La vocation de saint Matthieu

Présentée par PR-23293

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L'oreille de l'art

lundi 21 septembre à 8h52

Durée émission : 3 min

La vocation de saint Matthieu

© Caravage, La vocation de saint Matthieu, Eglise Saint-Louis des Français de Rome, Chapelle Contarelli, 322x340 cm, 1600.

Noémie Marijon a choisi cette semaine une oeuvre maîtresse d'un peintre à la vie sulfureuse : Le Caravage. Tirée d'une scène évangélique, elle est exposée à St Louis des Français, à Rome.

L'artiste dont nous parlons aujourd’hui c’est peut-être rendu coupable de meurtre. Dans tous les cas il a été condamné à mort par décapitation. Il décide alors de fuir sa ville de résidence et de coeur : Rome et il trouve refuge à Naples, puis à Malte. Mais être loin de Rome ne met pas le peintre à l’abri de la violence. A Malte aussi il participe à une rixe qui finit dans la maison de l’organiste de la cathédrale. Il sera jeté en prison et déchu de son titre de chevalier de Malte. Après l’épisode maltais, notre artiste fuit vers Syracuse et la Sicile. Après ces divers épisodes, le jeune homme apprends par le cardinal Scipion Borghese, que le pape accepte de lui accorder son pardon pour le meurtre commis dans sa jeunesse, il peut revenir dans la cité papale sans crainte. Il meurt sur une plage lors de son retour vers la ville éternelle qu’il adorait. 

Je voudrais présenter l’un des chefs d’oeuvres de ce peintre. Je crois qu’il s’agit d’un des tableaux préférés du pape François. Il l’a très souvent observé. Il a confié qu’il allait très souvent voir ce tableau lors de ses séjours romains avant son élection. Il y a trois tableaux dans la chapelle Contarelli de l'église saint Louis des Français. Ils sont centrés sur la vie du même apôtre : Saint Matthieu. A droite il y a son martyre, au centre son dialogue avec l’ange et à gauche le tableau dont nous parlons aujourd’hui. 

Le peintre joue beaucoup sur les ombres et les lumières. Des hommes sont attablés, on ne sait pas trop s'il s’agit d’un bistrot ou d’un bureau. Un homme est dans la pénombre, son visage est à moitié dissimulé, c’est le Christ, qui vient d’entrer dans cette pièce éclairé seulement par une fenetre à l’arrière plan. Sa main est illuminé, on ne voit qu’elle. Elle rappelle beaucoup une autre main celle d’Adam peinte par Michel-Ange sur le plafond de la chapelle Sixtine.

Les mains sont primordiales dans cette toile. Elles sont mises en avant grâce au traitement de la lumière qui est magistral dans cette oeuvre. Il y a les mains du jeune homme qui compte des pièces penché sur une table, un homme plus âgé le regarde. Un autre personnage qui porte des vêtements sombre et un chapeau noir pointe sa main vers lui même. Son geste répond à celui du Christ. Il y a un dialogue muet entre ces mains. Celle du Christ désigne et invite à un mouvement et celle du protagoniste en noir interroge. Est ce que c’est vraiment moi que tu veux appeler? 

Aujourd’hui c’est la saint Matthieu et l’homme en noir du tableau c’est sans doute l’apôtre Matthieu apellé par le Christ alors qu’il est en train de faire son travail de publicain. Il s’apprête à tout quitter. Y compris l’argent qu’on voit sur la table pour suivre le Christ et saint Pierre, d’ailleurs le premier des apôtres qu’on ne voit que de dos a sans doute été ajouté a posteriori. 

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Le présentateur

Noémie Marijon

Noémie Marijon est responsable de bibliothèque et doctorante en histoire médiévale (Université de Clermont Auvergne).