Pourquoi notre regard sur l'animal est en train de changer

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Dialogue

mardi 12 mars à 13h30

Durée émission : 25 min

Pourquoi notre regard sur l'animal est en train de changer

© Artem Bali / Unsplash - Désormais on sait prouver scientifiquement que les animaux peuvent souffrir

Depuis environ 10 ans notre regard sur l'animal change. Une évolution des mentalités qui doit beaucoup à la science : on sait désormais mesurer - et prouver - scientifiquement la souffrance.

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Il semble que nos sociétés prennent - enfin - conscience que les animaux ont une intelligence et que les animaux peuvent souffrir. Ce changement de regard sur l'animal est récent. Il doit beaucoup aux travaux de l'historien l'Éric Baratay. Il nous explique pourquoi cette lente évolution qui conduit à un respect de l'animal, respect bénéfique également, par ricochet, au vivre-ensemble.

"Un animal qui souffre sécrète des substances, l'homme fait pareil"

 

Quand l'homme change de regard sur l'animal

Historien de la condition animale, Éric Baratay mène depuis une trentaine d'années un important travail sur la façon dont les sociétés occidentales traitent l'animal. "À la fois c'est très intéressant de travailler sur ce sujet et finalement d'avoir un tout petit peu contribué à l'imposer, c'est devenu un sujet normal." Éric Baratay se réjouit également de voir le changement s'opérer depuis environ une dizaine d'années, aussi bien "dans le monde intellectuel universitaire" et, "depuis 2007 à peu près, dans la société".
 

Au XIXe siècle, la défense de l'animal

Pourtant, bien avant les antispécistes, avant le parti animaliste, avant le véganisme, des positions très fortes ont été prises au XIXe siècle contre la souffrance animale. On connaît cette phrase célèbre de Victor Hugo : "L'enfer n'existe pas pour les animaux, ils y sont déjà." 

On connaît sans doute moins les prises de positions de Louise Michel (1830-1905), amie du grand écrivain, qui écrit dans ses mémoires : "Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve, du plus loin qu'il me souvienne, l'horreur des tortures infligées aux bêtes. J'aurais voulu que l'animal se vengeât, que le chien mordît celui qui l'assommait de coups, que le cheval saignant sous le fouet renversât son bourreau. Mais toujours la bête muette subit son sort avec la résignation des races domptées. Quelle pitié que la bête !" Pourquoi donc faut-il attendre le XXIe siècle pour voir le changement se produire dans notre société ?
 

Prouver la souffrance animale

S'il est difficile de savoir précisément les causes d'un tel changement dans notre société occidentale actuelle, on peut toutefois considérer ce "fait fondamental" qui est que "depuis environ les années 1990, la douleur se prouve, se mesure" scientifiquement. "Un animal qui souffre sécrète des substances, l'homme fait pareil."

Aussi, quand Louise Michel soutient que l'animal souffre, on pouvait toujours à l'époque lui rétorquer que cela était faux. On sait prouver et mesurer la souffrance des animaux, même ceux considérés comme "très bas dans notre échelle, comme les poissons ou les mollusques. "Ça change beaucoup beaucoup de choses, le débat sur la corrida par exemple n'est plus le même..."

 

Invités

  • Éric Baratay , historien, spécialiste de l'histoire des relations hommes-animaux

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Mieux comprendre le monde, dans lequel nous sommes invités à vivre en chrétiens, grâce aux travaux des historiens, des sociologues et des artistes ainsi qu’à travers la réflexion philosophique. C'est ce que vous proposent Monserrata Vidal et Sarah Brunel.  

Le présentateur

Monserrata Vidal

Professeure agrégée de Lettres, Monserrata a longtemps œuvré auprès de lycéens qui  croyaient parfois la culture ennuyeuse. Aujourd’hui sur RCF, elle partage avec les auditeurs histoire, sciences humaines, spiritualité, littérature, dans un questionnement avec les auteurs et les œuvres, de manière sérieuse, mais aussi joyeuse.