3 questions au Dr Bertrand Cauchois

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vendredi 26 janvier à 6h41

Durée émission : 4 min

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© Un dispensaire de Raoul Follereau en Afrique - ISSOUF SANOGO AFP

A l’occasion de la 65ème Journée mondiale des Lépreux, les Français vont être sollicités dans la rue durant trois jours, pour aider financièrement la lutte contre cette maladie.

Une quête qui est aussi l’occasion de rappeler que malgré sa disparition sous nos latitudes, la lèpre n’en continue pas moins de faire des ravages parmi les populations les plus pauvres de la planète. Pas moins de 200 000 nouveaux cas sont déclarés tous les ans, en particulier dans des pays comme l’Inde, l’Indonésie, le Brésil ou Madagascar.

Qu’est ce qui explique qu’on ne parvient pas à éradiquer la lèpre ?

"Il ne faut pas oublier tous les progrès qui ont été faits avec une très nette diminution du nombre de cas. Mais on stagne depuis une dizaine d’années. Aujourd’hui, le problème c’est la pénétration des systèmes de santé dans les pays pauvres qui abritent les cas. On est obligé de substituer aux systèmes de santé qui ne pénètrent pas les zones où sont implantés des gros foyers de lèpre. Ainsi, à Madagascar, on a plus de 80 % des malades dépistés qui sont à plus d’une journée de marche d’un centre de santé" explique Docteur Bertrand Cauchois, de la Fondation Raoul Follereau.
 

Si la lèpre se soigne, c’est aussi une maladie qui se dépiste. C’est d’ailleurs le thème retenu pour cette journée. Cela consiste en quoi ?

"Notre combat c’est de dépister les malades avant qu’ils ne soient fortement handicapés puisque le handicap est irréversible, et qui accentue la discrimination des malades. Notre message c’est : dépistons plus tôt les cas de lèpre. On fait un parallèle entre le paysage passif fait par tout un chacun dans un centre de santé et on y oppose un dépistage avancé où ce sont les équipes de santé qui se déplacent vers le malade. La lèpre est encore fréquente dans les pays où l’on travaille mais cela reste une maladie peu importante eu égard à d’autres maladies. Et du coup, les compétences du personnel de santé confrontés à cette maladie sont faibles" ajoute-t-il.
 

Donner de l’argent aux différentes associations qui luttent contre la lèpre, à quoi cela sert-il ?

"Cela sert à alimenter un combat contre l’exclusion. Aujourd’hui, c’est un scandale que dans le monde, il y ait encore des gens qui souffrent dans leur chair de manière définitive. Un malade de la lèpre, on l’appelle encore un lépreux car il est guéri par les médicaments, et toute sa vie il sera considéré comme un lépreux. Cela n’existe plus en Occident. Et on veut rappeler que des gens souffrent encore d’exclusion parce qu’ils ont une simple maladie infectieuse" conclut le docteur Bertrand Cauchois. 

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