Hommage à Simone Veil, femme de paix

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Le Temps de le dire

lundi 3 juillet 2017 à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© Alain PINOGES/CIRIC - 26 février 2006, Le cardinal Jean-Marie LUSTIGER (g) et Simone VEIL (d) lors de la manifestation contre l'antisémitisme et le racisme organisée après le meurtre du jeune juif Ilan Halimi, Paris (75), France.

Depuis vendredi les hommages pleuvent pour saluer la mémoire de Simone Veil. Des hommages parfois réducteurs qui ne disent pas la complexité de sa personne et l'ampleur de ses combats.

"Immortelle", "grande dame", "femme impressionnante", "un regard extraordinaire". Depuis vendredi 30 juin et la mort de Simone Veil, les hommages pleuvent. Une pétition en ligne qui la réclame au Panthéon a déjà recueilli plus de 140.000 signatures. Mercredi 5 juillet, une cérémonie aux Invalides lui sera consacrée.
 

"C'est une femme, qui dans sa double expérience de femme et de mère, et de survivante de la Shoah, veut construire l'Europe"

 

Auschwitz

Simone Veil, née Jacob, déportée à 16 ans à Auschwitz aura porté toute sa vie la marque de cette terrible épreuve, comme le matricule 78651 tatoué sur son bras gauche. Comme disait le Père Patrick Desois qui l'a bien connue, "elle n'a jamais quitté Auschwitz". Avec elle, c'est l'une des dernières rescapées de la Shoah qui s'en va. Dans ce départ c'est aussi un devoir de mémoire qui se joue. Et le danger de croire que l'Europe est à jamais préservée des dérives. C'était le combat de Simone Veil, l'un de ses combats nombreux. 

La loi sur l'IVG

L'avortement reste pour certains catholiques un point délicat dans l'image qu'ils gardent de Simone Veil. La loi de 1974, parfois "conçue comme une œuvre de mort" est cependant une loi de "dépénalisation et non de légalisation", souligne Dominique Quinio. Une loi qui visait à venir en aide aux femmes désemparées avant tout.

 

"Personne n'a jamais contesté, et le ministre de la Santé moins que quiconque, que l'avortement soit un échec quand il n'est pas un drame. Mais nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300.000 avortements qui chaque année mutilent les femmes de ce pays, qui bafouent nos lois, et qui humilient ou traumatisent celles qui y ont recours."
Simone VEIL - Discours du 26 novembre 1974

 

En faire une militante féministe reste réducteur pour une femme plus complexe qu'on ne le croit. Elle donnait parfois l'image d'une femme froide, distante. Elle était aussi "une grande amoureuse capable d'une immense tendresse", nous dit Sarah Briand, auteure de "Simone, éternelle rebelle" (éd. Fayard, 2015) et du documentaire "Simone Veil, l'instinct de vie", rediffusé sur France 2 au soir de sa mort.
 

 



 

bâtir la paix

Elle a longtemps gardé ses souffrances pour elle-même. Simone Veil c'est cette femme qui dès 1945 a construit une famille, elle qui venait de perdre la sienne dans les camps de la mort. Magistrate, elle est aussi cette femme de droit qui avait compris que la Justice pouvait être "un des lieux de réparation du monde", explique le P. Guggenheim.

Comme elle le disait, ceux de sa génération n'avaient pas le choix: il fallait bâtir la paix. Simone Veil aura été une combattante de la construction européenne. Pour qui n'a pas subi le drame de la déportation, il est difficile d'imaginer la profondeur d'une telle démarche, c'est le signe "d'une résistance intérieure extraordinaire", rappelle Dominique Quinio. Pour comprendre qui est Simone Veil, "c'est ce fil qui faut suivre". "C'est une femme, qui dans sa double expérience de femme et de mère et de survivante de la Shoah veut construire l'Europe, les trois sont entièrement unis dans sa personnalité", nous dit le P. Antoine Guggenheim.
 

 

 

Invités

  • Dominique Quinio , présidente des Semaines sociales de France (SSF), ancienne directrice du journal La Croix

  • Sarah Briand , journaliste

  • P. Antoine Guggenheim , prêtre du diocèse de Paris, théologien, fondateur de UP for Humanness

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La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Stéphanie Gallet

Journaliste à RCF depuis plus de 16 ans, Stéphanie s’intéresse à tout et tout l'intéresse. Elle aime les gens et voyage sans écouteurs.  Elle a presque tout appris en Bourgogne et garde dans son cœur un petit village du Minervois même si elle porte fièrement les couleurs de la Seine-Saint-Denis.