"Adam" : un film intime et social

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La chronique Cinéma

mercredi 5 février à 8h52

Durée émission : 3 min

"Adam" : un film intime et social

"Adam" de Maryam Touzani, un film marocain essentiellement féminin qui questionne la maternité.

Ce film faisait partie des treize films sélectionnés à Cannes, tournés par des femmes; ce qui est maintenant un critère suivi par la profession !

Il est donc écrit et mis en scène par Maryam Touzani une actrice marocaine dont c’est le premier long métrage comme réalisatrice. L’image - qui est absolument magnifique - est l’œuvre d’une cheffe-opératrice, Virginie Surdej. Et parmi les deux actrices principales, vous reconnaitrez Lubna Azabal qu’on n’a pas oubliée depuis son rôle incandescent dans le film de Denis Villeneuve, Incendies, dans lequel elle jouait la mère.

Mais dans le film Adam, ce n’est pas du « premier homme » au sens masculin qu’il s’agit, mais plutot de l’avenement de l’humanité et de l’irruption de la vie, avec tout ce qu’elle transforme autour d’elle.

Le film est l'histoire de deux femmes dont les chemins se croisent à Casablanca. Le film se passe dans la vieille ville de Casablanca, en quasi huis clos, dans une petite échoppe de gateaux marocains tenue par Abla qui y vit avec sa fille de 8 ans. Un jour, une jeune femme enceinte qui cherche un travail et un logement frappe à leur porte. Et cette rencontre va donner un tout autre sens à leur vie.

Le film se passe aujourd'hui et il nous montre une société où il est difficile pour une femme de vivre seule, a fortiori avec un enfant. L’intérêt du film est qu’il croise l’intime et le social. Samia, la jeune fille se heurte effectivement aux résistances de la société marocaine. Elle a caché sa grossesse à ses parents qui vivent à la campagne et elle a bien du mal à trouver une place en ville dans son état.

Mais Abla elle s’est enfermée seule dans un deuil qu’elle n’arrive pas à faire. Et ce qui va les réunir, c’est d’être mère toutes les deux et de partager presque organiquement cette force de vie en elles.

Maryam Touzani filme cette rencontre de manière très sensorielle, dans un décor oriental où on ressend presque physiquement les parfums, les odeurs et la chaleur. Et elle laisse le temps à l’interioirité des personnages d’émerger, dans de longs plans sur leurs visages.

Alors, Maryam Touzani a écrit ce film a quatre mains avec son mari le réalisateur Nabil Ayouch. Ils sont tous les deux un peu le porte-voix du nouveau cinéma marocain. Ils avaient déjà collaboré sur deux films précédents, beaucoup plus politiques, dont l’un Much Loved abordait le thème de la prostitution; il avait d’ailleurs été interdit de projection au Maroc.
Mais pendant la grossesse de leur enfant, Maryam est revenue à cette histoire plus douce, et inspirée d’un épisode de sa jeunesse.

Signalons que le film "Adam" a reçu le Prix du jury catholique SIGNIS au festival Lumières d’Afrique de Besancon. Et que Maryam Touzani sera reçue sur cette antenne par Claude Carrez vendredi à 21h dans Mediagora !
 

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Valérie de Marnhac

Valérie de Marnhac est membre de l'association SIGNIS, pour qui elle anime des ciné-débats, et a participé aux Jurys œcuméniques des Festivals de Cannes, Fribourg, Téhéran... Elle est également conférencière pour le l’association venez et voyez www.venezetvoyez.fr