Projet CROMIOSS

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Les Mélodies du soleil

mardi 15 janvier 2019 à 1h00

Durée émission : 30 min

Projet CROMIOSS

Projet CROMIOSS : Les technologies les plus avancées ont été utilisées afin de réaliser une exceptionnelle reconstruction faciale du visage de l’évêque, âgé d’environ 60 ans au moment de son décès.

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Fiona Lebecque, Collaboratrice scientifique et Conservatrice à la Société archéologique de Namurau studio de RCF Namur nous raconte le projet CROMIOSS (Études croisées en Histoire et en sciences exactes sur les mitres et les ossements de l’évêque Jacques de Vitry), porté par la Société archéologique de Namur et soutenu par le Fonds Jean-Jacques Comhaire, géré par la Fondation Roi Baudouin, a mobilisé les technologies les plus avancées afin de tenter de lever le voile d’incertitude entourant les ossements dits de Jacques de Vitry et les mitres du Trésor d’Oignies réputées lui avoir appartenu. 

Lancée en 2015 à l’initiative de la Société archéologique de Namur, l’ambitieuse recherche CROMIOSS a fait appel à l’archéologie, l’anthropologie, la biologie, la chimie, mais également la physique nucléaire dans un seul but : vérifier la théorie selon laquelle l’évêque inhumé au prieuré d’Oignies en 1241 serait également le propriétaire des mitres liées au Trésor d’Oignies. Le projet a bénéficié du soutien du Fonds Jean-Jacques Comhaire, qui vise précisément à favoriser l’usage des méthodes d’investigation utilisant les sciences exactes comme les sciences auxiliaires de l’histoire et de l’histoire de l’art. 

Une seule et même personne ? 

Trois ans après l’exhumation des ossements du reliquaire de Jacques de Vitry, dignitaire religieux et mécène mort à Rome en 1240, la recherche a porté ses fruits. Le croisement des études en Histoire et en sciences exactes, notamment des analyses ADN, ont permis de lever partiellement le voile d’incertitude. S’il n’est pas encore permis d’affirmer que Jacques de Vitry est bien la personne qui a effectivement porté les mitres, nous avons maintenant la certitude qu’aucun élément ne corrobore la thèse inverse et ne démontre qu’il ne peut en aucun s’agir de la même personne. 

Les technologies les plus avancées ont en outre été utilisées afin de réaliser une exceptionnelle reconstruction faciale du visage de l’évêque, âgé d’environ 60 ans au moment de son décès (photos disponibles). 

Trésor rarissime 

Les mitres appartenant à l’évêque ont par ailleurs fait l’objet d’une étude approfondie selon plusieurs méthodes scientifiques (analyse par spectre de masse, examen macroscopique pour étudier les fils l’or et d’argent…) afin notamment de les dater, d’identifier leur provenance et de les recontextualiser au sein du Trésor d’Oignies. Composé d’une cinquantaine de pièces d’orfèvrerie, principalement religieuse, ce trésor rarissime du XIIIe siècle a été transmis en 2010 par les Soeurs de Notre-Dame de Namur à la Fondation Roi Baudouin, chargée d’en assurer la sauvegarde.

L’extrême raffinement des objets d’art, la maîtrise technique, les matériaux rares et précieux, le très bon état de conservation et l’historique particulier de ces pièces en font un ensemble de réputation internationale. En 1978, le trésor constituait l’une des ‘Sept Merveilles de Belgique’ et, en 2010, trente-deux pièces ont été classées par la Fédération Wallonie-Bruxelles comme patrimoine culturel mobilier exceptionnel. 

Le trésor est mis en dépôt à la Société archéologique de Namur, qui en assure la gestion scientifique et contribue à l’étude et à la mise en valeur de ce patrimoine inestimable. Il est exposé au Musée provincial des Arts anciens du Namurois (le TreM.a). 

Les mitres sont exceptionnellement présentées dans l’exposition Move-Remove. Topstukken-Trésors classés au TreM.a, jusqu’au 10 février prochain.

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