Promenade musicale avec Bertrand Burgalat

Présentée par UA-157195

La Symphonie du cinéma

mercredi 20 janvier à 12h00

Durée émission : 25 min

Promenade musicale avec Bertrand Burgalat

© Vanessa Moselle. Bertrand Burgalat.

A la fois chanteur, musicien, producteur, arrangeur, animateur à la télévision et à la radio, Bertrand Burgalat compose également depuis plus de vingt ans, avec talent, pour le cinéma.

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Cette semaine, notre promenade musicale nous entraîne dans l’univers du Corse de naissance, Bertrand Burgalat, né à Bastia, le 19 juillet 1963, un peu par hasard, il faut l’avouer au gré des déménagements successifs de ses parents et de son père, préfet.
Connu pour ses talents d’arrangeur et de producteur, Bertrand Burgalat est aussi un musicien et un compositeur reconnu tant pour la variété et ses nombreuses collaborations notamment avec Marc Lavoine que pour le cinéma pour lequel il a signé une douzaine de bandes originales à ce jour.

 
Un peu de romantisme pour débuter cette émission consacrée à l’univers de Bertrand Burgalat à l’image de « Calèche » qui figure sur la bande originale des « Apparences », le dernier film de Marc Fitoussi, dont celle des « Apparences », le dernier film de Marc Fitoussi, sorti sur les écrans au mois de septembre. Une promenade sentimentale très chabrolienne, à Vienne en Autriche, haut lieu de la musique romantique, où l’on suit un couple français d’un milieu bourgeois joué par Karin Viard et Benjamin Biolay, croiser le chemin de l’institutrice de leur fils, jouée elle par Laetitia Dosch et celui d’un jeune Autrichien, Lucas Arthur Englander, en quête de savoir et de reconnaissance.

Vers un ailleurs différent du quotidien

Eveillé à la musique par le rock psychédélique des Pink Floyd mais aussi la musique classique d’Igor Stravinski, Bertrand Burgalat a toujours aimé le cinéma et sa magie de nous transporter vers un ailleurs différent du quotidien. C’est en tout cas le fil conducteur qui guide le morceau « Amorespresso », présent sur le film « Yves », de Benoît Forgeard.

 
Bertrand Burgalat a composé la BO de la comédie satirique de Benoît Forgeard « Yves », sortie en 2019. Un film sur les dérives de notre société de consommation dont le héros, un chanteur de rap, joué par William Lebghil, voit sa vie transformer par un réfrigérateur doué d’intelligence qui va lui écrire des chansons qui le rendront célèbres.  Déjà en 2016, Bertrand Burgalat avait collaboré avec Benoît Forgeard pour « Gaz de France », autre comédie grinçante avec un Philippe Katerine totalement à contre-emploi dans la peau d’un président de la République dépassé et gaffeur dont l’entourage tente de rattraper l’irrattrapable.

 
 « Les 7 Mercenaires », les films de Walt Disney, ou encore Louis Malle, John Boorman, Stanley Kubrick et Jean-Pierre Melville sont autant de souvenirs de cinéma chez Bertrand Burgalat dont la cinéphilie s’est développée et nourrie sur le tard. Chez Pascal Bonitzer en 2016, il se voit offrir l’occasion dans « Tout de suite maintenant » de mettre en musique deux chansons interprétées par la comédienne Julia Faure dont le personnage, Maya, travaille dans un bar. Deux titres : «  Chanson sur mon père » et « Gare du nord dix heures du matin » dont les paroles ont été écrites par Pascal Bonitzer lui-même qui a confié le rôle principal féminin, celui d’une cadre dans la finance à sa fille l’actrice Agathe Bonitzer tandis que Bertrand Burgalat a lui partagé la bande originale avec Delphine Ciampi et Anne Gouverneur qui ont écrit les musiques additionnelles.    

 
Abordons la collaboration et la relation particulière qu’entretient Bertrand Burgalat avec Valérie Lemercier, avec qui, le compositeur a partagé sa vie pendant plusieurs années et pour laquelle il a composé plusieurs des musiques de ses films et ce dès 1997 pour « Quadrille », premier film de la comédienne derrière et devant la caméra. Une transposition de la pièce de théâtre que Sacha Guitry avait créée dans les années 30 et qui a pour ressort comique le trouble que va amener une vedette de cinéma américaine, de passage à Paris, dans les vies de deux journalistes et d’une actrice de théâtre, jouée par Valérie Lemercier.       

 
La bande originale du film « Quadrille », pour le film de Valérie Lemercier, est parue sur le label Tricatel, un clin d’oeil explicite à Claude Zidi et au film « L’Aile ou la cuise », qui a donné son nom à un label fondé en 1995 par Bertrand Burgalat lui-même et qui édite des artistes dits inclassables tels que les actrices Elena Noguera et Valérie Lemercier, l’écrivain Michel Houellebecq ou encore les groupes de rock indépendants The Shades et AS Dragon, un groupe créé justement par Bertrand Burgalat pour accompagner au départ les textes de Michel Houellebecq. Encore un mot sur la relation entre Valérie Lemercier et Bertrand Burgalat pour dire qu’après avoir vécu ensemble jusqu’à la fin des années 90, ils sont restés très proches professionnellement.

Bertrand Burgalat a collaboré à deux reprises avec la réalisatrice Elise Girard. En 2017 pour « Drôles d’oiseaux » et en 2010 pour « Belleville Tokyo ». Dans ce dernier, les comédiens, Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm, chantent « Ne dis rien »,  une chanson de Serge Gainsbourg en duo avec Anna Karina, extraite de la BO du film « Anna », que Julien offre à Marie dans une scène où le couple dîne dans son salon. Pour « Belleville Tokyo », la musique de ce mélo sentimental hivernal est plutôt minimaliste à l’image du début de l’extrait que vous avez pu entendre. Pour les besoins du rendu musical, Bertrand Burgalat aura utilisé pour la circonstance des instruments atypiques telles que des cymbales ou encore un vieux piano électronique pour camper une atmosphère mélancolique dans ce mélodrame sur un couple pris dans la tourmente de l’adultère.
Hasard ou choix volontaire, Bertrand Burgalat a souvent travaillé avec des réalisatrices depuis qu’il compose des musiques de films. Cela se vérifiait encore en 2011 pour « Little Princess » d’Eva Ionesco.

 
Dans « Little princess », l’ambiance se veut apaisante sur le générique de fin qui tranche avec la tonalité du film d’Eva Ionesco. Une fable désenchantée sur l’enfance et les relations toxiques qu’imposent Hanna,  la mère jouée par Isabelle Huppert, photographe de mode qui après une longue absence ressurgit dans le quotidien de Violetta, 10 ans, qui va devenir son modèle et expérimenter les délires de cette mère artiste. Un très beau film sur la perte de l’innocence.

Trois ans avant « Gaz de France », la politique et le pouvoir sous les ors de la République constituaient déjà le thème central de « Quai d’Orsay », de Bertrand Tavernier pour lequel Bertrand Burgalat signait en 2013 quatre titres en parallèle de la bande originale que l’on doit, elle, à Philippe Sarde. Quatre chansons en anglais, interprétée par le collectif Dynamite !, à l’image de « Step on the gas », un morceau chanté par la Franco-américaine April March.     

 
La Minute Judy Garland
Il y a quarante ans, sortait le film de John Landis les «  Blues Brothers », comédie musicale rock’n’roll endiablée, devenue un film culte et un monument de le pop culture. Aussi l’occasion était belle, cette semaine dans La Minute Judy Garland, pour évoquer John Belushi, inoubliable « Joliet » Jake Blues aux côtés de Dan Aykroyd.
Le grand rôle d’une carrière trop brève pour le frère de James Belushi, fauché à 33 ans, en 1982.
Parmi la prestigieuse et abondante BO qui compose le film, j’ai choisi de vous faire entendre un extrait de « Jailhous rock », le classique d’Elvis qui ponctue le film en guise de générique de fin, avec dans les chœurs, excusez du peu, James Brown, Cab Calloway, Ray Charles ou encore Aretha Franklin.  

 
 
Quelques conseils en lien avec notre thème…
Si vous souhaitez prolonger la découverte de l’univers de Bertrand Burgalat, sachez que plusieurs bandes originales mais également disques - il en a enregistré neuf en tant que chanteur- sont disponibles dans le commerce ou en téléchargement via le label Tricatel. A signaler également, la sortie d’un CD de 14 titres intitulé « Jean-Paul Belmondo, musiques de films 1960-1981 ». Un Belmondo raconté en musique, de ses années Nouvelle Vague à ses rôles chez Verneuil, Lautner ou De Broca, autant de grandes partitions signées Ennio Morricone, Georges Delerue ou encore Claude Bolling, qui nous a quittés fin décembre.
 
Et on se quitte avec des notes de trompette et le titre guilleret « Saint Mamet », extrait de « Palais Royal ! » la comédie de Valérie Lemercier en 2005, seconde incursion de Bertrand Burgalat au cinéma et seconde collaboration d’affilée avec Valérie Lemercier, après « Quadrille »…

 
Play list des titres diffusés
« Calèche », BO « Les apparences », Bertrand Burgalat
« Amorespresso », BO « Yves », Bertrand Burgalat
Extrait bande annonce « Gaz de France », de Benoît Forgeard
« Masques d'oiseaux », BO « Gaz de France », Bertrand Burgalat
« Gare du Nord 10 heures du matin », BO « Tout de suite maintenant », Julia Faure. Musique: Bertrand Burgalat
« Quadrille theme », BO « Quadrille », Bertrand Burgalat
« Générique de début, BO « Belleville Tokyo », Bertrand Burgalat, extrait du film
« Générique de fin », BO « Little Princess », Bertrand Burgalat
“Step on the gas”, BO “Quai d'Orsay”, Bertrand Tavernier, Dynamite! 
“Jailhouse rock”, BO “The Blues Brothers”, John Belushi et Dan Aykroyd
« Saint Mamet », BO « Palais Royal! » Bertrand Burgalat

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L'émission

Le samedi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr