PyeongChang 2018 - Qui veut les Jeux prépare la paix?

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Le Temps de le dire

jeudi 8 février à 9h03

Durée émission : 55 min

Le Temps de le dire

© JUNG Yeon-Je / AFP - Le 08.07.2018, les majorettes nord-coréennes accueillent l'équipe olympique de Corée du Nord à Gangneung (Corée du Sud)

À la veille de la cérémonie d'ouverture de JO de PyeongChang 2018 où les athlètes des deux Corée défileront sous le même drapeau, la Corée du Nord s'est organisé un défilé militaire.

À la veille des 23è Jeux olympiques d’hiver de PyeongChang 2018, tous les regards sont braqués sur les deux Corée. Les athlètes du pays hôte et les 22 sportifs envoyés par la Corée du Nord défileront ensemble lors de la cérémonie d’ouverture, sous un même drapeau. Pour faire les Jeux, faut-il faire la paix?
 

Si "le leader nord-coréen joue sur les deux tableaux", il ne fait que poursuivre la politique de ses prédécesseurs

 

Entre les deux Corée, un réchauffement symbolique ?

Même symbolique, le rapprochement entre les deux Corée ne plaît pas à tout le monde. Des centaines d'opposants ont accueilli par une manifestation d'hostilité l'arrivée des 120 artistes nord-coréens dans le port de Mukho, sur la côte orientale de la Corée du Sud. En substance, les manifestants disaient ceci : comment parler de paix alors que la Corée du Nord prépare ses missiles et ses armes nucléaires ?

 



 

La paix par le sport, le slogan d'une opération marketing

Disons-le d'emblée, "la réal-politique est plus puissante que l'olympisme et la paix par le sport". Pour Patrick Clastres, l'idée selon laquelle le sport permet de rétablir la paix relève d'une "opération marketing" construite par le Comité international olympique (CIO). "En plus de faire l'apologie du sport, faire aussi l'apologie de la paix, et de la paix sportive, la paix diplomatique : on peut s'imaginer, admet Pierre Rondeau, que ce soit non pas un véritable travail diplomatique, mais un travail marketing, un travail de médiatisation."

Ce n'est pas la première fois, depuis que les deux Corée existent, que des athlètes des deux pays défilent ensemble. Cela s'est vu en 2000 à Sydney, en 2004 à Athènes et en 2006 à Turin. "Et ça n'a eu absolument aucun impact sur les relations nord / sud-coréennes", souligne Patrick Clastres.

 



 

Une opération stratégique pour la Corée du Nord

À la veille de l'ouverture des Jeux, la Corée du Nord a organisé un défilé militaire. Une "situation paradoxale", selon Pierre Rondeau, où on fait "à la fois l'apologie de la paix" et où "on assiste à une manifestation militaire". Mais la "paix n'a jamais été construite à partir des institutions sportives, c'est toujours le fait des pouvoirs d'État", rappelle Patrick Clastres, pour qui "le leader nord-coréen le prouve ici, puisque c'est lui qui est le maître des Jeux en quelque sorte".

La situation n'est donc pas si paradoxale que cela pour l'historien. Car en jouant "sur les deux tableaux" et "soufflant le chaud et le froid", Kim Jong-un ne fait que poursuivre la politique de ses prédécesseurs. "Ça fait partie de sa stratégie, la sienne, celle de son père, celle de son grand-père." Une dictature, faut-il le rappeler, qui "n'a pas à subir les changements démocratiques de gouvernements". Et qui peut à loisir observer "l'incapacité" de la Corée du Sud associée aux États-Unis à résoudre la situation entre les deux Corée.

 

Invités

  • Pierre Rondeau , économiste, spécialiste du sport, enseignant à Sports management school (SMS)

  • Patrick Clastres , historien, spécialiste de l'histoire du sport, professeur à l'Université de Lausanne au sein de la Faculté des sciences sociales et politiques (ISSUL)

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La grande émission interactive pour aborder tous les sujets de société, qui font l'actualité. Antoine Bellier reçoit ses invités pour réfléchir, approfondir, apprendre et donner du sens à tous les sujets du moment. Posez vos questions ou témoignez en direct pendant l’émission 04 72 38 20 23 ou par mail à l'adresse letempsdeledire[arobase]rcf.fr.

Le présentateur

Antoine Bellier

Journaliste à RCF depuis 2009, Antoine est passé par Le Mans et La Roche-sur-Yon, avant de rejoindre la rédaction nationale en septembre 2013. Curieux de l’actualité sous toutes ses formes, amateur de cinéma et de littérature, il lui arrive de passer du micro à la plume.