Rock Boivin, l'un des derniers trappeurs canadiens

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Visages

mercredi 29 août 2018 à 9h03

Durée émission : 55 min

Rock Boivin, l'un des derniers trappeurs canadiens

© DR - Rock Boivin et sa femme Kathryn

Il est l'un des derniers trappeurs de l'Ouest canadien. Depuis 40 ans Rock Boivin vit dans les montagnes du Yukon. Rencontre avec un homme transformé par sa relation avec la nature.

Une vie de trappeur dans les grands espaces nord-américains, qui n'en a jamais rêvé, à la suite de Jack London ou de Nicolas Vanier? Rock Boivin est un authentique trappeur de l'ouest canadien, il vit depuis 40 ans dans les vastes territoires du Yukon, près de la frontière avec l'Alaska. Avec sa femme Kathryn, il publie "Rêves de trappeur" (éd. XO). "On est les derniers trappeurs", dit-il.
 

Ce sont les photos de son arrière-grand-père maternel, chercheur d'or au Klondike de 1910 à 1916 qui faisaient rêver le jeune Rock. "Des photos jaunâtres, brunes, ça avait initié le rêve..."

 

Un métier en voie de disparition

"C'est la fin, il y a des gens qui veulent s'y mettre, mais je leur donne pas 10 ans et après ça ce sera la fin." Pour Rock Boivin, son métier est "en voie de disparition", car "les pays développés ont un mauvais regard sur la trappe" et préfèrent acheter de la fausse fourrure. Sur les 80.000 à 100.000 habitants de la baie d'Hudson jusqu'à l'Alaska, on compte 1.000 trappeurs actifs. "Et dans le Yukon tu en as moins que 100 qui sont actifs en ce moment, tous des vieux comme moi !" Et encore, trappeur, on ne l'est pas toute l'année, seulement l'hiver.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce ne sont pas les lectures de Jack London qui ont influencé Rock Boivin, car à l'époque le célèbre écrivain n'était pas encore traduit en français. En revanche, c'est le cas de Kathryn, sa "belle blonde" comme il l'appelle, qui elle est anglophone, "de sang norvégien et indien, explique son mari, c'est pour ça qu'elle a survécu le Rock Boivin dans la forêt depuis 40 ans !"
 

 

Le goût des grands bois

C'était pourtant un rêve d'enfant. Né en 1960 au Québec, Rock Boivin a été encouragé, initié, par son père, qui n'était pas trappeur mais qui lui a donné "le goût des grands bois". Ce sont aussi les photos de son arrière-grand-père maternel, chercheur d'or au Klondike de 1910 à 1916 qui faisaient rêver le jeune Rock. Plus tard il a même retrouvé l'endroit où avec son frère ils avaient "miné". "Des photos jaunâtres, brunes, ça avait initié le rêve..." 

À 18 ans, il est parti pour l'Ouest. Aujourd'hui il regrette la façon dont il s'y est pris. "J'ai fait un coup vraiment minable, je leur ai dit que je partais pour quelques mois, et je savais dans mon cœur que je ne reviendrai pas." C'est que les trappeurs dans les années 70 étaient mal vus au Québec, on les appelle toujours des "coureurs des bois", et sont perçus comme des marginaux. Mais déterminé à partir, il n'a "pas eu le courage de briser le cœur de [ses] parents".
 

 

Émission réalisée en avril 2018

 

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Le mercredi à 17h03, le samedi à 23h et le dimanche à 19h

Car chaque visage est unique, le podcast Visages accueille des hommes et des femmes d'une grande diversité : philosophes, aventuriers, personnes engagées dans le développement et dans l'action humanitaire, artistes, religieux, entrepreneurs ... Tous partagent au moins un point commun : l'ouverture et le respect de l'autre dans sa différence. Thierry Lyonnet leur donne la parole pour une rencontre en profondeur.

Le présentateur

Thierry Lyonnet

Rédacteur en chef du Service « Foi et Culture », Thierry met son insatiable curiosité au service de RCF depuis 1990. Spiritualité, art, voyages, solidarité et surtout rencontres, qu’il aime partager avec les auditeurs. Depuis l’enfance, il est fasciné par la richesse de la différence…et cette fascination ne cesse de croître!