Retour en musique sur les films de Louis de Funès

Présentée par

La Symphonie du cinéma

jeudi 26 mars à 16h30

Durée émission : 25 min

Retour en musique sur les films de Louis de Funès

© Wikimédia Commons - Louis de Funès dans "La Grande Vadrouille"

Que ce soit dans la série des "Gendarmes" ou dans "Oscar", Louis de Funès a laissé le souvenir d'un jeu d'acteur comique exceptionnel - servi par des musiques de films inoubliables.

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Il était le comique numéro un du cinéma français dans les années 60, campant un personnage à la fois colérique, autoritaire, aux mimiques simiesques qui ont fait sa marque de fabrique. Pourtant, la carrière de Louis de Funès (1914-1983) fut loin d’être un long fleuve tranquille. Longtemps cantonné dans des rôles de faire-valoir et secondaires, il n’accède à la reconnaissance qu’à l’orée de ses 50 ans.
 

les musiques des films de Louis de Funès 

La Symphonie du cinéma se penche, cette semaine, sur les musiques des films de Louis de Funès et plus précisément sur la décennie des années 60, décennie de la révélation et de la consécration pour l’acteur qui va enchaîner les succès au box office. Une décennie, également, jalonnée par de grands thèmes musicaux et de formidables bandes originales que l’on doit à Jean Marion, Raymond Lefebvre, Michel Magne ou encore Georges Delerue…  Et le générique de Pouic-Pouic, signé Jean-Michel Defaye, en est une brillante démonstration.
 

"Pouic-Pouic", de Jean Girault

C’est grâce au théâtre et à son rôle notamment dans "Oscar" que le cinéma va enfin déceler l’immense potentiel comique de Louis de Funès. Crédité déjà de plus d’une centaine d’apparitions ou de rôles depuis 1946 et "La Tentation de Barbizon", de Jean Stelli, il se voit offrir en 1963 dans "Pouic-Pouic", de Jean Girault, le rôle d’un notable irascible, ayant des difficultés avec sa fille. Ce rôle va lui permettre de donner sa pleine mesure en jouant son personnage fétiche, inspiré du Pantalon de la Commedia dell'arte italienne. À savoir un personnage susceptible, grimaçant et tout en explosivité. Le style de Funès était né et allait le suivre jusqu’à la fin de sa carrière.

 

 

"LE GENDARME DE SAINT-TROPEZ", LA RÉVÉLATION

En septembre 1964, à sa sortie en salles, "Le Gendarme de Saint-Tropez" rencontre, à la surprise générale, un succès considérable. Le film, qui raconte le quotidien d’une brigade de gendarmerie pendant la période estivale, totalise cette année-là près de 8 millions d'entrées.

Le rôle du maréchal-des-logis Ludovic Cruchot va coller aux basques de Louis de Funès qui tournera six autres épisodes inégaux jusqu’en 1982. Le thème musical du film, la fameuse "marche des gendarmes", est une idée de Jean Girault qui insiste auprès de Raymond Lefèbvre pour qu'il fasse un thème proche de la chanson du "Pont de la rivière Kwaï", de David Lean. Il sera réemployé (comme la chanson "Douliou-douliou Saint-Tropez") dans chaque film de la série, à l’exception du "Gendarme se marie", en 1968.

 

 

"FANTÔMAS", L'AUTRE SUCCÈS À SÉRIE

1964 est décidément une année incroyable pour l’acteur qui tourne sous la caméra d’André Hunebelle "Fantômas", une comédie policière aux frontières du fantastique où il incarne cette fois, un commissaire de police. Adapté du roman éponyme de Marcel Allain et Pierre Souvestre, "Fantômas" séduit 4,5 millions de spectateurs en France.

Ils découvrent les aventures d’un malfaiteur de haut vol aux méthodes rocambolesques, incarné par Jean Marais, poursuivi par le commissaire Juve et son équipe de policiers qui semble bien dépassée devant la technologie et la science du crime de leur adversaire. La bande originale est signée Michel Magne, brillant compositeur de musiques de films et de variété à la fin tragique, qui composera également celle des deux autres volets : "Fantômas se déchaîne" et "Fantômas contre Scotland Yard"

Si l’année 1964 aura été frénétique, l’année 1965 va l’être tout autant avec un nouveau "Gendarme", un nouveau "Fantômas" et une nouvelle rencontre de cinéma qui va s’avérer marquante avec un tandem au ressort comique qui va fonctionner au-delà des espérances.

 

 

LA RENCONTRE AVEC BOURVIL

Après Michel Galabru, dans "Le Gendarme" et Jean Marais, dans "Fantômas", Bourvil partage l’affiche du "Corniaud" sous la caméra de Gérard Oury au printemps 1965. Film culte de toute une génération aux répliques cinglantes, "Le Corniaud" fait exploser les compteurs au propre comme au figuré et réunira plus de 11.500.000 spectateurs. Ce road movie entre la France et l’Italie, habillé par la musique de Georges Delerue, a pour fil rouge une Cadillac décapotable conduite par Bourvil que Louis de Funès va retrouver en 1966 pour "La Grande Vadrouille".

 

 

À la caméra, c’est encore Gérard Oury qui confie, cette fois-ci, la musique à Georges Auric. Avec ses 16 millions de spectateurs, cet autre immense succès du cinéma français aura longtemps été numéro 1 au box office avant d’être détrôné en 2008 par "Bienvenue chez les Ch’tis". Tour à tour, directeur de banque, gendarme, commissaire, homme d’affaires , chef d’orchestre, pendant cette première moitié des années 60, Louis de Funès endosse en 1966 l’habit d’un patron de grand restaurant.

 

 

"Le Grand Restaurant"

Réalisé par Jacques Besnard, "Le Grand Restaurant" raconte les mésaventures d'une grande table, fleuron de la gastronomie française, dirigée par un patron tyrannique dont la vie va basculer après l'enlèvement d'un chef d'État sud-américain au sein même de son établissement.

En plus d'être l'acteur principal, Louis de Funès a co-écrit le scénario, choisi la distribution et collaboré à la direction d'acteurs lors du tournage, faisant du "Grand Restaurant" une première dans sa carrière qu’il rééditera notamment pour "Oscar" en 1967 qu’il avait joué au théâtre huit ans auparavant.

 

 

"Oscar"

C'est à Georges Delerue et Jean Marion que l'on doit la musique enjouée et les cordes sautillantes du thème d’"Oscar", qui accompagne le fameux générique du film d’Édouard Molinaro où l’on suit le parcours d’une voiture sillonnant à vive allure les rues de Paris jusqu’à l’hôtel particulier d’un riche promoteur immobilier joué par Louis de Funès. Ce classique de la comédie de boulevard mainte fois repris est l’adaptation d’une pièce à succès de Claude Magnier, que Louis de Funès interpréta à quatre reprises en 1959, 1961, 1971 et 1972.

 

 

 COMÉDIES ET GÉNÉRIQUES POP

Deux ans après "Le Gendarme à New York", l’acteur retrouve Jean Girault pour "Les Grandes Vacances" et son générique très pop signé Raymond Lefebvre.

 

 

Le générique des "Grandes Vacances" a été composé par Raymond Lefebvre ; celui du "Petit Baigneur" par Gérard Calvi : deux films de la fin des années 60 (1967 pour le premier et 1968 pour le second) significatifs des comédies françaises de cette époque.
 

 

Un mot sur Raymond Lefebvre, grand chef d’orchestre, arrangeur et compositeur français de talent notamment dans la période 60, 70, qui était devenu le compositeur attitré de Jean Girault, lui-même réalisateur fétiche de Louis de Funès. Les deux hommes tourneront en effet dix films ensemble. Du "Gendarme de Saint-Tropez" en 1964 aux "Gendarmes et les gendarmettes", en 1982.

 

 

Georges Garvarentz écrit et compose en 1968 le célèbre générique, très enlevé, du "Tatoué", comédie de Denys de La Patellière où Louis de Funès retrouve, six ans après "Le Gentleman d’Epsom" et 12 ans après "La Traversée de Paris", Jean Gabin. Le film mise sur la notoriété des deux acteurs et malgré des critiques plutôt négatives, "Le Tatoué" fera plus de trois millions d'entrées. Compositeur de nombreux succès pour Charles Aznavour, Georges Garvarentz est aussi connu pour sa carrière très prolifique au cinéma, essentiellement dans les années 60.   

 


La Minute Judy Garland

Cette semaine dans La Minute Judy Garland, arrêtons-nous sur la bande originale du film des frères Coen, "O’Brother", ce road movie, sorti il y a 20 ans, prend pour cadre le delta du Mississippi durant la Grande Dépression et suit la cavale de trois évadés avec à leur tête George Clooney. La BO se compose principalement de standards de blues et country à l’image de "I’m a Man of Constant sorrow", que reprend en play back George Clooney, accompagné en chœur par John Turturro et Tim Blake Nelson.

 

 

Quelques conseils pour prolonger cette émission...
- "Louis de Funès" (éd. Flammarion), de Clémentine Deroudille : un livre paru l’été dernier où l'on trouve des anecdotes, interviews et photos, parfois inédites, mais aussi des extraits des carnets de notes de l’acteur, le tout savamment mis en scène dans un livre de 190 pages aux allures de témoignage intime.
- Saint-Tropez et Saint-Raphaël, ont toutes deux un musée consacré à la vie et l'œuvre de Louis de Funès.
- Proviroirement suspendue, l'exposition "Louis de Funès" de La Cinémathèque française, à Paris, propose plus de 300 œuvres, peintures, dessins et maquettes, documents, sculptures, costumes et, bien sûr, extraits de films, pour revisiter la diversité du talent comique de Louis de Funès.

Pour le plaisir, voici la bande originale d’"Hibernatus", composée par Georges Delerue, qui sort sur les écrans le 10 septembre 1969, une adaptation de la pièce homonyme de Jean Bernard-Luc, sortie la même année. Jean Girault qui devait le réaliser sera finalement recalé au profit d’Edouard Molinaro qui reprend la recette gagnante du film Oscar, reformant au passage le couple de cinéma que furent Louis de Funès et Claude Gensac pendant quinze ans.

 

 


Play list des titres diffusés : Générique Pouic-Pouic, Jean-Michel Defaye / Extrait du film Le Gendarme de Saint-Tropez / La Marche des gendarmes, Raymond Lefebvre / Générique de Fantômas, Michel Magne / Extrait du film Le Corniaud / Le Départ de Naples, BO Le Corniaud / Sur Paris, BO La Grande Vadrouille, Georges Auric / Cossacks dance, BO Le Grand Restaurant, Jean Marion / Générique du Grand Restaurant, Jean Marion / Générique d’Oscar, Georges Delerue et Jean Marion / Générique Les Grandes Vacances, Raymond Lefebvre / Générique Le Petit Baigneur, Gérard Calvi / Générique Le Tatoué, Georges Garvarentz / I’m a Man of Constant Sorrow, Soggy Bottom boys, BO O’Brother  / Retour en 1900, BO Hibernatus, Georges Delerue

 

Les dernières émissions

L'émission

Le jeudi à 16h30

"La Symphonie du cinéma", une émission de Fabien Genest pour voyager dans l'univers des musiques de films.

Le présentateur

Fabien Genest

Journaliste de presse écrite et producteur de radio, passionné de cinéma et musique fabien.genest@rcf.fr