"Angel", de François Ozon

Présentée par PR-28099

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La chronique Cinéma

mercredi 3 mars à 8h52

Durée émission : 3 min

"Angel", de François Ozon

© DR

Valérie de Marnhac revient sur "Angel", un film de François Ozon, sorti en salles en 2007. L'histoire d'Angel devenant une écrivaine à succès au coeur de l'Angleterre victorienne

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"Angel" fait partie d’une série de films de François Ozon qui ont été boudés par le public, après le succès de "8 Femmes", et malgré la présence ici de Charlotte Rampling qu’on avait redécouvert grâce au réalisateur dans son film précédent "Sous le sable". Mais le film "Angel" a surpris et il a été mal accueilli par des spectateurs habitués à un ton plus transgressif.

Là il s’agit d’un film en costumes, en anglais, totalement romanesque et à première vue un peu à l’eau de rose. Mais c’est évidemment mal connaître François Ozon que de s’arrêter à ce premier degré, et c’est oublier à quel point il aime mélanger les genres pour mieux nous déstabiliser et nous questionner. 

L'histoire commence au début du XXème siècle, au cœur de l'Angleterre victorienne. Angel Deverell vit avec sa mère, qui tient l’épicerie du village, au-dessus de laquelle elles habitent. C’est une condition sociale bien modeste pour la jeune fille, qui rêve devant le château voisin, le bien-nommé "Paradise". Et qui va chercher à tout prix à s’en échapper en s’inventant une nouvelle vie par l’écriture.

Angel devient une écrivaine à succès mais l'irruption de la guerre va bouleverser le cours des choses. Le succès fait d’elle un monstre d’égoïsme, d’arrivisme et de vulgarité. Elle ne voit dans les autres que le reflet de ce qu’elle veut être. Et elle se construit alors un monde imaginaire fait de fantasmes et de mensonges, qui l’éloigne progressivement de la vie. 

François Ozon lui, en virtuose de l’image qu’il est, associe la forme à son propos. Et il puise dans son amour pour le kitsch et le Technicolor, ce pastiche qui rend néanmoins hommage au cinéma hollywoodien d’"Autant en emporte le vent". Angel est une sorte de parodie de Scarlett O’Hara, insupportable, fière, immature. Et le film est une débauche de costumes vaporeux et de décors sucrés qui utilise le factice et l’artificiel pour mieux le dénoncer.

On retrouve ses autres thèmes de prédilection : la femme idéalisée, les affaires de la création artistique et le temps qui passe. Et puis aussi son goût pour la psychologie complexe des personnages. Il aime déceler l’humanité et la sensibilité derrière les ravages des passions humaines. Ce qui crée une ambiguïté, voire un malaise, mais qui met le spectateur en chemin vers une vérité plus profonde.

"Angel" est une vraie ode au 7ème art et à la puissance créatrice du cinéma comme révélateur des âmes. Le film de François Ozon est programmé dimanche 7 mars à 20 h 55 sur la chaîne Arte. 

Chronique réalisée en partenariat avec SIGNIS Cinéma.

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Le présentateur

Valérie de Marnhac

Valérie de Marnhac est membre de l'association SIGNIS, pour qui elle anime des ciné-débats, et a participé aux Jurys œcuméniques des Festivals de Cannes, Fribourg, Téhéran... Elle est également conférencière pour le l’association venez et voyez www.venezetvoyez.fr