Pourquoi la préhistoire fascine les artistes (suite)

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Dialogue

mardi 25 juin à 13h30

Durée émission : 25 min

Pourquoi la préhistoire fascine les artistes (suite)

© Audrey Laurans / Dist. RMN-GP / Centre Pompidou, Mnam/Cci - BC-AD; contemporary flint tool design, 2011 par Ami Drach et Dov Ganchrow

La notion de préhistoire est née au XIXe siècle et depuis, l'idée d'un temps où l'homme n'était pas tout à fait homme reste une énigme qui ne cesse de hanter les artistes.

De Jean Arp à Brassaï, en passant par Paul Cézanne, Max Ernst, Paul Klee, Yves Klein ou Man Ray, pour les modernes ; Dove Allouche, Miquel Barceló, Claudio Parmiggiani ou Jean Pascal Flavien, pour les contemporains : ces artistes et bien d'autres encore ont été fortement inspirés par la préhistoire. Qu'est-ce qui a pu motiver une quête esthétique si puissante ? Attrait des origines, vision fantasmée de ce qui était avant l’histoire ? Le Centre Pompidou consacre une précieuse exposition à la façon dont les artistes ont investi l'idée de préhistoire, qui a émergé dans les années 1860. "La préhistoire, une énigme moderne", se tient du 8 mai au 16 septembre 2019.
 

la préhistoire, une préoccupation moderne

En montrant à la fois des œuvres d'art modernes et contemporaines, placées en vis-à-vis de chefs-d’œuvre de l’art préhistorique, l'exposition donne à voir la façon dont la préhistoire a inspiré les artistes. Une grande partie des traces que nous avons en effet de cette période sont des œuvres d'art : peintures rupestres, sculptures... On pourra ainsi admirer au Centre Pompidou la célèbre "Vénus de Lespugue" et se laisser interpeller après ça par la sculpture "Harmless Woman" de Louise Bourgeois (1969) ou le "Buste de femme" de Pablo Picasso (1931). 
 

Penser autrement le temps

Le mot et l'idée de préhistoire apparaissent à la fin des années 1850. Mais on peut remonter à la fin du XVIIIe siècle pour situer le moment où l'Occident a "construit la notion d'histoire naturelle", c'est-à-dire que l'on a commencé à penser "la vie de la nature sur un mode temporel". Cela impliquait de d'envisager un temps où vivaient des espèces aujourd'hui disparues et aussi - surtout - un temps où l'homme n'était pas encore. Le bouleversement anthropologique est majeur. Comme le dit l'historien d'art, "il faudra du temps pour s'habituer à cette idée, pour se l'incorporer".
 

préhistoire, l'énigme du temps insondable

La préhistoire, on "la définit plutôt par des questions que par des réponses", explique d'emblée Rémi Labrusse. L'exposition du Centre Pompidou se présente d'ailleurs plus comme "un forum de réflexion", conçu pour partager des interrogations, "en évitant d'assener des réponses qui n'auraient pas été rigoureuses". 

Le titre de l'exposition, "une énigme moderne" renvoie d'ailleurs à cette dimension "insondable" que pose le temps préhistorique. Un temps que l'on ne peut pas vraiment mesurer. Née au XIXe siècle, la préhistoire renvoie à un ensemble de représentations, de rêves, de fantasmes. Est-ce une invention ? C'est là le cœur de la réflexion amorcée par l'exposition.

 

 

Invités

  • Rémi Labrusse, historien de l'art contemporain, professeur à l'université Paris Nanterre, spécialiste des rapports entre l'art du XXe siècle et les arts non européens, co-commissaire de l'exposition "Préhistoire, une énigme moderne"

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Mieux comprendre le monde, dans lequel nous sommes invités à vivre en chrétiens, grâce aux travaux des historiens, des sociologues et des artistes ainsi qu’à travers la réflexion philosophique. C'est ce que vous proposent Monserrata Vidal et Sarah Brunel.  

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Sarah Brunel