Appel à projet : églises en vente

Présentée par PR-17009

La chronique Patrimoine

mardi 10 décembre 2019 à 8h52

Durée émission : 3 min

Appel à projet : églises en vente

La vente des églises par les municipalités, un sujet qui divise, mais qui peut aussi rassurer ceux qui s'inquiètent de l'état de délabrement des lieux de culte.

Le dernier exemple en date ce sont les églises de Rouen, en Seine-Maritime …

On l’a appris il y a peu, la ville de Rouen, propriétaire d’une trentaine de clochers – vous le savez l’Eglise institution, est affectataire mais pas propriétaire de murs -, Rouen donc vient de retenir, à l’issue d’un appel d’offre, trois projets pour redonner vie à trois édifices de la cité normande : un hôtel restaurant dans Saint-Pierre du Chatel, dont il ne reste plus que des vestiges, car elle a été bombardée en 1944 et jamais reconstruite.

Un projet de coworking – d’espace partagé - à l’intérieur de Sainte-Croix des Pelletiers, une ancienne église qui a longtemps servi de salle de concert. Et un lieu de production de bière dans Saint-Nicaise, de loin l’église la mieux conservée des trois, avec une très intéressante partie art déco. Le promoteur du projet, un jeune entrepreneur déjà propriétaire d’une micro-brasserie dans la région rouennaise, a promis d’investir 8 millions d’euros, dont 5 millions pour la rénovation de Saint-Nicaise.

Est-ce une aubaine pour une ville comme Rouen ?

En tout cas, la Ville avance un modèle gagnant gagnant, pour reprendre une célèbre formule. Rouen affirme ne pas vouloir faire de l’argent sur le dos des églises – je précise que les trois dont je viens de vous parler ont été officiellement désaffectées par le diocèse - mais de s’assurer qu’elles vont continuer à tenir debout, sans avoir à financer leur restauration. La mairie avance ainsi un chiffre assez pharaonique de 90 millions d’euros si elle veut restaurer convenablement tous ses clochers en péril.

Un reportage diffusé sur France 2 il y a quelques temps montrait des Rouennais  divisés sur le destin très profane de ces 3 églises. On peut le comprendre et l’admettre. Il n’empêche que c’est un questionnement qui se fera de plus en plus pressant au fur et à mesure des années. Des diocèses, comme ceux de Lille, de Nancy, et maintenant de Coutances, avec un appel à projet pour l’église Saint-Paul qui domine Granville, inutilisée depuis de nombreuses années, ont commencé à y réfléchir sérieusement. Et c’est tant mieux.

Les dernières émissions