Quand le néolibéralisme engendre des monstres [1/2]

Présentée par Béatrice Soltner

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Sur le rebord du monde

lundi 10 avril à 13h30

Durée émission : 25 min

Quand le néolibéralisme engendre des monstres [1/2]

© éditions Les Liens qui libèrent - Roland Gori

"L’obsession de la rentabilité à grand renfort de technique nous déshumanise." Pour Roland Gori le néolibéralisme engendre du fanatisme. Il est urgent de redonner du sens à nos vies.

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Les attentats de 2015 et 2016 ont suscité l’effroi, la peur, un élan de résistance aussi. Mais surtout beaucoup de questions. Pourquoi la montée du terrorisme? Comment est-il possible que de jeunes gens de familles ordinaires partent en Syrie rejoindre Daech? Pour Roland Gori, tout cela est le symptôme d'une époque en panne de vrai projet politique. Dans son essai "Un monde sans esprit" (éd. Les Liens qui libèrent", il montre comment "la religion du marché" produit du fanatisme. Et aussi cette vague de populisme qui déferle sur l’Europe.
 

"Finalement l'autonomie c'est une extrême solitude"

 

les limites du libéralisme

Dans "L'individu ingouvernable" (2015), Roland Gori montrait comment l'industrialisation et la technocratie avaient modifié durablement notre rapport au monde. Cette fois, il pointe du doigt la "contraditction entre les principes du libéralisme" d'un côté et "la réalité des faits" de l'autre, où l'homme est transformé "en instrument".

 



 

de l'émancipation à "l'extrême solitude"

Autonomie, raison, espoir dans le progrès... Dans "Qu'est-ce que les Lumières?" (1784) Emmanuel Kant montrait que le libéralisme philosophique était un discours d'émancipation. Or, dès la fin du XIXè siècle, nous dit Roland Gori, "les individus sont pris dans une espcès d'individualisme de masse, esseulés, désolés, atomisés... Finalement l'autonomie c'est une extrême solitude".
 

de la "misère symbolique" au totalitarisme

"La prolétarisation de l'existence n'est pas seulement matérielle." Le psychanalyste nomme "misères symboliques" les misères "morales, culturelles, spirituelles". Selon lui, le libéralisme, en menant au taylorisme et à la fragmentarisation des taches, a dépossédé l'homme de son savoir-être et de son savoir-faire d'artisan. "Il est dépossédé du processus de production."

Et Roland Gori de citer Hannah Arendt et son ouvrage "Eichmann à Jérusalem - Rapport sur la banalité du mal" (1966), où elle montrait comment "le système nazi s'est appuyé sur des hommes qui agissaient comme des machines".
 

Invités

  • Roland Gori , psychanalyste

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L'émission

Tous les lundis à 13h30

Le monde vit des transformations majeures qui touchent tous les secteurs de la vie de l’homme: travail, éducation, écologie, religions, médias, économie…Béatrice Soltner et son invité donnent des clés pour mieux penser ce monde mouvant et les défis d’humanisation à relever. Cette émission propose aussi des repères concrets pour construire du sens, là où l’homme serait tenté de ne voir que du chaos.

Le présentateur

Béatrice Soltner

Formée aux arts plastiques et à l'histoire de l'art Béatrice rejoint RCF en 1994. Elle aime faire émerger la parole et l'offrir en partage. La vie intérieure est son domaine de prédilection. Passionnée par la spiritualité et la psychologie, elle s'intéresse aussi au dialogue entre les églises chrétiennes.