"Antoinette dans les Cévennes" de Caroline Vignal

Présentée par PR-23139

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La chronique Cinéma

mercredi 16 septembre à 8h52

Durée émission : 3 min

"Antoinette dans les Cévennes" de Caroline Vignal

© DR

Nous partons sur les traces de Stevenson dans ce film de Caroline Vignal, un conte initiatique porté par une actrice à la fois touchante et talenteuse, Laure Calamy.

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C'est le récit de Robert Stevenson et une expérience personnelle de randonnée qui ont convaincu Caroline Vignal de se lancer dans la réalisation de ce second long métrage, 20 ans après son 1er film. C’est donc un essai largement transformé ! Et le pari réussi, c’est d’en avoir fait une comédie romantique, fraiche et légère comme l’air de Lozère peut l’être! Antoinette est professeur des écoles en primaire, elle est sur le point de partir en vacances avec son amant, Vladimir, le père d’une de ses élèves, quand il lui annonce qu’il part finalement marcher avec sa femme et sa fille dans les Cévennes. Et elle, décide de partir aussi...

On est loin du Stevenson déprimé, parti oublier l'amour de sa vie. Le film est au contraire très drôle, par moment totalement burlesque, et doublé d’une sorte de conte initiatique, où Antoinette, au gré de sa marche et de ses déboires avec son âne, va s’apaiser et s’ouvrir aux autres. Dans la 1ère scène, on la découvre au milieu de ses élèves, moulée dans une incroyable robe argentée de sirène, et on hésite entre la trouver totalement pathétique ou tout simplement sublime. Et c’est tout le talent de Laure Calamy, qui interprète Antoinette, de jouer sur cette palette aussi large d’expressions et de sentiments. Elle est en permanence en équilibre, entre naïveté et auto-dérision, entre fantasque et tragique. Mais dans toutes les situations, elle nous touche par sa sincérité et par son naturel. Et c’est un premier grand rôle pour cette actrice que vous avez peut-être découvert dans la série « Dix pour cent ».

L'âne s'appelle Patrick et c'est un personnage à part entière qui devient le confident d'Antoinette. C'était le 2ème pari du film, réussir à donner à l’âne une forme d’humanité qui n’est pas sans nous rappeler celle de Balthazar dans le film de Robert Bresson, mais où l’humour aurait remplacé la grâce. Et où le message sous-jacent est porteur de plus de joie et d’espérance quand même. Autre référence cinéphile, c’est celle d’Eric Rohmer à qui la réalisatrice a emprunté une des actrices fétiches, Marie Rivière, l’héroïne du « Rayon Vert », autre récit initiatique !- et qui joue ici le rôle d’une randonneuse un peu baba-cool, séduite par Antoinette et par l’audace de son projet.

Et puis l'élément central, qui prend de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure où Antoinette y trouve sa juste place, c'est aussi la région où se film a été tourné : les Cévennes. Et le format Scope de la caméra et l’immensité de ces paysages sauvages se prête parfaitement bien à ce road-movie rural. C’est en tous cas un film très revigorant et libérateur, qui apporte de la fantaisie face aux aléas de la vie. Et en ces temps un peu plombés, ça fait bougrement du bien !

 

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Le présentateur

Valérie de Marnhac

Valérie de Marnhac est membre de l'association SIGNIS, pour qui elle anime des ciné-débats, et a participé aux Jurys œcuméniques des Festivals de Cannes, Fribourg, Téhéran... Elle est également conférencière pour le l’association venez et voyez www.venezetvoyez.fr