Agressions d’élus locaux : "La crise sanitaire a exacerbé les difficultés de respect de la règle"

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L'invité de la rédaction

mardi 18 août à 8h10

Durée émission : 7 min

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© 2012 PHILIPPE HUGUEN / AFP - Depuis janvier 2020, 233 élus locaux ont été agressés, contre 198 l'an dernier à la même époque.

Depuis le début de l’année, 233 élus locaux ont été agressés, contre 198 l’an dernier à la même époque. Une hausse des violences qui inquiète l’Association des maires de France.

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Lundi 5 août 2019, le maire de Signes (Var) était mortellement renversé par une camionnette qui venait de déposer illégalement des gravats sur un chemin privé de la commune. Le décès de Jean-Mathieu Michel avait alors provoqué une vague d’indignation et d’émotion en France. Mais plus d’un an après, les agressions envers les élus locaux n’ont pas cessé : l’Association des maires de France (AMF) en a déjà recensé 233 depuis le début de l’année, contre 198 l’an dernier, à la même époque. La loi Engagement et proximité de décembre 2019 a apporté une première réponse, en imposant aux communes de souscrire un contrat d’assurance qui couvre les coûts résultant de l’obligation de protection à l’égard des élus locaux – protection financièrement prise en charge par l’Etat pour les communes de moins de 3.500 habitants. Mais "ce n’est pas suffisant", selon Agnès Le Brun, porte-parole de l’AMF, pour qui "l’engagement et la prise en charge financière de l’Etat devrait se faire quelle que soit la taille de la commune".

 

Les sénateurs tirent la sonnette d’alarme

C’est l’une des nombreuses revendications des représentants d’élus locaux, qui ont multiplié les réactions, ces dernières semaines, après plusieurs agressions. Et notamment après celle du maire délégué de Port-Bail-sur-Mer (Manche), le 6 août dernier, qui s’est fait insulter puis frapper après avoir rappelé la réglementation à des campeurs qui avaient installé leur tente dans une zone interdite. Sa plainte a été classée sans suite et son agresseur n’a reçu qu’un rappel à la loi. Une décision qui a fait bondir Philippe Bas, à tel point que le sénateur Les Républicains de la Manche a interpellé le Premier ministre. Le 13 août, Gérard Larcher, président du Sénat, a même adressé une lettre à Emmanuel Macron, pour lui demander de prendre des mesures "fortes" et "immédiates". Pour Agnès Le Brun, "il faut une réponse pénale immédiate pour la victime, la famille et pour ce que l’acte représente."
D’après la porte-parole de l’AMF, "un simple rappel à la loi ne suffit pas". Elle estime même, plus largement, que "ces agressions sont déstabilisantes pour l’ensemble de la communauté humaine car elles dégradent l’image de la République".

 

Une mission encore plus difficile à remplir avec le coronavirus

Ces violences seraient en tout cas l’une des raisons, selon Agnès Le Brun, qui expliqueraient le manque de motivation des élus à se représenter. "Lors d’une enquête, on a découvert qu’un maire sur deux ne voulait pas se représenter à cause d’une difficulté relationnelle, rappelle-t-elle. Mais beaucoup d’entre eux, poussés par leurs collègues, se sont représentés précisément faute de vocation". D’autant que la tâche est encore plus difficile, pour les élus, depuis l’arrivée de l’épidémie de coronavirus. "La crise sanitaire a exacerbé les difficultés de respect de la règle", observe Agnès Le Brun.

 

Invités

  • Agnès Le Brun, porte-parole de l'Association des maires de France

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Clotilde Dumay