Spécial Festival Lumière de Lyon 2020

Présentée par UA-139630

La Symphonie du cinéma

mercredi 7 octobre à 12h00

Durée émission : 25 min

Spécial Festival Lumière de Lyon 2020

© Festival Lumière/DR

Entre un hommage à Michel Audiard et Melina Mercouri, la présence d’Oliver Stone et Viggo Mortensen et le Prix Lumière décerné aux frères Dardenne, le rendez-vous cinéphile lyonnais fait feu de tout bois, du 10 au 18 octobre.

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La Symphonie du cinéma est entièrement consacrée, cette semaine, au Festival Lumière de Lyon à travers dix extraits de films projetés à partir du 10 octobre et jusqu’au 18 dans plusieurs salles lyonnaises à l’occasion d’une 12e édition foisonnante. Jean-Pierre et Luc Dardenne succéderont, cette année, à Francis Ford Coppola au palmarès du Prix Lumière qui honore, chaque année, une personnalité. Plusieurs de leurs films vont être diffusés pour l’occasion et notamment le très beau "Gamin au vélo", sorti en 2011...
 

« LE GAMIN AU VéLO » : « L’ADAGIO POCO MOSSO » DE L. VAN BEETHOVEN

 

L’emploi de la musique est "très rare" dans leurs films, concèdent volontiers les frères Dardenne qui, toutefois, ont fait une entorse à leurs principes en 2011 pour "Le Gamin au vélo" qu’ils présentent comme un conte et dans un conte, ajoutent-ils, il y a forcément un parcours, avec des émotions et des relances. Dès lors, la musique pouvait se justifier et agir comme une sorte de caresse apaisante pour Cyril, le jeune héros écorché vif par la vie que prend sous son aile une Cécile de France qui se mue inconsciemment en mère de substitution. Et cette musique que l’on entend à un moment du film, c’est le "Concerto n° 5 pour piano opus 73, adagio Poco Mosso", de Ludwig Van Beethoven.
 

« LE GENTLEMAN D’EPSOM » : MICHEL LEGRAND ET FRANCIS LEMARQUE RéUNIS

Le festival rend hommage cette année au grand scénariste et dialoguiste qu’était Michel Audiard à l’occasion des cent ans de sa naissance.  Francis Lemarque et Michel Legrand à la baguette dirigeaient en 1962 cette danse  tzigane pour "Le Gentleman d’Epsom", second des trois films, six ans après "La Traversée de Paris", que tournèrent ensemble Jean Gabin et Louis de Funès. Les dialogues de Michel Audiard sont au diapason du jeu des acteurs du film de Gilles Grangier avec lequel Michel Audiard eu une fidèle et longue collaboration pendant près de 15 ans.
Restons dans l’ambiance des films de Michel Audiard avec un autre classique du cinéma français, sorti un an avant "Le Gentleman d’Epsom", je veux parler d’un "Taxi pour Tobrouk" qui contient
"La Marche des anges", chantée par Charles Aznavour sur l’air "Des Anges de nos campagnes"…
 

« UN TAXI POUR TOBROUK » : SUR L’AIR DES « ANGES DE NOS CAMPAGNES »

"La Marche des anges", interprétée par Charles Aznavour sur une musique arrangée par Georges Garvarentz présente dans "Un Taxi pour Tobrouk", un film de Denys de La Patellière avec, outre Charles Aznavour, Lino Ventura, Hardy Krüger et Maurice Biraud, empêtrés dans le désert lybien. Dialogué par Michel Audiard, ce film montre l'absurdité des situations qui se créent pendant une guerre. Pas moins de dix-neuf films et un documentaire autour de Michel Audiard seront diffusés pendant la durée du festival dont d’autres grands classiques du cinéma français que sont "Un Singe en hiver", "Les Tontons flingueurs", bien  sûr, "Le "Professionnel" ou encore "Maigret et l’affaire Saint-Fiacre"...
 

« THE GREEN BOOK » : HOMMAGE à LA SOUL ET AUX SIXTIES

Le quatuor des Blue Jays chantant "Lover’s island": l’île des amoureux, un des nombreux titres que contient la bande originale de "The Green Book", le film multirécompensé de Peter Farrelly, qui a décroché en 2019 l’Oscar du film et celui du meilleur second rôle pour Mahershala Ali qui interprète un pianiste noir dans l’Amérique des années 60. A la recherche d’un chauffeur pour sa tournée dans le Middle West et les états du Sud, il va s’adjoindre les services d’un videur de boîte de nuit à qui Viggo Mortensen prête ses traits. Le film est baigné par une très belle photographie et une bande originale sixties réjouissante qui contient notamment ce tube soul de 1961 des Blue Jays, groupe californien très éphémère. Au même titre que Sabine Azéma, Viggo Mortensen est un des invités d’honneur du festival cette année.
Six films de Viggo Mortensen seront projetés pendant le festival dont l’avant-première de "Falling", alors que l’acteur animera une master class publique, ce dimanche 11 octobre à 15h30 à La Comédie Odéon, 6, rue de Grolée dans le 2e arrondissement.
 

« Né UN 4 JUILLET» : JOHN WILLIAMS CHEZ OLIVER STONE

Oliver Stone est un autre invité de premier plan cette année. Le cinéaste américain aux quatre Oscars, âgé de 74 ans, sera présent pour la projection exceptionnelle de la copie restaurée de "Né un 4 juillet", ce dimanche à 19h15 à l’Auditorium de Lyon. John Williams signait en 1989 la BO et le thème principal que nous venons d’entendre, l’ouverture de "Né un 4 juillet", second volet de la trilogie sur la guerre du Vietnam qu’Oliver Stone avait entamée en 1986 avec "Platoon" et qui se clôt avec "Entre ciel et terre" en 1993.
Autre événement et autre hommage rendu cette année, celui à Melina Mercouri à travers la projection de trois films de l’actrice et chanteuse grecque, disparue en 1994 et qui aurait eu cent ans en ce mois d’octobre.   
 

« JAMAIS LE DIMANCHE » : INOUBLIABLE MELINA MERCOURI…

La voix timbrée de Melina Mecouri dont le talent éclabousse dans "Jamais le dimanche", chef d’œuvre de Jules Dassin qui tient également le premier rôle masculin. "Les Enfants du Pirée" est devenue un classique, dont on doit la musique à Manos Hadjidakis qui remporte l'Oscar de la meilleure musique de film en 1961.  Le film sera projeté dimanche 18 octobre à 14h30 à L’Institut Lumière et aussi jeudi 15 octobre à 17h15, même lieu, avec pour l’occasion Nana Mouskouri qui interprétera sur scène un florilège de chansons grecques.
De la Grèce à l’Italie, il n’y a que la mer ionienne à traverser pour se retrouver dans l’univers de Nino Rota et de ses célèbre accords de trompette qui allaient résonner dans les têtes longtemps à la sortie de "La Strada" en 1954…
 

« LA STRADA » : ET SOUDAIN LA TROMPETTE DE NINO ROTA…

Inoubliable Giulietta Masina en Gelsomina chez Fellini jouant de la trompette face au rustre Zampano, incarné par Anthony Quinn, dans "La Strada", chef d’œuvre du néoréalisme, qui est l’un des grands classiques en noir & blanc de l’histoire du cinéma à être donné cette année, en l’occurrence samedi 17 octobre au Pathé Bellecour à 20 heures. Une fable humaine et lyrique, à la fin tragique, qui s’accorde au rythme de la musique nostalgique et colorée de  Nino Rota.
On change encore d’ambiance et de pays pour l’extrait suivant qui nous transporte à présent dans le Hong- Kong du début des années 60…
 

« IN THE MOOD FOR LOVE »:  UNE BULLE HORS DU TEMPS

Il est journaliste, elle est secrétaire. Chacun emménage le même jour avec son conjoint. Ils se croisent et discutent et se rendent compte que chacun est trompé dans son mariage. Ils vont essaier de comprendre mais à leur tour, vont être pris d’une attirance réciproque qu’ils vont tout faire pour reffrener, afin de ne pas prendre le même chemin. Dans un film nocturne magistral aux allures de ballet, baigné par une douce lumière orangée, la musique du Japonais Shigeru Umebayashi contribue à créer une ambiance à la fois hors du temps et charnelle pour "In the mood for love", le grand film de Wong-Kar-waï, sorti il y a 20 ans, et qui clôturera en beauté  le festival, dimanche 18 octobre.

La Minute Judy Garland
Cette semaine dans la Minute Judy Garland, restons dans l’ambiance avec "What a life", chantée par Emil Gol et présente dans le film "Drunk", de Thomas Vinterberg, autre invité d’honneur du festival. Un film, qui sort le 14 octobre sur les écrans, porté par la performance de Mads Mikkelsen en prof alcoolique et à la BO composée d’artistes variés à l’image d’Emil Goll, jeune chanteur du groupe danois de pop music et R&B Scarlet Pleasure.   

 
Quelques conseils…
Des conseils de lecture cette semaine. Et tout d’abord aux éditions de L’Observatoire,  "A la recherche de la lumière", le livre des mémoires d’Oliver Stone, tout juste paru, où l’Américain raconte son destin incroyable et ses mille vies avant de devenir le cinéaste que l’on connaît.
"Michel Audiard, le livre petit mais costaud" et "Sous la casquette de Michel Audiard", deux livres de Philippe Lombard, sortis chez Hugo Image et Dunod, ces derniers mois, alors que l’on célèbre le centenaire de la naissance du célèbre dialoguiste, scénariste et réalisateur, disparu en 1985.
Pour tous les horaires des films cités aujourd’hui, ainsi que le programme complet, je vous invite à vous reporter au site du festival www.festival-lumiere.org.   
Et on se quitte avec Ennio Morricone, qui s’est éteint cet été dans sa ville de Rome et qui composait en 1978 la musique des "Moissons du ciel" qui contient le titre au piano "The Farmer and the girl", pour le film de Terrence Mallick, poème cosmique, à la fois cruel et éblouissant, dédié aux liens qui unissent les hommes à la nature.

Play list des titres diffusés
"Concerto No. 5 pour piano in E-flat major, Op. 73 Adagio Un Poco Mosso", BO "Le gamin au vélo", Ludwig Van Beethoven

"Tzigane", BO "Le Gentleman d’Epsom", Francis Lemarque et Michel Legrand

"La Marche des anges", BO "Un taxi pour Tobrouk", Charles Aznavour. Musique : G. Garvarentz

"So Long Lovers Island", BO "The Green book", The Blue Jays

"Main theme overture", BO "Né un 4 juillet", John Williams

"Les Enfants du Pirée", BO "Jamais le dimanche", Melina Mercouri.

"La Strada theme", BO "La Strada", de Federico Fellini

"Yumeji’s theme", BO "In the Mood for love", Shigeru Umebayashi

"What a life", BO "Drunk", Scarlet Pleasure

"The farmer and the girl" (piano), BO "Les Moissons du ciel", Ennio Morricone

Réalisation technique: Clément Bonsignore
 

Les dernières émissions

L'émission

Le samedi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr