Identité, l'idée qui obsède

Présentée par Monserrata Vidal

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Dialogue

dimanche 16 juillet à 11h30

Durée émission : 25 min

Identité, l'idée qui obsède

© éditions Les Liens qui Libèrent - Roger Martelli

La passion des Occidentaux pour leur identité vire à l’obsession identitaire et les détourne de leurs idéaux d'égalité et de solidarité, selon Roger Martelli, invité de Monserrata Vidal.

Pourquoi l'identité est-elle au coeur des débats politiques actuels? Pourquoi sur tout le continent européen une telle crainte de l'identité perdue? A s'abîmer dans l'obsession d'une identité figée, on en oublierait que tout individu est fait de multiples appartenances. Pire, à rester obnubilés par l'éternel Qui sommes-nous? - on en viendrait à délaisser les notions de solidarité et l'égalité. C'est en tout cas le postulat de Roger Martelli, qu'il défend dans "L'identité c'est la guerre", paru en mars 2016. Un titre qu'il a voulu choc, comme "une provocation", "un cri" devant "la crainte" que cette "obsession identitaire" finisse par nous "submerger".

L'état de la France, qui au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo et la tuerie du Bataclan, est devenu état de guerre, vient donner raison à Samuel Huntington et son célèbre "Choc des civilisations" (1996). Le politologue américain soutenait que le noyau structurant d'une civilisation étant la religion, la guerre froide aurait laissé la place à une opposition Occident / monde musulman. Opposition qui aurait pris un tour plus radical en 2001, avec les attentats du World Trade Center.

"L'identité a pris la place de l'égalité.
A titre personnel je plaide pour que nous retrouvions
le chemin des débats de société centrés sur les questions de l'égalité,
complétés par celles de la citoyenneté et de la solidarité.
"
Roger Martelli

 

Héritère aussi de la mouvance "Nouvelle droite" des années 70, portée notamment par Alain de Benoist, notre inquiétude identitaire actuelle se serait nourrie de trois échecs. L'historien identifie d'une part la faillite de l'égalité à la soviétique, synonyme de privation des libertés, l'évaporation de la vision tiers-mondiste d'autre part, et enfin la capitulation de l'Etat providence devant la poussée néolibérale. Trois défaites de l'égalité, donc, qui aurait contribué à en dévaloriser l'idée au profit de "la peur de l'autre", qui nourrit les débats sur la mondialisation et des migrations.

Invités

  • Roger Martelli , historien, journaliste

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Le présentateur

Monserrata Vidal

Professeure agrégée de Lettres, Monserrata a longtemps œuvré auprès de lycéens qui  croyaient parfois la culture ennuyeuse. Aujourd’hui sur RCF, elle partage avec les auditeurs histoire, sciences humaines, spiritualité, littérature, dans un questionnement avec les auteurs et les œuvres, de manière sérieuse, mais aussi joyeuse.