L'école enseigne-t-elle la liberté ?

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Grand Angle

mardi 30 janvier à 17h03

Durée émission : 55 min

L'école enseigne-t-elle la liberté ?

© sean Kong / Unsplash - L'école est une invention finalement finalement assez récente

L'art difficile de la transmission et de l'éducation a pour objectif de faire grandir en autonomie et responsabilité. Notre système scolaire est-il en mesure de le faire ?

Instruire, faire grandir l'autre avec pour objectif d'en faire un individu libre et responsable. Déjà cela semble se contredire ! D'un côté l'aspect contraignant du travail, les connaissances et les règles à apprendre ; de l'autre l'émancipation, l'autonomie, la liberté. "Il n'y a pas de liberté sans contrainte et rigueur au départ", explique Monique Aquilina à ses élèves. La revue Études consacre son numéro de janvier 2018 à l'éducation.
 

"L'école, qui perd le fil de la transmission des connaissances, il me semble qu'elle s'égare"

 

Éduquer à liberté : à quel moment l'étudiant est libre ?

Éduquer à la liberté a ceci de difficile et passionnant que cela ne se prévoit pas. "On a voulu mettre l'accent sur une démarche non programmable", explique le P. François Euvé, rédacteur en chef de la revue Études. Une réflexion au cœur du travail de tout enseignant et de tout éducateur, l'aspect imprévisible de l'éducation. Qui tient notamment à la relation entre enseignant et élève. "L'élève a envie de vous faire plaisir", témoigne Monique Aquilina, pour qui l'instruction est tout aussi importante que la qualité de la relation.

 



 

Ne pas perdre de vue l'instruction

Instruire, enseigner quelque chose de précis, "ça sécurise les jeunes", considère Dominique Ottavi. "L'école, qui a comme but principal d'éduquer dans un sens que je trouve un peu trop large, ou de transmettre un vivre ensemble qui est une notion quand même intéressante mais assez floue parfois - l'école, qui perd le fil de la transmission des connaissances, il me semble qu'elle s'égare." Et même, une école qui n'a plus pour but principal d'instruire engendre selon la philosophe "désordre, remise en cause, décrochage aussi".

 



 

Transmettre, Oser innover

Pour Monique Aquilina, l'échec scolaire n'est pas une fatalité. Avant d'être proviseure de la Cité scolaire Pasteur de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), elle travaillait dans un lycée professionnel de Seine-Saint-Denis. Et si elle a écrit "Tous les élèves peuvent réussir !" (éd. Bayard), c'est parce qu'elle "l'a vu". Seulement voilà, "nous sommes dans un système qui infantilise, dès la maternelle", constate-t-elle.

Dominique Ottavi rappelle que l'école est une invention finalement finalement assez récente. "L'école généralisée qui a pris une place énorme dans la vie de chaque enfant, je crois qu'on peut encore dire que c'est une expérimentation, ça se cherche encore, et on ne mesure pas toujours les résultats." Pour la philosophe, on perd peu à peu l'habitude de se demander s'il n'y a pas d'autres manières de faire. Selon elle, il est bon avec saint Augustin de revenir au sens du mot "enseigner", mettre en signes. "Je vois bien le rôle de l'enseignant comme quelqu'un qui met en signes, qui interprète les signes, qui met de l'ordre dans l'usage que l'on fait des signes..."

 

Émission en partenariat avec la revue Études

 

Invités

  • P. François Euvé , prêtre, s.j., physicien, théologien, rédacteur en chef de la revue Études

  • Dominique Ottavi , philosophe, enseignant-chercheur en sciences de l'éducation à l'université Paris-Nanterre

  • Monique Aquilina , proviseure de la Cité scolaire Pasteur de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)

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Spiritualité, patrimoine, littérature, vie de l'Eglise, développement personnel... Chaque semaine, Christophe Henning anime une table ronde pour engager la discussion avec des acteurs de la vie culturelle, sociale, spirituelle.

Le présentateur

Christophe Henning

Journaliste de presse écrite dans le groupe Bayard, Christophe veut susciter le débat et favoriser la rencontre des témoins. Lecteur infatigable, il partage volontiers ses coups de cœur. Dans les studios parisiens de RCF, il donne la parole aux auteurs, mais aussi aux acteurs de la société et de l’Eglise.