La dame à la licorne

Présentée par PR-23055

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L'oreille de l'art

lundi 14 septembre à 8h52

Durée émission : 3 min

La dame à la licorne

© La dame à la licorne, XVI e siècle, Musée de Cluny.

Noémie Marijon nous fait découvrir une des plus emblématiques tapisseries médiévales, un vrai trésor de détails et de symboles qui a inspiré la littérature fantastique contemporaine.

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La visite sera virtuelle, car le Musée de Cluny, musée national du Moyen-Age à Paris, est actuellement en rénovation jusqu’en septembre 2021.

Exposée dans la pénombre pour des raisons de conservation, la tenture dite de La Dame à la licorne est une composition de six tapisseries du début du XVIᵉ siècle Dame à la Licorne,  dans des couleurs dominantes de rouge et de bleuL'œuvre a été redécouverte par deux grandes figures de la littérature du 19ème siècle . Georges Sand aurait détecté ce trésor médiéval lors d’une de ses visites au château de Boussac dans la Creuse.  Une légende veut que l’œuvre ait même servi à couvrir des chariots ou de paillasson. Georges Sand a prévenu de sa découverte son ami Prosper Mérimée, qui est alors inspecteur des monuments historiques. L’œuvre du jour sera donc classée en 1841 et achetée par le musée du Moyen Age en 1882.

Une œuvre qu'on retrouve aux côtés d'Harry Potter 

Ce voyage entre la Creuse et Paris n’est pas le dernier. Cette œuvre a en effet été à New-York entre 1973 et 1974 puis au Japon en 2013. Mais elle est également présente dans la fiction puisqu’on la retrouve dans de nombreux films, notamment les adaptations d’Harry Potter.

La profusion de détails de cette œuvre est impressionnante. Des fleurs tout d’abord puisque le fond en est entièrement recouvert. On reconnaît du muguet, du jasmin ou même des arbrisseaux. Et puis il y a aussi beaucoup d’animaux des chiens, des lapins, des hérons et des lions et surtout un animal imaginaire sur lequel nous reviendrons.

LES CINQ SENS SUR CHAQUE TAPISSERIE 

On observe aussi six ilots bleu foncé qui semblent flotter sur le fond rouge et dix femmes. L’œuvre d’aujourd’hui est constituée des six tapisseries qui forment un ensemble très cohérent. Chacune des tapisseries évoque un sens. Pour évoquer le toucher, une jeune femme à la riche robe de brocard tient un étendard et touche le bout de la corne d’une licorne. Le goût est représenté par une autre femme qui nourrit un perroquet avec une dragée. Pour symboliser l’odorat, le licier met en scène une femme en train de tresser une couronne de fleur. Pour l’ouïe, la jeune femme joue de l’orgue pour un parterre d’animaux. Et enfin pour la vue, la jeune femme présente un miroir à une belle licorne blanche.

Une conception de la vertu 

Dans cette série de tentures, les cinq sens sont dominés par un autre qui les rassemblent et les dominent. Cette tapisserie est la plus connu edes tentures. En plus des animaux, de la femme et de sa servante, on trouve une grande tente. Les pans de la tente sont retenus par un lion et une licorne. En haut se trouve une phrase encore énigmatique : A mon seul désir. Il est possible que cette tapisserie représente le sens du cœur, à la fois l’amour humain et la vertu suprême, la générosité. Ces six tentures permettent de contempler à la fois l’imaginaire du Moyen-Age et sa conception de la vertu et de la vie bonne.
 

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Le présentateur

Noémie Marijon

Noémie Marijon est responsable de bibliothèque et doctorante en histoire médiévale (Université de Clermont Auvergne).