Promenade musicale avec Christophe Julien

Présentée par UA-156177

La Symphonie du cinéma

mercredi 13 janvier à 12h00

Durée émission : 25 min

Promenade musicale avec Christophe Julien

© Justine Royer. Christophe Julien.

Compositeur des films d’Albert Dupontel depuis 2009, Christophe Julien signe la bande originale d'« Adieu les cons » et compte parmi les meilleurs compositeurs français actuels.

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La Symphonie du cinéma est consacrée en ce mois de janvier à des promenades musicales dans l’univers et l’œuvre de quatre compositeurs français actuels de musiques de films, pas forcément très connus du grand public, mais sûrement un peu plus si vous êtes un cinéphile mélomane. Après Anne-Sophie Versnaeyen la semaine dernière, découvrons aujourd’hui le Bourguignon Christophe Julien, remarqué chez Eric Besnard et Albert Dupontel avec lequel il collabore, pour tous ses films, depuis maintenant dix ans, soit quatre depuis « Le Vilain » en 2009 jusqu’au tout récent « Adieu les cons », sorti fin octobre.

Christophe Julien est le compositeur d’« Adieu les cons », le dernier film d’Albert Dupontel, sorti juste avant le reconfinement, fin octobre. Vous l’avez peut-être vu et aurez peut-être remarqué la musique délicate qui accompagne cette histoire pour le moins rocambolesque mettant en scène un employé de services sociaux suicidaire et une coiffeuse désespérée recherchant son fils abandonné à la naissance. Sous ses airs dramatiques, le film s’avère en fait une comédie menée tambour battant et remplie d’humanité.
A la fois derrière et devant la caméra, Albert Dupontel a noué, je le disais, depuis dix ans maintenant une solide collaboration avec le compositeur Christophe Julien qui s’affine au fil du temps et dont « Au revoir là-haut » constitue jusqu’à aujourd’hui le sommet de leur entente. Un film qui a valu en 2019 à Christophe Julien de remporter le Grand Prix de la Sacem.

« Bon voyage soldat Maillard », un des morceaux de la bande originale d’ « Au revoir là-haut »,  adapté du roman du même nom de Pierre Lemaître, prix Goncourt 2013. Nominé aux César dans la catégorie meilleure musique de film, Christophe Julien sera préféré à Arnaud Rebotini mais le film remportera tout de même cinq statuettes dont celle du meilleur réalisateur pour Albert Dupontel.

14-18 et les gueules cassées : Un très grand film à voir

La musique originale de Christophe Julien révèle en tout cas un talent incontestable. Appartenant à cette nouvelle génération de compositeurs aimant explorer des univers cinématographiques très variés afin de développer et de renouveler son écriture, Christophe Julien aura eu la chance pour les besoins d’ « Au revoir là-haut », de travailler avec un orchestre symphonique et les meilleurs musiciens de la place de Paris, à commencer parmi les meilleurs spécialistes de la musique des années 20, époque où est sensée se dérouler l’histoire racontant l’escroquerie aux monuments aux morts initiée par deux anciens soldats ayant lié amitié dans les tranchées. Un très grand film à voir si vous ne le connaissez pas.
Admirateur de Thomas Newman, Howard Shore et James Horner, Christophe Julien, qui a suivi une formation classique au conservatoire national supérieur de musique de Paris, parle de la sensibilité, de l’émotion et de la sensualité, trois qualités, que doit, selon lui, comporter une musique de film.
Trois ingrédients que l’on retrouve en 2018 pour le morceau titre du film « Le Jeu » de Fred Cavayé…

Stéphane De Groodt, Bérénice Béjo, Vincent Elbaz, Roschdy Zem, Doria Tillier, Suzanne Clément et Grégory Gadebois se retrouvent autour d’une même table pour partager un dîner un soir d’éclipse de lune. Soudain, Marie, jouée par Bérénice Béjo émet l’idée d’un jeu où chaque convive devra partager aux autres le contenu des SMS qu’il recevra. Evidemment, des confidences et indiscrétions malvenues vont s’en suivre et déclencher des tensions au sein du groupe. Christophe Julien compose pour la circonstance une musique plus intimiste. Un adjectif qui sied aussi parfaitement pour le morceau suivant, un peu plus ancien, puisqu’il est de 2013, et que l’on retrouve dans « 9 mois ferme », une nouvelle fois d’Albert Dupontel.

Une berceuse de circonstance, intitulée « Ariane Felder » du nom du personnage que joue Sandrine Kiberlain, un juge, qui lors d’une soirée pour le moins arrosée tombe enceinte, elle jusque-là coincée et rétive à toute rencontre. Le hic est qu’elle découvre que le père n’est autre qu’un tristement célèbre cambrioleur, accusé, qui plus est du meurtre atroce d’un vieil homme, meurtre qu’il n’a pas commis. Dès lors, le marché sera simple : taire cette nuit d’ivresse contre l’assurance que Sandrine Kiberlain fera tout ce qui est en son pouvoir pour innocenter Bob Nolan, alias Albert Dupontel, parfait dans cette comédie, récompensée par deux César, dont celui du meilleur scénario original.
Remontons encore un peu le temps jusqu’en 2008, une année importante car c’est celle de la première composition originale de Christophe Julien pour « Vilaine », qui va rencontrer un succès d’estime. Là encore pour une comédie de Jean-Patrick Benes et Allan Mauduit avec, pour héroïne, Marilou Berry.

L’envie de composer de la musique de film est venue assez tôt à lui, avoue Christophe Julien.  « Je ressentais le besoin d’écrire pour l’image et pas seulement pour la musique pure. » Pour « Vilaine », il adapte sa musique à l’univers un peu fou de l’histoire centrée autour du personnage de Marilou Berry, jeune femme timide et docile au physique ingrat qui à la suite d’une énième brimade va changer de nature et vouloir se venger de son entourage indélicat. Classé parmi les meilleures comédies de l’année 2008, le film connaîtra un succès inattendu. De « Vilaine » à « Vilain », il n’y a qu’une lettre et une année d’écart qui voit en 2009 Christophe Julien croiser la route d’Albert Dupontel pour la première fois.

« Maniette », un titre mélancolique de style jazzy pour « Le Vilain », quatrième film derrière la caméra en 2009 d’Albert Dupontel qui joue également le premier rôle. Comme dans « 9 mois ferme », son personnage a maille à partir avec la justice. Blessé et recherché après un braquage, il décide de se cacher chez sa mère, jouée par Catherine Frot, catholique bigote qui s’évertuera à faire revenir sa mauvaise graine de fils dans le droit chemin. 
En parallèle de « 9 mois ferme », Christophe Julien composait, en 2013, une autre partition pour le cinéma, celle de « Demi-sœur », comédie familiale de et avec Josiane Balasko dans le rôle d’une sexagénaire simple d’esprit, décidée à retrouver la trace de son père qu’elle n’a jamais connu et qui découvrira en fin de compte un frère, joué par Michel Blanc.

La Minute Judy Garland
Cette semaine, La Minute Judy Garland honore la mémoire du génial rocker américain Frank Zappa, né il y a 80 ans , le 21 décembre 1940 et disparu le 4 décembre 1993 à l’occasion de la sortie du documentaire d’Alex Winter. Un film dont la sortie a été repoussée mais dont la bande originale sort en ce début d’année sous la forme d’un coffret 3 CD ainsi qu’en version dématérialisée. Roi des expériences sonores et des avant-gardes en tous genres, Zappa était un musicien et guitariste accompli à la carrière et à l’œuvre prolifique qui enregistre,  en 1967, avec son groupe, les Mothers of Invention, « Absolutely free », titre et nom de son deuxième album.

 
Quelques conseils autour du cinéma…
« Pierre Mondy, un grand artiste français », un livre de Yannick Desse, paru aux éditions du Panthéon qui retrace la riche carrière de ce grand acteur français de l’après-guerre, connu surtout pour la trilogie de la 7e Compagnie mais qui fut, aussi, en plus de son rôle emblématique du commissaire Cordier à la télé, un grand second rôle dans les années 50 à 80.
Autre livre, « L’Encyclopédie du film policier français », paru chez Télémaque. Patrick Brion passe en revue un siècle de cinéma. Des premiers Fantômas de Louis Feuillade aux chefs-d'oeuvre des années 40 et 50 chez Delanoy ou Decoin, en passant par les films cultes des années 70 et 80 chez Verneuil, Deray ou Melville.

Et on se quitte avec « Maxime au train », un dernier extrait musical signé Christophe Julien pour « Mes héros », un film d’Eric Besnard, sorti en 2012 dans lequel Clovis Cornillac, en plein conflit conjugal, redécouvre la sagesse et la bonté de ses parents, interprétés par Gérard Jugnot et Josiane Balasko. 

Play list des titres diffusés
« Suze & JB », BO « Adieu les cons », Christophe Julien
« Bon voyage, soldat Maillard », Christophe Julien, BO « Au revoir là-haut », Christophe Julien
« La Fuite en avant », BO « Grand Froid », Christophe Julien
« Le Jeu », BO « Le Jeu », Christophe Julien
« Ariane Felder », BO « 9 mois ferme », Christophe Julien
« Jessica », BO « Vilaine », Christophe Julien
« Maniette », BO « Le Vilain », Christophe Julien
« Renaissance », BO « Demi-sœur », Christophe Julien
« Absolutely free », BO « Zappa », Frank Zappa
« Maxime au train », BO « Mes Héros », Christophe Julien

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L'émission

Le samedi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr