son ménage et qui aspire à une autre vie.      

 

La Minute Judy Garland
Il y a vingt ans, Charles Trénet tirait sa révérence et disparaissait à l’âge de 87 ans. La Minute Judy Garland profite de cet anniversaire pour évoquer, cette semaine, le chanteur au cinéma. Présent dans une douzaine de films, souvent dans son propre rôle, il débute avec une première expérience en 1938 dans « Je chante », de Christian Stengel, qui outre le succès qui donne son nom au film comporte également  cinq autres chansons dont « Les Oiseaux de Paris ». Charles Trénet y incarne le neveu du directeur d’une école de jeunes filles au bord de la ruine. Mais sa joie de vivre et ses chansons vont adoucir les mœurs…

 
Quelques conseils pour prolonger cette émission…
Comme chaque semaine quelques conseils si vous souhaitez prolonger cette émission qui était consacrée à Pierre Mondy. Et tout d’abord deux conseils de lecture : le premier « Pierre Mondy, un grand artiste français », de Yannick Desse paru cet automne aux éditions du Panthéon. Une courte biographie qui revient sur les grandes lignes de sa carrière à travers l’homme qu’il était, unanimement apprécié tant pour ses talents de comédien que pour ses qualités humaines louées par tous ceux qui l’ont côtoyé. Pierre Mondy avait par ailleurs écrit ses mémoires en 2006 dans « La cage aux souvenirs », parues chez Plon en référence à « La Cage aux folles » qu’il avait mise en scène au théâtre en 1974. Un livre disponible d’occasion assez facilement sur internet.
Enfin sachez que la trilogie de Robert Lamoureux et les aventures de la 7e Compagnie et du sergent-chef Chaudard ont fait l’objet d’une sortie en blue ray en 2017 chez Gaumont.
Et on se quitte avec « Police secours », chanson de Louis Chedid présente dans « Pinot simple flic », une comédie de 1984 de et avec Gérard Jugnot où Pierre Mondy joue une fois encore un homme de loi en uniforme.

 
Play list des titres diffusés
Générique « Cordier juge et flic », Frédéric Porte
Extrait « Austerlitz », d’Abel Gance, 1960
« La Marche d’Austerlitz », BO « Austerlitz », Jean Ledrut
Générique, BO « Week-end à Zuydcoote », Maurice Jarre (1964)
 « Compartiment tueurs », BO « Compartiment tueurs », Michel Magne
Extrait «Mais où est donc passée la septième compagnie ? », de Robert Lamoureux, 1973
Générique de fin BO « Mais où est donc passée la septième compagnie ? », Henri Bourtayre
Générique, BO « Impossible… pas français », Henri Bourtayre 
 « Liste rose », BO « Le Téléphone rose », Vladimir Cosma
Extrait bande annonce « Vas-y maman », Nicole de Buron
BO « Vas-y maman », Marie-Paule Belle
« Les Oiseaux de Paris », BO « Je chante », Charles Trénet
« Police secours », BO « Pinot simple flic », Louis Chedid

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L'émission

Le samedi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr