Ce que notre rapport à Dieu dit de nous - Psychologie du croyant par Boris Cyrulnik

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Sur le rebord du monde

lundi 16 octobre 2017 à 13h30

Durée émission : 25 min

Sur le rebord du monde

© Corinne SIMON/CIRIC - 16 avril 2015 : Boris CYRULNIK, neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste

Dis-moi quel est ton Dieu je te dirai qui tu es. Pour Boris Cyrulnik nos premiers attachements colorent notre façon d'appréhender la divinité: on aime Dieu comme on a appris à aimer l'autre.

"Expliquez-moi pourquoi je ne me sens bien qu'à l'église." Pendant longtemps, les psychologues ou les neurologues le savaient, "la croyance en Dieu est un précieux facteur de résilience", sans pouvoir le prouver. Dans son dernier livre, Boris Cyrulnik apporte une réponse et nous aide à penser notre rapport au sacré. Il publie "Psychothérapie de Dieu" (éd. Odile Jacob). Où il montre comment Dieu peut devenir un véritable tuteur de résilience pour ceux qui souffrent.
 

D'après le neuropsychiatre, 2 adultes sur 3 aiment Dieu "de manière paisible", comme ils ont appris à aimer dans leur enfance

 

Pourquoi croire en Dieu fait du bien

"Dieu est un tuteur de résilience", désormais c'est prouvé puisque Boris Cyrulnik l'affirme noir sur blanc dans son ouvrage après avoir étudié la question, avec rigueur et méthode. La résilience, c'est cette capacité de rebondir après un traumatisme. Et la méthode qu'a employée le neuropsychiatre est celle de l'attachement. Un champ d'investigation important en psychologie, que Boris Cyrulnik a beaucoup étudié.

 



 

Le langage de l'attachement pour parler de Dieu

Or, la foi en Dieu se fait souvent par la médiation d'objets - Bible, chapelets, icônes, mais aussi église, œuvres d'art - auxquels le croyant s'attache. "Des objets qui représentent quelque chose de non représentable et pourtant d'intensément perçu." Et "beaucoup de croyants, quelle que soit leur religion, emploient des mots d'attachement pour parler de leur Dieu."

 



 

ce que Nos premiers attachements disent de notre rapport à Dieu

Nos premiers attachements colorent notre façon d'appréhender la divinité. Dis-moi comment tu aimes ton père ou ta mère, je te dirais comment tu aimes ton Dieu, pourrait-on dire. D'après le neuropsychiatre, deux adultes sur trois aiment Dieu "de manière paisible", comme ils ont appris à aimer dans leur enfance.

Ceux-là qui ont connu "une niche affective stable" ont un rapport à Dieu qui leur permet d'être détendus, par exemple quand leurs enfants ne sont pas sages à l'église ou à la synagogue, observe Boris Cyrulnik. Mais pour le tiers des adultes qui ont appris à aimer leurs parents de manière distante, ambivalente, aiment Dieu de la même manière.

 

Invités

  • Dr Boris Cyrulnik , neuropsychiatre

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L'émission

Tous les lundis à 13h30

Le monde vit des transformations majeures qui touchent tous les secteurs de la vie de l’homme: travail, éducation, écologie, religions, médias, économie…Béatrice Soltner et son invité donnent des clés pour mieux penser ce monde mouvant et les défis d’humanisation à relever. Cette émission propose aussi des repères concrets pour construire du sens, là où l’homme serait tenté de ne voir que du chaos.

Le présentateur

Béatrice Soltner

Formée aux arts plastiques et à l'histoire de l'art Béatrice rejoint RCF en 1994. Elle aime faire émerger la parole et l'offrir en partage. La vie intérieure est son domaine de prédilection. Passionnée par la spiritualité et la psychologie, elle s'intéresse aussi au dialogue entre les églises chrétiennes.