Steve McQueen, « the King of cool », en musique

Présentée par UA-146494

La Symphonie du cinéma

mercredi 18 novembre 2020 à 12h00

Durée émission : 25 min

Steve McQueen, « the King of cool », en musique

© Warner Bros/Reactive. Pochette de la bande originale de "Bullitt", composée par Lalo Schifrin en 1968.

Symbole d’élégance et de liberté sans contrainte, Steve McQueen aura connu une carrière courte mais jalonnée de films devenus des classiques, portés par une BO de premier choix.

The King of cool, quatre mots qui définissaient un style, une façon d’être et de jouer. Acteur de l’expression et de l’attitude, capable de passer de la joie à la colère d’un simple regard, Steve McQueen était un comédien taiseux au charme dévastateur.

Révélé d’abord à la télévision à la fin des années 50 dans le rôle du chasseur de primes impitoyable Josh Randall, dans « Au nom de la loi », celui que l’on avait baptisé le roi de la décontraction possédait une aura naturelle élevée au rang d’art. Avec des classiques du cinéma comme « Papillon », « La Grande Evasion », « Les Sept Mercenaires » ou encore « Bullitt », Steve McQueen aura été un acteur majeur d’Hollywood pendant plus de vingt ans jusqu’à sa mort, il y a  40 ans, le 7 novembre 1980.
 

« BULLITT » : LE JAZZ COOL DE LALO SCHIFRIN

Le 17 mars 1969 sort en France « Bullitt » dont nous venons d’entendre un montage sonore mêlant à la fois quelques extraits, avec la voix française de Steve McQueen, Jacques Thébault, et plusieurs morceaux de la bande originale extrêmement brillante que l’on doit à Lalo Schifrin.
Une BO d'inspiration très jazzy, accompagnée de cuivres et de percussions, mélangés à un son plus pop, très caractéristique de la musique de film américaine qui allait suivre dans la décennie 70. Steve McQueen, qui joue un lieutenant de police, chargé par un politicien, de protéger un gangster devant témoigner dans un procès capital, produit également le film. Un film passé à la postérité notamment pour son incroyable course poursuite, moteurs hurlants, dans les rues de San Francisco.
Steve McQueen, qui a 38 ans, lors du tournage de « Bullitt » est devenu un acteur de premier plan depuis un peu moins de dix ans grâce à son rôle de Vin Tanner, en 1960, dans « Les Sept Mercenaires », le western mythique de John Sturges.
 

« LES SEPT MERCENAIRES » : ELMER BERNSTEIN EN MODE éPOPéE

« The Magnificent seven » ou « Les Sept Mercenaires », en français, est à la fois un exercice de style et un hommage au cinéma. Film de genre, ce western au casting quatre étoiles réunissant Yul Brynner, Charles Bronson, James Coburn, Robert Vaughn ET Steve McQueen s’inspire grandement des Sept Samouraïs, d’Akira Kurosawa, tourné six ans plus tôt.  Des pistoleros ont remplacé les samourais et les décors arides du Mexique ceux du Japon féodal pour cette fresque  sur la justice, le courage et le code de l’honneur. La musique coloré et très orchestrale d’Elmer Bernstein vaudra quant à elle au compositeur d’être nominé aux Oscars.
Elmer Bernstein allait signer trois ans plus tard la partition d’un autre film de John Sturges, « La Grande Evasion » avec dans le rôle principal, Steve McQueen.

Inspiré d’un fait réel, l’évasion du stalag de Sagan en Pologne, où étaient détenus des pilotes et équipages des forces alliées, « La Grande Evasion » reste célèbre pour sa scène de poursuite à moto.
Le film connaîtra un grand succès à la fois populaire et critique. Passionné de sports mécaniques, Steve McQueen effectue lui-même toutes les cascades à l’exception de la scène du saut d'une barrière, considérée comme l’une des meilleures cascades jamais réalisées au cinéma.
Très efficace, la musique d’Elmer Bernstein ne sera pourtant ni nominée, ni n’obtiendra la distinction suprême aux Oscars. Il faudra attendre 1968 pour que le compositeur soit récompensé pour la musique du film Millie, de George Roy Hill, seule statuette dans la carrière de cet immense chef d’orchestre et compositeur de musique de film, disparu en 2004.

« LA CANONNIèRE DU YANG-TSE » : SIGNé JERRY GOLDSMITH

Compositeur régulier chez Gordon Douglas, John Frankenheimer et surtout Franklin Schaffner pour lequel il compose les musiques de La Planète des singes, Patton et Papillon, Jerry Goldmsith signe en 1966 la musique de La Canonnière du Yang-Tsé, de Robert Wise, grand film d’aventure sur fond de guerre civile chinoise et le seul dans toute sa carrière pour lequel Steve McQueen sera en compétition aux Oscars pour le meilleur rôle masculin.
Imaginative, incarnée et sans cesse renouvelée, la musique de Jerry Goldmsith mérite que l’on s’arrrête quelques secondes sur ce compositeur majeur de la musique de film pendant près de 50 ans. Méconnu du grand public, il n’en demeure pas moins un grand compositeur dès le début des années 60 et jusqu’aux années 2000. Mais contrairement à un John Williams à qui on le compare souvent, son oeuvre n’est pas associée à la carrière et aux succès d’un grand réalisateur comme l’est Spielberg pour Williams. Il n’en reste pas moins qu’il a légué au cinéma quelques morceaux d’anthologie  comme le thème de Papillon contant le destin d’Henri Charrière dans les années 30, un Français, accusé de meurtre et condamné aux travaux forcés au bagne de Cayenne.

« PAPILLON » : GRAND THèME  POUR GRAND FILM

Jerry Goldsmith loupe de peu en 1973 l’Oscar de la meilleure musique de film qui revient à Marvin Hamlisch pour Nos Plus Belles années, de Sydney Pollack. Papillon est pourtant bel et bien l’un des films de l’année, indissociable de la carrière de Steve McQueen qui donnera énormémement de sa personne lors du tournage. Des conditions rendues très difficiles à cause de la chaleur et de l’humidité et de scènes très physiques demandées à l’acteur qui avouera plus tard avoir vécu le rôle de sa vie.
Changement d’ambiance avec la musique suivante et retour sous des cieux plus cléments pour la partition musicale sans doute la plus connue, avec celle de Bullitt, lorsqu’on évoque la filmographie de Steve McQueen.

« L’AFFAIRE THOMAS CROWN » : MICHEL LEGRAND AU SOMMET

« Les deux premières années à Hollywood, je vivotais. Norman Jewison m’appelle alors pour L’Affaire Thomas Crown. Il a cinq heures d’images et ne sait pas comment les monter. Je lui propose de me laisser écrire une heure et demie de musique et de monter ensuite son film à partir de ce que j’aurai fait. C’était la première fois qu’on travaillait comme ça à Hollywood », raconte Michel Legrand. Nous sommes en 1968 lorsque Steve McQueen endosse le rôle d’un milliardaire qui pour redonner de l’adrénaline à son quotidien échafaude l’idée folle de commettre un braquage. C’est la première fois qu’on va utiliser le procédé du split screen, l’écran partagé en plusieurs petites vignettes.  Quant à la musique de Michel Legrand, elle vient épouser les scènes fortes du film comme la fameuse partie d'échecs, entre Steve McQueen et Faye Dunawaye ou encore la scène du baiser interminable, le plus long à l'époque.
Et puis, il y a le thème principal The windmills of your mind, Les Moulins de mon coeur, décliné dans plusieurs variations et chanté par Noel Harrison dans la scène où  Steve McQueen pilote un planeur.  Chanson qui vaudra à Michel Legrand, le premier de ses trois Oscars.

« GUET APENS » : MCQUEEN, ALI MCGRAW ET QUINCY JONES

Le thème amoureux de « Guet apens », composé par Quincy Jones pour le film de Sam Peckinpah qui sort dans les salles américaines fin 72 et début 73 en France. Steve McQueen et Ali MacGraw, que l’acteur allait épouser quelques mois plus tard, forment un tandem de braqueurs doublés par un truand notoire qui veut les supprimer et va les poursuivre jusqu’à la frontière mexicaine. Déjà producteur et compositeur confirmé et réputé, Quincy Jones dirige la très belle BO de ce road movie qui a fait l’objet d’un remake en 1994 avec Alec Baldwin et Kim Basinger.

« LA TOUR INFERNALE » : JOHN WILLIAMS AU DIAPASON

Steve McQueen, Paul Newman, Robert Vaughn, William Holden, Faye Dunaway, Robert Wagner… Des stars comme sil en pleuvait sont au casting en 1974 de « La Tour infernale », film catastrophe à grand spectacle et gros budget, réalisé par John Guillermin et Irwin Allen. Ce sera aussi le dernier grand succès de Steve McQueen. John Williams compose la musique d’un film qui comporte également la chanson « We may never love like this again », interprétée par Maureen McGovern, primée aux Oscars.
 
La Minute Judy Garland
Cette semaine dans La Minute Judy Garland, rendons hommage en chanson au grand acteur qu’était Sean Connery, disparu le 31 octobre. Repéré en 1959 pour le rôle de James Bond grâce au film des studios Disney « Darby O’gill et les farfadets », l’acteur écossais interprète dans ce dernier « Pretty irish girl » en duo avec Janet Munro, une chanson écrite et composée par Oliver Wallace et Lawrence E. Watkin.  L’occasion pour vous dire que La Symphonie du cinéma consacrera le mois prochain une émission entière aux musiques des films de Sean Connery, à travers John Barry ou encore John Williams.

 
Quelques conseils…
Deux conseils de lecture pour terminer et tout d’abord Steve McQueen, l’envers de la gloire, de Bertrand Tessier, sorti le mois dernier à L’Archipel. Une biographie, comme toujours passionnante sous la plume de Bertrand Tessier, qui fait revivre la destinée d’un des plus grands acteurs de sa génération qui aura mené sa vie à 100 à l’heure tels les bolides qu’il affectionnait. Autre livre, Steve McQueen, King of cool, de Guillaume Evin, chez Hugo Image, un livre autant sur la carrière et le style McQueen que sur sa passion dévorante pour les sports mécaniques.   
Et on se quitte avec la musique de Michel Legrand pour « Le Chasseur », de Buzz Kulik, dernier film de Steve McQueen en 1980, dans le rôle d’un chasseur de primes, qui allait disparaître trois mois après sa sortie.
Peu convaincus par la partition du Français, les producteurs avaient refusé dans un premier temps la musique composée par Michel Legrand, avant de la garder mais uniquement pour les Etats-Unis. La distribution du film en Europe, comportant elle, celle de Charles Bernstein.

Play list des titres diffusés :
Extrait "Bullit"t, "The Aftermath Of Love", "A Song for Cathy, main title", BO "Bullitt", Lalo Schifrin
Thème principal, BO « Les Sept Mercenaires », Elmer Bernstein
"The Great Escape theme", BO “La Grande Evasion”, Elmer Bernstein
« Overture, La Canonnière du Yang-Tsé », Jerry Goldsmith
“Main theme”, BO “Papillon”, Jerry Goldsmith
The windmills of your mind” (variation 3), BO “L’Affaire Thomas Crown”, Michel Legrand
“Love theme”, BO “Guet apens”, Quincy Jones
“Main title”, BO “La Tour infernale”, John Williams
“Pretty Irish girl”, BO “Darby O'Gill et les Farfadets”, Janet Munro et Sean Connery. Musique :  Oliver Wallace.
“Ralph Thorson in action”, BO “Le Chasseur”, M. Legrand
 

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L'émission

Le samedi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr